‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 70 sur 247 · Comte de Reiset, Aies- Souvenirs, I, p. 326 et suiv · texte numérisé non relu

Comte de Reiset, Aies- Souvenirs, I, p. 326 et suiv

ilO CAVOUR

m'appuyanl sur elle... si Ton m'y force je donnerai le suffrage universel. » Son programme était simple et bref ; sur les frontières, signer la paix et libérer le sol national; à l'intérieur, rétablir l'ordre. Plan parfait, mais qu'il s'agissait de réaliser, car tout était à remonter, finances, armée, administration, esprit public ^

En ce moment, où l'avenir du Piémont « semblait voilé d'un crêpe funèbre' », une révolte à Gênes compromettait gravement l'unité de la monarchie. Trente ans de vie commune n'avaient point réalisé l'union parfaite de l'ancienne république au royaume de Sardaigne* : à diverses reprises, des insurrections y avaient manifesté le regret de l'indépendance perdue, l'antagonisme de Gênes et de Turin, Les deux guerres n'avaient fait qu'accroître cette opposition ; la capitale demandait la paix, le retour à l'ordre et au travail tranquille : Gênes réclamait la continuation des hostilités et s'indignait d'un armistice qu'elle trouvait précoce et déshonorant. Une délégation s'était rendue auprès du roi pour lui proposer do se rendre à Gênes, d'y réunir le Parlement, et, à l'abri des fortifications, de continuer la lutte à outrance; le roi n'avait point re(,'u les députés, le ministre de l'intérieur, Pinelli, leuidistribua de belles paroles dont ils saisirent la vanité. L'opinion publique s'irrita et s'excita ; le bruit se répandit que la ville devait être, comme Alexandrie, occupée par l'armée autrichienne, et (iênes, qui avait si glorieusement chassé les Autrichiens en 1746, ne pouvait admettre qu'ils y l'entrassent

1. M. do Bois le Comte au minisire des Affaires étrangères , 28 mars 1849.

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