‹ Ce qu'on voit dans les rues de ParisChapitre 21 sur 46 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

KXSEIGXKS ET AFFICHES.

Mais pondant que nous sommes en omnibus, ou m fhicre, nous n'avons rien de mieux à faire que de regarder les enseignes, Idçhe remplie d*aitraits pour qui sait découvrir ]e beau côté des choses. Grêlait là mon occupation favorite autrefois, quand je faisais mon entrée triomphale par la carriole de mon oncle dans la sous-préfecture de Tarrondissement. Je passais sans cesse et précipitamment d*un côté de la voiture à l'autre , pour ne perdre aucun détail des belles devantures qui bordaient les deux rives de la rue ; je lisais chaque enseigne comme un bourgeois de petite ville lit son journal depuis le titre jusqu'à la signature de l'imprimeur. Ce qui me frappait surtout plus que je ne puis dire, c* étaient ces nègres de bois , couverts de vêtements rouges et tenant une longue pipe à la main , que j^apercevais devant la vitre de tous les marchands de tabac : combien de fois n'ai -je pas pleuré à chaudes larmes pour qu^on m'en achetât un !

Quel est le flâneur savant qui nous donnera Thistoire des enseignes, qui écrira les divçrses péripéties, les transformations successives , les périodes de progrès et de décadence par où elles ont passé?

Jadis , — et quand je dis jadis je veux parler d'il y a quarante ou cinquante ans, aussi bien que du moyen âge et des deux derniers siècles , — le calembour était un élément presque indispensable de toute enseigne qui visait à l'effet. Alors florissaient les ca-

barets du Bon coing et de VEpi-Scié, et auparavant ceux de la Roupie (une roue et une pie), du Puissant vin (un puits d'où on tirait de l'eau), de V Assurance (A sur une anse), et de la Vieille science (une vieille qui scie une anse). C'était le beau temps! On voyait encore des fantaisies à la manière de Callot; telle était l'enseigne de la Tiuie qui file, laquelle, du j reste, s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Puis il y avait la malice gauloise et la mordante épigramme , \ par exemple, le Tout en est bon, représentant une . l'emme sans tête !

Voulez-vous savoir ce qu'a fait de cette spirituelle devise un charcutier bel-esprit? Allez dans la rue Sainte-Marguerite , et vous lirez en belles lettres d'or sur une devanture : Tout en est hbn, depuis les (ici quatre pieds de cochon en peinture ) ^w^^tt^à &ï (et l'on voit s'étaler par-dessous une superbe tête avec un grouin phénoménal).

Sauf de rares exceptions , les enseignes d*aujourd'hui sont moins innocemment et moins naïvement prétentieuses. En dehors de quelques-unes , reléguées dans les ruelles et les culs-de-sac, qui ont gardé les traditions d'une syntaxe vagabonde et d'une orthographe capricieuse, elles ont appris dans Noël et Chapsal l'art de parler et d'écrire correctement. Elles vont s'approvisionner dans l'histoire , dans le roman, le drame , l'opéra , la mythologie ; elles exploitent le succès de la veille et la mode du jour pour s'en faire un titre ; elles appellent la littérature et les arts à l'aide de l'industrialisme essoufflé, et les chargent de battre de la grosse caisse au profit du comptoir. Nos grands magasins ont pris pour devise : Au Prophète, au Prince Eugène, au Palais de V Industrie, aux Trois Mousquetaires, au Colosse de Rhodes, à la

2«(> <:k quox voit

Tour Malahùff, Vous ne pouvez faire un pas sans lire au front d'une l)oulique : A la Tour de Nesle, au Sonneur de Suint-Paul y à la Dante Manche, etc. Qu'une éruption de la butte Montmartre vienne à engloutir Paris, comme le Vésuve a englouti Pompéij on pourra, après quinze cents ans, retrouver sur nos cnsci(]nes Thistoire de nos triomphes militaires et celle de notre littérature.

