‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 94 sur 247 · Thayer, Life and Times of Cavour, t. I, p · texte numérisé non relu

Thayer, Life and Times of Cavour, t. I, p

2. M. d'Azeglio au comte de Pralorme, ministre sarde à Paris, 17 août 1850.

3. M. Ferdinand Barrot au ministre des Affaires étrangères, 9 octobre 1830.

le mois d'août, on en parla « dans les cafés et sous les arcades de la rue du Pô^ ». Le général La Marmora, ministre de la Guerre, tenait à l'avoir pour collègue; Massimo d'Azeglio hésita-t-il à prendre un collaborateur qui devait nécessairement l'éclipser? On raconte que, lorsqu'il en parla au monarque, celui-ci répliqua, narquois : « Moi, je veux bien, mais rappelez- vous qu'il vous prendra à tous vos portefeuilles. » Chevaleresque à son habitude, d'Azeglio résolut de faire appel à Cavour. Celui-ci attendait cette convocation, et, chose étrange, au moment de réaliser son vœu de tous temps, de prendre le pouvoir, Camille se sentit comme effrayé et désemparé. C'était un homme, avec toutes les faiblesses, les défaillances et les contradictions de notre humanité, non un surhomme d'implacable volonté, et c'est en quoi se dégage de sa personne un charme attirant. « Je sors, écrit-il de Léri au milieu de septembre, d'un accès d'apathie complète... Que voulez-vous, il y a des moments où l'âme s'affaisse sous le poids des petites contrariétés, qui s'accumulent d'une manière fatigante, sur les hommes qui ont embrassé la vie politique ^ » Mais les semaines s'étaient écoulées, il fallait pourvoir au remplacement de Santa Rosa. Au début d'octobre, un groupe de députés, réunis à Turin pour causer de la session parlementaire, se prononça nettement en faveur de la nomination de Cavour'. Déjà, Azeglio avait écrit à celui-ci, qui se trouvait à Léri, « le pressant de venir lui parler, donnant à entendre qu'il s'agissait d'une proposition ministérielle... » Quoiqu'au fond il brûlât d'envie de faire partie du cabinet, Camille était devenu assez grand personnage pour dicter ses conditions.

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