‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 83 sur 247 · Marquise d'Azeglio à son fils. liO septembre · texte numérisé non relu

Marquise d'Azeglio à son fils. liO septembre

Cavour et Valerio ; Pinelli, ministre de l'Intérieur, tout à lait démonté, refusait un jour avec indignation ce qu'il acceptait le lendemain par résignation. Après des séances orageuses, la Chambre vota 10 millions sur 15 demandés par le gouvernement, mais disjoignit l'approbation du traité de paix dont elle renvoya la discussion à quatre semaines.

Le mois d'octobre fut consacré au repos après l'orage et avant la tempête. Pinelli, épuisé, donna sa démission. Cavour s'attendait bien à ce qu'on fît appel à son dévouement ; il était nerveux à chaque crise ministérielle. « Vous savez que pas un des membres du Cabinet n'a songé à me consulter sur le choix du successeur de Pinelli », écrivait-il avec dépit ^ Le ministre de l'agriculture et du commerce, Galvagno, prit le portefeuille de l'Intérieur et céda le sien à ce charmant Santa Rosa, l'ami d'enfance de Cavour, son compagnon de voyage à Paris et à Londres ^ Puis le ministre de la guerre, général Bava, cessa de plaire, encore qu'il ne fût au pouvoir que depuis peu de semaines, et remit la direction de l'armée au général La Marmora, autre ami de Cavour. Et la gauche de «jeter les hauts cris », car La Marmora avait vivement réduit Gênes en révolte, et son avènement au pouvoir semblait un appel à la force armée.

Au début de novembre, la situation était trouble, inquiétante. La gauche était plus excitée que jamais, tandis qu'au Palais Royal apparaissaient des hommes graves, oubliés depuis 1847, et aussi des prêtres qui insinuaient que tout allait si mal que seul un coup de force rétablirait l'ordre dans le Piémont. De petits esprits s'y fussent laissés conduire : ne faisait-on pas ainsi à Florence, à Rome, à Naples et pareille-

1. Cavour à Castelli, U octobre 1849; Castelli, Il conte di Cavour, Ricordi, p. 137.

Page 1