On pardonnerait encore à cesTurcarets de Patinage et du j)rix fixe d'usurper des titres qui ne leur appaN ticnnent pas et de se ranger sous un drapeau avec lequel ils n'ont rien à démêler | comme on pardonne à certains Georges Dandins, au demeurant le.4 meilleurs lils du monde, de s'iniproviser gentils hommes h Paido d'une particule et du nom d6 leur village natal. Le pédantisme est une prétention d^un genre plus imj)ardonnable , que se permettent trop souvent les enseignes d'aujourd'hui. Les malheureuses savent h^ grec et le latin, elles font des néologismes, forgent des mots baroques et ne craignent pas d'étaler en gros caractères des expressions telles que : chromo- DURO-PHAXK , pommade philodoxtique et philaïxocour.

De grâce, ramenez -nous aux calembours d*au- ! refois !

Cependant, j'excepte de la proscription Penseigilc polyglotte que j'ai vue à un coiffeur de la ruô Racine, disparu depuiâ deux ou trois ans. Cet artiste, fort érudit, bien que perruquier, réfléchissant qu^il était au centre du quartier savant, crut faire acte de bon ton en affichant sur sa devanture un spécimen de ses connaissances variées en fait de linguistique : il no doutait pas de voir aussitôt accourir lï son oflQcine , comme à une des merveilles du monde, la clientèle du plus haut paruge, les professeurs de la Sorboniir

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et du collège de France, les maîtres d'études des lycées environnants et les étudiants studieux des quatre facultés, quoique la faculté de droit soit à peu près la seule qui se fasse raser, friser et coiffer. En tête on lisait : Ksipo) rdcxKjTa , xai axtattoy, — je travaille promptemcnt et en silence, ce qui, on en conviendra, n'était pas trop mal choisi pour un barbier. De chaque côte s'alignaient sur les volets et les vitres des inscriptions latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole. La langue nationale était la seule oubliée, de sorte que sans le classique plat à barbe , le passant illettré eût cru voir la maison de quelque jongleur indien, toute couverte d'hiéroglyphes et d'inscriptions magiques en guise de talismans.

Et pourtant le barbier se vit contraint de fermer sa boutique : la fortune est aveugle! Cet homme était trop savant pour être barbier, sinon barbier de Périclès ou de Mécénas, en ces temps où les poètes, les jeunes patriciens et les riches affranchis se rassemblaient, pour causer des affaires du jour, dans l'échoppe du tonsor.

Kn général, les enseignes, on l'a déjà vu, ne p(*( lient point par la modestie. Il en est bien peu , une douzaine prut-élre, qui aient l'adresse et le bon goùl de s'intituler : Au Gagne^Petit, volrc au Bon Marc/té ; moins encore qui osent résolument écrire sur leur drapeau, comme ce boutiquier des environs du Tcmphî : Aux Prolétairen, MM. les commerçants, qui sont de profonds philosophes, sûns avoir lu .Aristotc ni Descartes, savent bien que de toutes les passions humaines, la vanité peut-être est la plus forte , parce ({u'elle est la plus sotte et la plus ridicule. En conséquence, ils écrivent au haut de leurs magasins : .-1 la Cw/uelte, à la Courmmde, à la

Sultane, etc. ; cl ces dames d^accourir, pour bien montrer au public qu'elles ont le moyen d'être coquettes et gourmandes , et qu'il ne tiendrait qu'à elles de faire les sultanes, comme ces jeunes gens qui, après avoir dîné k dix-buit sous , tracent des zigxags et des arabesques en marcbant sur le trottoir, afin de faire croire aux passants qu'ils sont assez riches pour se griser.

