DE BUE EN BUE SE CONTINUAIT LE COMBAT
Ce bon monsieur de Véragues.
avait caché ses filles, des Gascons lui arrachèrent les dents avec une paire de tenailles, puis ayant trouvé les demoiselles et comme elles refusaient de leur servir à souper et de leur faire de la musique, ils les fouettèrent à mort avec les chaînes du tourne-broche, puis jetèrent leurs corps dans la rue.
D'autres attachées sur leurs lits furent brûlées avec les paillasses qu'on faisait flamber.
Ainsi les soldats huguenots purentils se divertir toute cette nuit sans être autrement inquiétés, car on leur avait laissé toute licence de traiter la ville comme il leur plairait, pourvu qu'ils n'y missent pas le feu, car les flammes vues de loin auraient pu donner l'alarme, et M. de Véragues ne voulait incendier qu'à son départ. Pour lui, aidé de quelques gens plus pratiques, il cherchait à faire des prisonniers pour en tirer de fortes rançons. Merveilleusement, l'hôtelier du Cancre volant le servit en cette occurrence, car il connaissait sur le bout du doigt la fortune des notables habitants de Saint-Michel.
Assistés de quelques hommes fidèles et déterminés, ils couraient aux logis les plus riches, recevaient la parole des habitants terrifiés sous promesse de les sauver de la mort, les faisaient garder à vue et volaient à d'autres exploits.
Mais M. de Villenave ne rêvait que meurtre et sang. Poursuivant les derniers combattants jusque sur les toits, il les poussait dans le vide l'épée aux reins, les abattait à coups de taille, les perçait à coups de pointe sans recevoir personne à merci, faisant jeter les femmes par les fenêtres et lancer les enfants dans les rues, où certains s'amusaient à les recevoir sur la pointe
des pertuisanes. Toujours armé de pied en cap, il trouvait moyen de pénétrer partout, courait sur le faîte des murs, jusque sur la pointe des pignons, massacrant sans pitié, excitant les siens au carnage, marchant à la lueur des torches, découvrant des victimes dans