‹ Ce que coute la paix armée et comment en finirChapitre 6 sur 23 · DE LA MARINE MILITAIRE · texte numérisé non relu

DE LA MARINE MILITAIRE

en 1897

Par habitant

fr.

Par tonneaupuissancevapeur et par habitant

fr.

(a) 6,23, en défalquant le coût des troupes de la marine (dépense coloniale). (6) 406,78 sans les troupes de la marine.

(1) On remarquera que ce'dernier coefficient aurait pu s'obtenir en divisant le budget par le tonnage net, c'est-à-dire qu'il représente simplement le budget de la marine militaire par tonneau de la marine marchande. Si, en effet, aux notations précédentes, on ajoute la lettre t pour désigner le

tonnage net de la marine marchande on a : -:-==•;

Ici, en vérité, on peut dire que les conclusions des niili* taristes doivent être retournées. A quelques exceptions près, plus est grande, dans un pays quelconque, la puissance de transport par habitant, et moindre est la dépense correspondante pour la marine militaire. L'exception la plus notable est tournie par la Grande-Bretagne, seconde pour les transports, et cinquième seulement pour la dépense militaire ; et encore cette dernière est-elle relativement faible par rapport à la puissance totale de la marine marchande (je ne parle pas de TAutriche-Hongrie, que sa situation géographique ne destine, sur mer, qu'à un [rôle tout à fait secondaire). Mais que dire de l'utilité commerciale des formidables dépenses militaires de l'Italie, du Portugal, de la France, de la Russie ?

Il serait intéressant d'étudier de même le mouvement des ports des divers pays, dans ses rapports avec les dépenses occasionnés par les flottes de guerre. ...

Malheureusement, les données fournies par les auteurs cités plus haut ne sont pas comparables entre elles. Tantôt le mouvement des ports est exprimé entonnes métriques brutes, tantôt en tonnes nettes, tantôt au moyen de quelque autre unité. Et comme il arrive que les auteurs liè précisent pas ce point si important, il est plus prudent de ne pas établir une comparaison générale qui pourrait être fortement erronée.

Par contre, le trafic du canal de Suez peut nous fournir, sous certaines réserves, un intéressant élément de comparaison.

On en trouvera plus bas le détail, pour cette même année de 1897, par pavillons, et en tonneaux nets. V Annuaire de V Economie politique et de la statistique, auquel- je l'emprunte, ne distingue par les navires en voiliers et en vapeurs ; mais il n'y a pas lieu de remplacer ici le tonnage net par le tonnage idéal défini plus haut, puisqu'il ne s'agit pas d'évaluer des capacités éventuelles de transport, mais des transports réellement effectués.

Comme précédemment, je rapporterai les divers trafics aux populations respectives, et déterminerai ensuite la dépense'

l3Ciilitaire correspondant au tonnage que chaque habitant fait passer par le canal.

Assurément, il ne faut pas tirer de là des conclusions trop absolues. Une nation peut avoir un commerce maritime très considérable, sans avoir besoin d'utiliser le canal de Suez : tels les pays de l'Amérique. C'est pourquoi j'ai essayé de mieux faire ressortir l'importance propre de cette route (résultant de la situation géographique d'une nation par rapport à ses intérêts d'outre-mer),en rapportant, dans la troisième colonne du tableau qui suit, les divers transits par Suez aux nombres de tonneaux-puissance-vapeur possédés par les nations correspondantes.

Voici à quoi on arrive ainsi, les États étant rangés par ordre de transit par habitant :

Tableau VII Transit par le canal de Suez, et Marine de guerre

PAYS

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