Je suis persuadé que, s'ils n'étaiiïnt pas retenus par un reste de pudeur et par la crainte des quolibets, les fournisseurs à la mode inscriraient volontiers sur leur devanture : Le public est prévenu que c*est ici la maison la plus chère de tout Paris; ou bien encore : La maison garantit aux personnes qui veulent bien l'honorer de leur cotifiance que tout objet est vendu ici le double au moins du prix qu'il coûte ailleurs. Alors duchesses, marquises et lorettes pourraient, sans déroger, faire arrêter leur équipage devant ces magasins. Elles ne risqueraient pas d'y heurter quelque bourgeois fourvoyé, quelque provincial ahuri, et le fait seul de leur entrée dans une boutique pareille serait aux yeux de la foule et du nmrchand une brillante démonstration de luxe et de grand ton.

Cet orgueil instinctif se retrouve partout dans les enseignes d'aujourd'hui. Parcourez la liste des cafés, hôtels, restaurants , etc., cl vous en trouverez les deux tiers au moins qui ont la fatuité de se dire (fafés ou hôtels de Paris , de France , des Quatre-Nations , des Cinq parties du monde , de l'Univers, des Princes, etc. Je viens d'entrer dans un estaminet qui se proclame Européen , et j'y ai trouvé deux maraîchers qui prenaient des verres d'absinthe avec le garçon.

On rencontre, il est vrai, quelques-unes de ces enseignes qui laissent percer, en dessous de leur em-

phase ingénue, une sorte de raillerie narquoise. C'est dans celte calé<(orie que rentre la vieille devise des écrivains publics : Au Tombeau des secrets, »ci celte autre» non moins connue» que j'avais prise longtemps pour une agréable plaisanterie des petits jouN naux, mais qui s'étale encore dans certaines rues détournées : Crépin, réparateur de la chaussure humaine.

J'aime à croire qu'il en est de môme pour les diagasins de nouveautés et les restaurants qui s^intitulent, les uns : Au Paradis des dames; les autres : Au Banquet d'Anacréon.

Ce sont lu do grandes phrases, sans doute, nyals je trouve un orgueil mille fois plus superbe dans la plupart des enseignes ordinaires, composées tout simplement d'un nom propre. Rien n'est si prétentieux que Taffectation de la simplicité, et j'a?otie qu'en contemplant ces longues files de devantures, qui portent ces seuls mots : BéR.H'D, Dt'»0!VT,* Dr- R^N'i), Hknriox, Charboxxkau, etc., je suis effrayé de cette allure monumentale, grosse de prétentioris , bouffie de suffisance. Voilà des noms propres qui se carrent & la façon d'un matamore ou d'un Hercule des foires. Ils se campent le poing sur la hanche en plein soleil, ayant l'air de crier au public : a Régardez, admirez ; c'est moi, vous saves bien, moi; est-ce qu'il y a quelqu'un au monde qill ne me eon« naisse pas ? ^ Vos bons vieux ancêtres , qui n'étaient point si glorieux , mettaient en toutes lettre.*( : « B^ raud, chamoiscur; Dumont, passementier; Durand; ferblantier. ^ Ils ne croyaient point inutile d^éclairer par un bref commentaire les énigmes de leur étalage, coniiiie du temps de Shakspeare on mettait une In-

H.*riptioii sur un poteau pour aider à rintelligenre des

décorations sommaires' du théâtre. Aujourd'hui il semble que ce soit entièrement superflu , et que ces noms illustres doivent nécessairement dissiper toute obscurité de leur propre lumière, comme si F univers entier était tenu de savoir que M. Heorion est bottier et M. Charbonneau boulanger.

Si j'étais forcé de choisir, je préférerais de beaucoup à cette orgueilleuse concision la loquacité provençale d'un célèbre confiseur, mi-candide et mi-roué, lequel a jugé à propos de faire des réclames avec des sermons et d'afficher sur ses volets , côte à côte avec ses nougats , les commandements de Dieu et de rÉglise.

