MARINE MILITAIRE
Par habitant
fr.
Par tonne transitant et par habitant
fr.
Sous la réserve de la remarque générale, faite plus haut, concernant l'importance à attacher à l'élément que nous considérons ici, on observera que la Norvège et l'Allemagne sont en très bonne place sur ce tableau, sans qu'aucune coJonie les y prédestine. Il en est de même de 1* Autriche-Hongrie; pour cette dernière, le transit par habitant est faible, en raison de la médiocrité relative de sa marine ; mais ce transit est très notable en valeur absolue, ainsi que par rapport au nombre de tonneaux puissances-vapeur possédés.
Mais par dessus tout, on constatera, d'une manière analogue à ce qui a été suggéré par les tableaux précédents, que les dépenses militaires s'inscrivent sur ce tableau dans l'ordre le plus capricieux.
Ainsi, de quelque manière que l'on compare les budgets des marines militaires à l'importance du commerce maritime, on parvient à cette conclusion, qu'il est impossible d'affirmer qu'aux grands armements maritimes doivent nécessairement correspondre les grands trafics. Et il était bien aisé de prévoir qu'il en serait ainsi, puisque le développement et la protection du commerce maritime ne sont que le prétexte des dépenses militaires, causées en réalité par les vieux préjugés de la mégalomanie politique et coloniale.
On trouve, dans les intéressantes brochures que publie en Angleterre le Comité contre F accroissement des armements (1), d'intéressants arguments contre le préjugé qui veut qu'une puissante marine de guerre et la possession d'un grand empire colonial soient indispensables au développement du commerce extérieur.
Les dépensés maritimes de la Grande-Bretagne se sont accrues, depuis un demi-siècle, presque trois fois plus vite que sa population, comme le montre le tableau VIII.
(1) Empire, Trade and Armaments. — The Rally against jingo Impetia^ U$m» — Londres, Bonner, 1896.
Tableau VIII
Progressdon des dépenses pour la ilotte anglaise
Habitants ^millions)