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Cavour au duc de iJino, avril ISi'J

NOVARE i03

tissaient de toute crainte de réaction anti -constitutionnelle ' ».

Le devoir du gouvernement était d'ailleurs dicté par les circonstances : procéder au couronnement du roi, consulter le pays sur les conditions nouvelles et sur ses propres destinées. Le 29 mars, Victor-Emmanuel prêtait devant les Chambres serment à la Constitution et recevait le serment des sénateurs et députés ; le jour même le Parlement était prorogé ; peu de jours après, la Chambre dissoute.

L'heure était pleine d'angoisse pour le Piémont ; à l'humiliation de la défaite et de l'invasion se joignait la douleur d'un déchirement intérieur : Gênes était en révolution.

« Le désastre de No vare était pour l'Italie entière » , a écrit à juste titre un des vaillants défenseurs de Venise". L'une après l'autre tomberont chacune des républiques nées de la Révolution et prêtes à s'unir en une seule nation. De suite Ferdinand II de Naples envoya ses soldats en Sicile, et l'île fut opprimée sous un joug encore plus lourd que l'ancien ^ Une réaction se produisit en Toscane, qui bouscula le gouvernement provisoire, appela les Autrichiens à la rescousse, et prépara le retour du grand-duc Léopold. La république romaine ne put être domptée que sur l'intervention de la France. et après un siège en règle : à la fin de juin, le pouvoir temporel du pape y était rétabli*. Venise résista la dernière ^ avec héroïsme, sans espérance : sa capitulation était inévitable;

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