MAINTIEN DE NOS TRADITIONS
Au couronnement du roi d'Angleterre, les lords qui entourent le trône s’approchent du nouveau monarque, puis portant respectueusement la main sur sa couronne, et dans le vieux français de Guillaume, ils prêtent ce serment solennel : “Je maintiendrai”. C’est au nom du peuple anglais tout entier, que ces vieux gardiens de l’empire protestent de leur fidélité à la dynastie et à ses antiques traditions. C’est votre magnifique manifestation qui me fait rappeler cette parole que rapportait un grand orateur de la chaire canadienne.
En effet, n'est-ce pas au grand jour de notre fête nationale que nous devons, nous aussi, Canadiens français, renouveler ce serment solennel : “Je maintiendrai ?”
N'est-ce pas pour maintenir nos institutions, notre langue et nos lois, que Ludger Duvernay et ses amis fondèrent la société Saint-Jean- Baptiste ? Si c’est par fidélité, par respect à ses traditions que l’Angleterre pratique encore dans la langue primitive des fondateurs de son empire, cette coutume dans le couronnement royal, comment s’étonner que les Canadiens français, dont “l’histoire est une épopée des plus brillants exploits””, que les fils vigoureux de Jacques Cartier qui s'empara du pays au nom de la France et du Christ, soient fiers de renouveler pieusement chaque année, leur serment de fidélité à la foi de leurs pères et aux traditions qui assurent leur survivance.
Ah ! oui, cher Canada, “terre de nos aïeux, toi dont le front est ceint de fleurons glorieux”, je suis fier d’être venu ici me joindre à mes frères de race pour jurer moi aussi, la main sur la couronne de nos martyrs de la foi et de la race française au Canada, que je maïntiendraï haut et ferme les plus nobles traditions de mes pères et que je les défendrai au prix de mon sang.
(A Saint-André-Avellin, 26 juin 1921.)