‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 222 sur 247 · Supra, p · texte numérisé non relu

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AU CONGRÈS DE l'ARlS 377

écrire, il le dit — avec la manière. Il se garda d'en parler tout de go à l'Empereur, mais au prince Napoléon, au D"" Conneau, il exposa la grave situation des Romagnes, l'influence exorbitante de l'Autriche, la nécessité de fortifier le Piémont, et suggéra une proposition subtile. 11 crut avoir emporté la place du premier assaut, car, dès le 26 février, il écrivait : « L'Empeleur m'a fait dire que les questions principales vidées, la paix avec la Russie assurée, il soulèverait la question italienne et proposerait carrément l'envoi du duc de Modènedans les Principautés, la translocation à Modène du duc de Parme et la cession de Parme au Piémont* ». C'était déjà quelque chose, la province voisine si agréable au goût des rois, selon Frédéric II. Mais les jours s'écoulèrent, sans que rien avançât ; l'Empereur se montrait très aimable, « très gentil », Glarendon très confiant, les intermédiaires très zélés, mais point de résultat tangible. « Beaucoup de fumée et peu de rôti », écrivait Cavour avec un sourire amer-. Il épluchait le traité de Vienne, fouillait la généalogie des maisons de Parme et de Modène, préparait des mariages princiers, et glissait de nouvelles combinaisons ^. Napoléon les accueillait avec intérêt et conservait ses bonnes intentions, car le 24 mars il parlait à Glarendon, — rallié après quelque résistance aux projets de Cavour, — de la cession de Parme au Piémont ; mais ce n'était que perspectives lointaines et belles paroles ; au fond, l'Empereur hésitait, redoutant l'indignation de l'Autriche, les protestations du pape qui tous deux auraient vu avec inquiétude l'actif et ambitieux Piémont pousser un coin vers Tltalie centrale. Le ministre sarde comprit que l'idée, peut-être « entrée très avant dans la cervelle de l'Empereur », n'était « pas réalisable pour

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