‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 98 sur 347 · Marquise d'Azeglio à son fils, 28 janvier 18o · texte numérisé non relu

Marquise d'Azeglio à son fils, 28 janvier 18o

dait-il dans une lettre intime, est destinée à avoir des suites immenses, ou à nous faire faire un fiasco complet1. » Il fut bientôt rassuré.

Le prince apportait au roi une lettre de l'empereur, où celui-ci, tout en se réjouissant des liens qui allaient attacher les deux familles, exposait « toutes les difficultés de sa position », rendant nécessaire « d'endormir l'opinion publique, et surtout... d'avoir toujours le bon droit de notre côté ». La réserve hostile des trois cours du Nord faisait « très difficile la ligne de conduite. Mon cousin, ajoutait Napoléon, remettra à Votre Majesté un projet de traité sur lequel j'appelle toute votre attention, afin que vous compreniez bien que s'il ne dit pas fout ce que je pense, il en contient du moins les germes. En effet, vous devez assez compter sur moi, sur mes sentiments, pour bien savoir que mon appui ne vous manquera pas, pourvu que je puisse légitimement expliquer à mon pays la cause de la guerre ; mais quant au traité à signer entre nous, je veux qu'il puisse être connu un jour et qu'on ne puisse pas me reprocher d'avoir engagé témérairement les intérêts de la France. » Et l'empereur terminait en annonçant qu'il avait déjà préparé à Lyon et Marseille quelques troupes prêtes à partir si le territoire du Piémont était menacé".

La discussion s'engagea de suite sur trois projets de pactes, apportés par les Français : le traité d'alliance, une convention militaire, une convention financière; le roi et le prince Napoléon n'y prenaient part que de haut, absorbés par ailleurs, et le détail incombait à Cavour et La Marmora d'un côté, de l'autre au général Niel, « très raide, mais en même temps franc, loyal, nullement chicaneux, et (qui) s'entendait

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