Une autre tradition qui s'en va, c'est celle des vignettes et des tableaux de genre qui ornaient les enseignes du temps jadis. Au-dessus de chaque boutique un peu convenable s'étalait un petit chef-d'œuvre d' humour j dans lequel la palette d'un artiste inconnu, d'un rapin désillusionné de la gloire, avait prodigué la verve, les couleurs et la fantaisie. Le pinceau complétait la parole , et la parole expliquait F œuvre du pinceau ; l'idée , apparaissant sous deux formes , exerçait un double charme , et séduisait à la fois Fesprit et le regard. Hélas! ces tableaux ont presque tous disparu , comme ces naïves scènes de genre qui illustraient autrefois les assiettes de faïence et jusqu'aux rideaux de lit de la moindre maison campagnarde. On rencontre bien encore de loin en loin quelques vestiges de cet usage antique, par exemple, un buveur couronné de pampre, le nez rouge, la face enluminée et le verre à la main, à califourchon sur un tonneau ventru, ou bien un gourmet é mérite dégustant d'un air de suprême volupté une pincée de tabac délicieux ou de moka superfin.

Mais , en général , ces peintures sont entachées du caractère moderne; elles tombent dans le clinquant, le maniéré, le joli, ot n'ont plus cette honnêteté de dessin et cette candeur du coup de pinceau qui donnent tant de prix aux enseignes des auberges de village.

Allez voir, sur la devanture d^un magasin du quai aux Fleurs , le tableau des Noces de Vulcain. Qui a fait cela ? Est-ce un grand prix de Rome s*exerçant à un pastiche de Prudhon ; un lauréat de Fécole des Beaux-Arts, tombé de chute en chute de la grande peinture académique à la décoration des boutiques de nouveautés ; ou bien , comme il sied , un de ces honnêtes barbouilleurs , dont la brosse ardente et naïve jette sur la 'toile , sans nul souci académique , des créations saisissantes d'originalité et de fantaisie pittoresque?

Sur quelques points cependant , la tradition s^est conservée à peu près dans sa pureté primitive. Je citerai, entre autres, les enseignes de quelques charbonniers de haut parage, de la plupart des remplacements militaires , eniin des sages-femmes jurées , corps respectables qui demeurent fidèles aux vieilles coutumes et ne sacrifient point au papillotage artistique des pinceaux prétentieux. Il n'est personne qui n'ait admiré maintes fois ces charmants petits tableaux représentant un fort qui porte un saq énorme sur son large chapeau, une matrone qui reçoit et berce en ses bras un enfant emmaillotté ; ou bien ces toiles plus importantes, qui sont presque des tableaux d'histoire, et qui offrent tour à tour aux regards ; un superbe lancier à cheval; un conscrit faisant, au détour du chemin, ses adieux à la payse baignée de larmes ; un beau hussard frisant sa moustache de la

main (naiiclie et offrant galamment le brai droit à une jeune et rougissante cantinière; enfin utie mêlée fougueuse destinée à porter Tépouvanto dans le cceur du iils de famille . \

J'ai vu dernièrement dans la ruo Bcllecfaasso, à la porte d*un niai'chand de vin, le plus succuleat tro** pliée de jambons, vel'res, bouteilles , pâtés et gigbts, peints en un fouillis vigouretu, d*uno brosse franche et hardie qui semble dénoter la main d'un Rubens populaire. 11 y a encore les toiles des saltimbanques, dont j'ai parlé ailleurs. Si ce n'étaient ces derniers et vénérables vestiges , d'ici peu le peintre d^ enseignes deviendrait un vrai mythe. '

11 ne faut pas mépriser ces chefs-d'œuvre anon}meS| contre lesquels font rage le soleil, le vent, la pluie et les progrès du siècle. Hogarlh a fait des enseignes avant de peindre les Comédiennes ambtUanUi, Ho^ race Vernet en a fait aussi ; et n'est-ce pas Géricault dont on admire un cheval blanc & la devauttfro d'une auberge des environs de Paris?

