LES GUERRES D'ITALIE
Jeanne d'Arc, ces noms ne seront jamais oubliés. La France doit à ces héros la vie et l'honneur, l'exemple du dévouement et du désintéressement. Qui oserait renier ces gloires nationales, prototypes de tant de vertus ?
Louis XI fut un roi à la fois rude et matois, qui acheva, par la diplomatie et le calcul, ce que les armes avaient commencé. Sa physionomie de bourgeois réaliste et a gaigneur » clôt l'histoire, du moyen âge.
Après lui, c'est la France moderne, c'est la Renaissance. Les premiers temps de cette ère nouvelle furent marqués par les guerres d'Italie.
On peut se demander et on s'est demandé si ces guerres n'ont pas été plus funestes qu'utiles à la France. En fait, elles ne nous ont rien rapporté dans la péninsule, mais, en France même, elles ont provoqué incontestablement l'annexion des provinces du sud-est : la Provence, Arles, Avignon, Nice, la Savoie. D'autre part, elles ont écarté de l'Italie une double domination qui eût toujours été menaçante pour la France, celle des Allemands d'Autriche unis aux Espagnols. Le plus grand péril que puisse courir un pays c'est d'être entouré, sur toutes ses frontières à la fois, par un seul et même adversaire dont les mouvements coordonnés peuvent l'enlacer et l'écraser d'un seul coup. Cela faillit se produire au moment où la domination austro-espagnole ne fit plus qu'un empire, par l'héritage de Bourgogne, depuis les Flandres jusqu'à la Méditerranée. Ainsi s'expliquent les guerres d'Italie. La France enfonça ses armées comme un coin dans le cercle formidable qui l'entourait.
Tout à l'heure, elle luttait contre le Nord anglais : maintenant, elle se retourne vers le Midi espagnol, autre duel, et qui, celui-ci, depuis l'entrée de Charles VIII en Italie, jusqu'à la mort de Louis XIV, dura, non pas un siècle, mais plus de deux siècles; on pourrait l'appeler « la Guerre de deux cents ans ». Guerre en apparence offensive, mais en réalité défensive, par une nécessité urgente d'échapper au terrible enlacement.