‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 72 sur 247 · Frère de Jules Favre · texte numérisé non relu

Frère de Jules Favre

3. Documents des Archives étrangères. Correspondance Sardaigne, t. CCCXXIV, î" 125 et suiv.

m GAVOUR

profitait heureusement; il avait oublié de diriger sur le Tessin la division qu'au mois de février Gioberti, alors Président du Conseil, avait ordonné de réunir sur les frontières de Toscane pour y intervenir en devançant les Autrichiens; Alphonse La Marmora, qui la commandait, marcha promptement sur Gênes ; celui-là était un homme de guerro, énergique, précis, résolu ; par surprise et intimidation, il s'empara des forts qui dominent la ville, envoya le capitaine Govone sommer la ville de se rendre, et sur le refus d'Avezzana, chef des insurgés, lança quatre colonnes àl'attaque des portes puis du centre même de la ville; dans les rues étroites, le long des palais de marbre, sous les arcades ombreuses, les combats furent vifs mais courts ; le 5 avril le drapeau blanc flottait sur le Palais ducal i.

Des rebelles, les plus compromis s'évadèrent par mer, les plus sages traitèrent avec le général La Marmora et envoyèrent une députation à Turin pour implorer merci. Le parti réactionnaire se fût volontiers montré impitoyable et peut-être le Président du Conseil aurait-il suivi ses avis ; mais le roi, « voulant inaugurer son règne par un acte de clémence », accorda une amnistie aux habitants de Gênes s'ils se soumettaient immédiatement à son autorité ". N'en furent exceptées que douze personnes désignées nominativement, les militaires qui avaient pris part i\ l'insurrection, les auteurs de crimes et délits contre les personnes et les propriétés. On ne poursuivit, d'ailleurs, que des civils en fuite, donc insaisissables, et, non sans discussion, on comprit dans l'amnistie le marquis Pareto, «lui avait pactisé plutôt qu'agi avec les insurgés.

i. l'inclli, Sloria mililare del l'iemonle, t. ill. p. 'JiO et suiv.; (jovont-, Mémoires, p. tt etauiv. ; Alph. La iMarmora, Un épisodio del Hisorgimenio ilaliano.

■2. M. (le Bois le Gomli- au ministre des AfTaires tUrangères, 'J avril 18i'.).

Maître à l'intérieur, le gouvernement pouvait se consacrer aux négociations avec l'Autriche. Il était certain qu'elles seraient longues et âpres, il fallait en remettre la direction aux hommes les plus fermes et les plus fins de la monarchie ; le Président du Conseil désigna d'abord le marquis Ricci, et Vienne s'indigna ; le marquis n'a^ vùt-il point été aux conférences de Bruxelles le défenseur du mouvement national de l'Italie ? Alors le gouvernement confia la pénible mission à deux hommes de second plan, mais sûrs et droits, Boncompagni et Dabormida, anciens ministres des cabinets Balbo et Alfieri ; il pria, avec instance, Cavour de les accompagner, mais celui-ci prétendait « conduire les négociations à sa guise, ce à quoi ces messieurs du ministère n'étaient guère disposés à consentir^ », Les deux diplomates partirent sans lui. A Milan, siège fixé pour les négociations, ils trouvèrent le représentant de l'Autriche, M. de Briick : la Hotburg entendait traiter le Piémont de dure façon, moins dans les conditions que pouvaient contrôler les grandes puissances, que dans la manière, qui visait à l'humiliation; elle avait choisi un délégué dans ce style, argumentant à la cravache.

Dès les premiers entretiens, les délégués sardes perçurent que, de la paix avec le petit royaume", le gouvernement autrichien voulait tirer bénéfice dans la péninsule entière, l 'n homme à la poigne dure dirigea pendant trois années la politique de la Hofburg avec un succès qui fit la fortune

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