Supra, t. I, p. 136 et suiv
Gavoou. — K. 9
ment à Vienne, à Bude, à Berlin ? C'est l'honneur de Victor- Emmanuel et d'Azeglio de s'y être refusés. « Je veux, disait le Président du Conseil, éviter jusqu'au dernier moment de dissoudre la Chambre... Sans nécessité absolue, je regarde un coup d'Etat comme une faute et une immoralité. . . Il ne faut pas que l'on puisse jeter à la face de notre jeune roi Tépithète de parjure, ce qui le mettrait au niveau de tant d'autres auxquels il ne reste pour gouverner que les sbires ^. » Et les dernières paroles de Victor-Emmanuel dans la visite d'adieu que lui faisait Bois le Comte étaient : « Il faut, pour être libre et prospère, que le Piémont reste deux ans sans faire parler de lui " » .
Cavour était inquiet. « Je crains que le drame ne tourne à la farce et que nous finissions notre rôle au milieu des huées du pubUc », écrivait-il de Léri^ Rentré à Turin, il tentait de rapprocher les plus modérés des deux partis extrêmes, probablement s'entretenait avec Rattazzi ^, cherchait une conciliation ou une réconciliation : l'heure était prématurée, il échoua.
Les débats sur le traité de paix reprirent le 5 novembre. A la proposition du « vote silencieux », déposée par Balbo, un membre du centre gauche, Bufia, opposait un ordre du jour considérant le traité comme un fait accompli, ajoutant que la Chambre pourvoierait par des lois spéciales, en ce qui la concerne, à l'exécution du traité. Cavour eût préféré le texte de Balbo, mais acceptait en subsidiaire la proposition BufTa, « qui est passable et que le ministère est disposé à accepter » ; mais, ajoutait-il dans une lettre, le matin même de
1. Rciscl au ministre, 16 octobre 1849. Archives des Affaires étrangères.
2. Bois le Comte au ministre des Affaires étrangères, 31 octobre 1849.