Napoléon III à Cavour, 2 novembre
2. A la fin de décembre, Cavour envisageait encore l'éventualité d'une insurrection à Massa-Carrare; il s'en entretenait avec Garibaldiet envoyait à ce sujet un mémoire à Napoléon III. G. Sforza, Sel primo Centenario..., p. 19 et suiv., avec fac-similé du mémoire.
ment dans son droit en demandant à l'Autriche de participer aux bénéfices de cette convention. Mais le royaume n'ayant plus de représentant diplomatique auprès de la cour de Vienne, Gavour se proposait d'envoyer à l'ambassadeur de France en Autriche, chargé des intérêts sardes, une note à ce sujet, que Villamarina fut chargé de communiquer préalablement à Walewski1.
Evidemment Gavour escomptait un refus de la part de l'Autriche, d'où surgirait quelque heureuse complication.
Le ministre du quai d'Orsay fut embarrassé, redoutant de vexer le cabinet autrichien : il conseilla d'abord au gouvernement sarde d'envoyer lui-même et directement la note au comte BuoP; mais, après étude, la protestation parut justifiée et la procédure régulière; le ministre déclara donc qu'il était disposé à faire remettre le document parl'ambassade de France 3, demanda d'abord que la note passât par son ministère qui l'adresserait à Vienne, puis, quand Villamarina la lui eût remise4, la rendit en exprimant le désir que la pièce fût envoyée par Gavour à Vienne à l'ambassade de France, qui la remettrait à son destinataire5. De toute évidence, le comte Walewski ne voulait pas se compromettre.
Or, il advint que le cabinet de Vienne répondit très courtoisement qu' « il soumettait la demande de la Sardaigne à un examen approfondi et se montrait disposé à y faire droit si telles étaient les conclusions des hommes compétents6 ».
1. Cavour à Villamarina, 25 octobre 1858; Chiala, VI, p. 365, et surtout le marquis de Villamarina au comte Walewski, 9 novembre 1858. Confidentielle.