‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 71 sur 247 · Marquise d'Azegliu à son tils · texte numérisé non relu

Marquise d'Azegliu à son tils

3. <( L'antique aversion contre le Piémont, diminuée mais non élcinle. la douleur de la défaite, la colén- contre ceu.x qu'on en tenait pour respon.sables, soulevèrent la ville », a écrit très justement Rosi, Slorià conlemporanea d'italia, éd. I'.i20, p. 226. note!.

en 1849'. La municipalité suivit le mouvement, en fidèle administration, et distribua au peuple ces armes qui servent à défendre les institutions comme au besoin à les détruire. Toutes les classes, tous les partis étaient d'accord, le marquis Pareto, ministre de la veille, aussi bien que les ouvriers du port : il fallait mettre la ville en état de se protéger contre les Autrichiens, et, le 1" avril, les barricades commencèrent à s'élever dans les rues, sur les quais. 11 y avait bien un général, des carabinieri, quatre mille hommes de troupes; sommé de remettre aux volontaires les armes de l'arsenal, le général de Azarta s'y refusa d'abord, puis assiégé dans la citadelle, après quelques heures de combat, signa une capitulation où il s'engageait à quitter la ville avec tous ses soldats. Ainsi fut-il fait et Gênes se proclama en état de défense nationale.

Dans le désarroi de l'armée sarde, réduire l'insurrection devenait un grave problème. Déjà l'on redoutait que les Autrichiens ne prissent prétexte de cette insurrection, dirigée contre eux plus que contre la monarchie sarde, pour intervenir et assurer eux-mêmes la reddition de la place. Mais M. de Bois le Comte rassurait à cet égard le gouvernement piémontais et affirmait spontanément, avec courage, que la France ne supporterait point une telle intervention ; il était habilement secondé par notre Consul général à Gênes, M. Léon Favre ^ qui disposait utilement de son influence personnelle et des bateaux français, et M. Drouyn de Lhuys télégraphait pour mettre 15 000 fusils à la disposition des autorités piémontaises '.

D'ailleurs, une erreur du ministère de la Guerre sarde lui

1 . A. Bert, Nouvelles Lettres de Cavour, p. 285 et suiv. On s'est demandé s'il n'y avait pas quelque corrélation entre la révolte de Gènes et la désobéissance du général Ramorino la veille de Custozza : Masi,. II, 439.

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