Mais gardons-nous d'oublier les gravures de mode alignées derrière les fenêtres des tailleurs, et c|ui représentent de petits jeunes gens au profil corre^il» bien frisés , bien peignés , se tenant droits et foides dans leurs habits neufs; ou déjeunes dames souriantes « penchant la tête, arrondissant la bouche en cœur et minaudant à la façon d'une pensionnaire à marier qui débute dans le monde. Quant aux bustes de cire que j'ai contemplés bien des fois à travers les vitrages des modistes et des coiffeurs , jamais Pradier ni Canova n'ont fait de contours plus voluptueux, de formes plus arrondies , do galbes plus irréprochables. L*ApoUon du Belvédère n'a pas une chevelure si' soyeuse et si bien peignée, des yeux aussi langoureusement

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fendus, des dents et des ongles plantés avec celte proportion, cctle fçrdce, cotte symétrie. Ces bons* lionimcs de cire ou de papier font vraiment honte aux hommes de chair et d'os, bien que j'en connaisse queh|ucs-uiis parmi ces derniers qui seraient tout, à fait dignes, par la manière irréprochable dont ils mettent leur cravate et disposent Téiégant édifice d^ leur chevelure , de figurer au milieu des poupées rtp cire à la devantdre d'un coiffeur.

Que l'industrie humaine est ingénieuse pour attiror l'attention du passant ! Comme tous ces commerçant^ luttent d'efforts et de sagacité, rien que pour contraindre le regard indifférent à se fixer sur leur étalage ! Tantôt ce sont des moulins en papier peint qui touillent tout seuls, des automates aux mouvements rh^thmiquos et anguleux, — des barbiers do cartoii, par exemple, dont le rasoir passe et repasse sur le menton d'une pratique, ou bien un cordonnier frappant convulsivement de petits coups de marteau sur le soulier qu'il tiçnt de la main gauche. Tantôt c'est un trophée de mflchoires de tous les calibres et de toutes les puissances , qui s'ouvrent et se refermenl IcnUMncnt devant un triple cercle de gamins, de pro* vinciauv et de soldats atterrés d'admiration. Oh! les iniUhoircs ! \'y a-l-il pas quelque chose de profondément mélancolique dans ce mouvement continuel qui les fait s'escrimer h vide et recommencer sans cesse avec résignation ?

Kt pourtant, tout cela ne vaut pas encore les aflirhes : c'est dans celle partie jlottante et mobile qui s<> renouvelle sans cesse que triomphe le génie do rindustrialisme. I^i science de rafficho a atteint au* jniird hui des proportions jusqu'alors inconnues : elle esl arriiée à ce rare degré de perfection où Thabileté

devient de Tart. Et ici je no parle point de ces placards extraordinaires , miracles de patience , où des professeurs de calligraphie exécutent au trait les scènes les plus dramatiques des Enfants d'Edouard, et parviennent à représenter Napoléon à cheval , par une ingénieuse combinaison de lignes où se trouve dessinée et Tacontée en même temps son histoire. Non , je veux nie borner aux afOcbes ordinaires. Jusque où n*y a-t-on pas poussé F éloquence typographique , les séductions de la vignette , les fascinations de la couleur, usant des teintes les plus variées et les plus éclatantes pour prêter un appui perfide aux roses de la rédaction ! Combien de chefs-d'œuvre d'artificieuse éloquence , combinés par T esprit sagace d*un commerçant aux abois, le colleur placarde tous les matins et le chiffonnier enlève tous les soirs ! N'avezvous jamais rencontré de ces afûches intelligentes et animées , vrais tableaux de genre , qui vous arrêtent au passage par une pluie battante, au milieu de la boue et des passants , fussiez-vous en retard de dix minutes sur Thcure du dîner? Le moyen de passer indifférent devant de petits i^arrés de papier rouge ou d'immenses parallélogrammes de papier jaune qui vous crient tout à coup, au détour d'une rue :

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