‹ Ce qu'on voit dans les rues de ParisChapitre 26 sur 46 · DE LA POMMADE POUR LES FAIRE REPOUSSER · texte numérisé non relu

DE LA POMMADE POUR LES FAIRE REPOUSSER

iMais les colonnes d^Hercule de Féloquence typographique ont été atteintes , iUne de ces dernières années , par les afGchcs de deux maisons de confection rivales. L'une d'elles surtout arbora tous les deux jours, pendant un mois, d'incommensurables feuilles de papier qui pouvaient à peine trouver des murs capables de les recevoir, et où s'alignaient, en caractères hauts de six pouces , des proclamations pleines de fougue et d'enthousiasme. C'était le génie de la réclame, le feu sacré de la spéculation, faisant arme de tout, maniant tour à tour l'émotion et l'ironie, s'adressant à l'esprit et au cœur, criblant l'adversaire de mordantes épigrammes, et s' aventurant sans effroi dans les plus bibliques hyperboles. Le propriétaire de l'établissement, un grand homme qui

i9K CE QU'ON VOIT

avait fait fausse route, trouvait moyen de raviver sans cesse rattention blasée du public, d* endormir ses soupçons , de recommencer chaque fois à vaincre une défiance toujours en éveil et toujours rallumée. La veille on s^était déjà laissé prendre à une grande af- Wchcjawie qui débutait sur le ton lyrique pour finir p^r un aperçu du prix courant des articles d'été. Mais comment voulez-vous qu^on se défiAt^le lendemain, en se retrouvant en face d'une grande affiche rouge ^ commençant de la manière suivante : -

Page 1