Cavour à E. d'Azeglio, 9 mars
3. Séance du 12 mars 1856. L'incident est très amodié au protocole; voir Hlibner, loc. cit.. 12 mars, p. 403 : Cavour à E. d'Azeglio, 13 mars.
A ce moment rattention publique était détournée de la Conférence par un événement qui semblait affermir définitivement sur le trône de France la dynastie de Napoléon ; le 16 mars, naissait l'entant impérial; pendant quelques jours l'Empereur ne fut plus qu'époux et père*, tandis qu'arrivaient, innombrables et enthousiastes, les félicitations, adresses et congratulations, toutes prédisant un splendide avenir à celui dont le destin tragique, frappé dans ses espérances par le désastre de Sedan, fut tranché en 1879 par la zagaie d'un Zoulou .
Finies les festivités, le Congrès reprit son œuvre, qui arrivait d'ailleurs à sa fin. Non sans des difficultés, qui tournaient parfois en querelles personnelles entre les Russes et les Autrichiens; les délégués vingt fois sur le métier remettaient leur ouvrage, limaient les formules pour en émousser les pointes, et finalement adoptaient l'un après l'autre les articles du futur traité. Cavour intervenait encore deux fois, l'une à propos du régime commercial en Orient, et pour faire « remarquer qu'aucune puissance ne possède une législation d'un caractère plus libéral que celle de la Turquie », et que l'anarchie qui règne dans les transactions, ou plutôt dans les rapports personnels des étrangers résidant dans l'empire ottoman, tient à des stipulations nées d'une situation exceptionnelle''; — l'autre intervention au sujet (hi blocus qu'il proposa de lever immédiatement après la signature de la paix dans l'intérêt du commerce et spécialement « dans celui des céréales » ' (lisez de Gènes, et c'était son dovoir de ministre sarde).
i. n Je no puis voir l'Kmpereur. Patic-nce, j'espère que dans deux ou trois jours, il aura cuvé sa joie », écrivait Cavour h Lan/a, 10 mars 18&ft.
i. Protocole de la séance du î'6 mars 1856.
3. Séance du 2S mars 1856. Cavour à Cibrario, -9 mars. Rien au protocole officiel.
Enfin, le 30 mars, à la fin de leur dix-neuvième séance, les plénipotentiaires signèrent en grande solennité le traité de paix ; puis au bruit des salves de canon tirées à l'hôtel des Invalides, ils se rendirent aux Tuileries pour annoncer à l'Empereur l'heureux résultat de leurs travaux ^ Le Congrès semblait terminé sans qu'aucune question y eût été soulevée, étrangère à son strict objet, désagréable à l'Autriche, bienfaisante à l'Italie.
« Le drame est fini, écrivait Cavour le lendemain, et la toile tombe sans avoir amené un dénouement qui nous soit matériellement favorable. Ce résultat est triste mais non décourageant. » Dans cette partie officielle de la conférence, les représentants de la Sardaigne avaient tenu leur rôle avec dignité mais modestie, écoutant plus que ne parlant, égaux à tous en droit non en autorité, et le peintre officiel du Congrès semblait bien inspiré, qui plaçait Cavour au premier plan, mais de côté, à l'écart, contre le cadre. Etait-ce sa vraie place ? Le ministre sarde était-il sincère en annonçant qu'il partait presque bredouille, « le pive plus ou moins nel sacco » " ? Et la partie élait-eUe terminée sur ce gain médiocre, d'une présence réelle mais silencieuse ? Du tout point, car, à côté des négociations officielles, Cavour avait poussé des tractations vives et serrées, prêtes à se manifester bruyamment.
Dès son audience d'arrivée, Napoléon avait entretenu Cavour de sujets étrangers au Congrès et intéressant l'Italie, spécialement du décret autrichien levant les séquestres et dont le monarque français se déclarait « très satisfait ». Le