‹ Ce qu'il réclame pour sa provinceChapitre 51 sur 83 · LIBERTÉ DE COMMERCE · texte numérisé non relu

LIBERTÉ DE COMMERCE

Nous voulons la suppression du commerce par l'état et la liberté dans ses plus justes limites; nous ne voulons pas faire de la province de Québec une ‘“bootlegging”’, comme elle passe pour l’être aujourd’hui dans les autres provinces et aux Etats-Unis. Depuis un an, le gouvernement à fait du commerce d'alcool. Il à retiré une grande partie de son surplus alcoolique de %4,000,000 dont il se vante, du commerce clandestin avec les Etats- Unis et les autres provinces. Il insulte la province de Québec en disant que sous le régime de la “tempérance Taschereau”, elle à bu pour onze millions de piastres de liqueurs alcooliques dans un an. Ce n’est pas vrai. Cette vente de onze millions a été obtenue par la violation des lois de nos provincessœurs et de nos voisins, les Etats-Unis. Le gouvernement n’a pas le droit de mépriser le droit des autres provinces et de nos voisins, les Américains. Soyons ce que nous voulons être et ce que nous devrons être chez nous dans la province de Québec, mais respectons les droits et les lois des autres. Prenons garde aux représailles. Ne lançons pas le défi à tout le reste de l'Amérique. Je suis prêt à accepter une loi des licences conforme à la mentalité de notre province, à base de la liberté du commerce, une loi large, généreuse pour le bien, pas pour le mal, ni abus. Si je veux le commerce libre, ce n’est pas pour l’intempérance, mais pour mettre fin à la loi ridicule que nous avons, à la vio- : à l’infraction et à l'injustice due nous avons sous le régime actue

Je ne veux pas de ue ou de revenus en légalisant le crime social. Je ne veux pas que nos maisons d'éducation se partagent une

Lune

partie des revenus de l’infraction des lois, de la malhonnéteté, des mal-

heurs de nos foyers. Je ne veux pas qu’il soit dit que la fortune de la

province de Québec contrébandière, s’édifie par le vice et par l’exploi-

tation frauduleuse, inavouable d’un commerce en violation des lois de

ses voisins qu’elle devrait respecter. Je veux que la province française soit libre chez elle, libré de conserver ses institutions, ses traditions, libre de légiférer suivant la mentalité, suivant les besoins de sa Dipus lation, mais se gardant de vouloir violer la loi des autres.

(A l'hôtel Place Viger, 16 mai 1922.) IL FAUT UNE COMMISSION ROYALE

Je maintiens ce que J'ai réclamé depuis le commencement de la session: une enquête complète afin de savoir pourquoi la loi dite de prohibition n’a pas été appliquée, pourquoi elle à produit un résultat aussi désastreux, aussi déprimant et aussi scandaleux; pour savoir si ceux qui ont fait échouer la loi dite de prohibition sont encore les mêmes gens qui entourent la Commission et s’ils pourront bien encore es sur elle linfluence qu'ils ont exercée sur les vendeurs et les officiers du gouvernement; pour connaître aussi les coupables, les vrais coupables, les plus coupabl es et les faire punir.

La loi de prohibition a été violée: elle a été vaine. Elle était caduque dès sa naissance parce que des politiciens influents, des législateurs très actifs dans notre province avaient intérêt à la voir transgresser. Et je dis que si nous ne cherchions pas les coupables et si nous voulons les protéger au lieu de les faire punir, la Loi des liqueurs sera vaine sera transgressée, sera morte et criera la culpabilité de ses auteurs. Que dira-t-on de la justice de notre province ?

(Le 24 février, à la Législature).

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