Walewski à La Tour d'Auvergne. 8 décembre
« 6. Walewski à La Tour d'Auvergne, 21 décembre 1858, et télégramme de Cavour à Villamarina, même date.
Et le duché de Modène, à qui la note avait été communiquée par surcroît, ne fut pas moins conciliant. Cavour remercia1, contrit peut-être, car son deuxième coup faisait long feu2. Mais il en préparait déjà un troisième, en soumettant à Napoléon un discours qui fit grand bruit trois semaines après.
Cependant les semaines s'étaient écoulées, et ces pourparlers, négociations et entreprises, quelque secrets qu'on eût voulu les garder, n'étaient point demeurés inaperçus. A la fin de novembre, le bruit d'une collision prochaine circulait à Turin avec une persistance que le ministre de France signalait à son gouvernement. « Cette éventualité est devenue le thème de toutes les conversations, écrivait-il. On va jusqu'à indiquer l'époque (leprintemps)àlaquelleleshostilités commenceront3. » On le voit, l'opinion publique était exactement renseignée et le diplomate perspicace, mais son ministre et son souverain en savaient bien davantage. Les rumeurs guerrières furent telles à Turin, qu'elles parvinrent aux gazettes parisiennes... à moins qu'une personne bien intentionnée ne les leur eût communiquées à dessein. Le 23 novembre, la Presse signalait l'éventualité d'une guerre contre l'Autriche en faisant allusion à des paroles belliqueuses adressées par Victor-Emmanuel à un colonel d'infanterie sur la Place d'armes, et, le 27, le Siècle parlait de la formation éventuelle « d'un grand État qui se nommerait l'Italie ». Les deux journaux passaient pour inspirés par le prince Napoléon et son entourage. L'empereur fut très mécontent de ces racontars, et dès le 27 novembre il priait