LES CHALEURS COXTIXUEXT PLIS LONGTEMPS
et concluant tout à coup, après une page de prose folâtre, au moment où Ton ne s'y attendait guère, qu'il faut aller se munir en toute hâte de vêtements légers au bazar dont suivaient le nom et l^adresse?
D'autres fois, le rédacteur tirait ingénieusement parti des circonstances politiques qui occupaient alors tous les esprits, et des manifestes des opinions opposées. Choisissant habilement son exorde, il savait, — par une adroite disposition des mots , par le choix et l'arrangement dos lettres, dont les unes, presque împeiv ceptiblcs à l'œil nu , se dissimulaient dans les intervalles , tandis que les autres s'étalaient avec ampleur, — produire une combinaison perfide qui attirait forcément les regards. On approchait sans défiance, croyant lire un supplément à son journal , et on 8*apercevait trop tard qu'on était tombé dans un guetapcns.
Ce duel i\ l'aftlche dura long, à la jubilation des
amateurs qui formaient la galerie et qui ne se souvenaient pas d^avoir jamais rien vu de comparable, depuis les mémorables proclamations des luttes de la salle Montesquieu , délibérées en conseil des athlètes et rédigées par un gaillard qui était plus fort sur la boxe que sur la langue française. Cependant , je dois le dire , si ces dernières n^ avaient pas cette haute habileté typograpïïique , ce machiavélisme ingénieux, cette verve ardente et spirituelle , elles avaient du moins une candeur loyale et franche, une fierté pleine de rondeur et de bonhomie qui en faisaient des morceaux doués d'une saveur plus appétissante encore pour le palais d'un véritable gourmet. •
Quant aux : Changement de propriétaire, EmbeU lissements et améliorations;
Le public est prié de ne pas confondre la maison Dupont avec la maison Durand;
Rabais de 50 pour cent sur le prix de vente, pour cause de liquidation forcée ;
Le propriétaire des bains.. . croit devoir avertir ta nombreuse et brillante clientèle, etc.
C'est TA B C du genre , «t le moindre collear. sait tout cela sur le bout du doigt.
Pourquoi suis-je forcé de m'arrèter ? J*ai encore en portefeuille de si jolis échantillons ! Mais on n'au* rait jamais fini : Paris n'est plus guère aujourd'hui qu'un immense mur à affiches, constellé^ depuis les cheminées jusqu'aux trottoirs , de carrés de papier de toute couleur et de tout format,* sans parier des simples inscriptions;, qui néanmoins ont souvent. leur mérite.
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