CIVILES
tam et, tandis que 1 hspagne, le Portugal, d'abord, puis l'Angleterre, la Hollande fondent partout des dominations durables, les comptoirs français ne présentent qu'une esqviisse, une ébauche disséminée et comme émiettée sur tous les rivages de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique. Ce sont des semences d'empire, mais ce n'est pas un empire.
Heureusement, par le ressort naturel à cette race, aux périodes d'abaissement succèdent soudain des périodes de relèvement. Richelieu a dit : « Le propre du caractère français c'est que, ne se tenant pas fermement au bien, il ne s'attache non plus au mal. » Il en fut ainsi, quand le règne de Henri W eut mis fin aux guerres de religion et, sous le ministère de ce même Richelieu, la France, qui achevait son unité territoriale et affirmait sa prépondérance en Europe, reprenait, au loin, l'œuvre , d'expansion et de colonisation.
CHAMPLAIN La plus grande figure de
ET LE CANADA. notre histoire coloniale, dans le passé, est celle d'un contemporain de Richelieu, Champlain. Il fut le véritable fondateur du Canada et il avait conçu un plan aussi vaste que judicieux qui, en réunissant notre colonie de la Louisiane à celle du Canada par le Mississipi, eût assuré l'influence française sur l'immense contrée qui est^ devenue, maintenant, la République des États-Unis. Mais le gouvernement central, absorbé par la lutte contre la maison d'Espagne, ne put seconder ses efforts.
COLBERT. Cependant la volonté éner-
gique de Richelieu sut assurer à nos colonies d'Afrique et d'Amérique un premier essor qu'a-
cheva bientôt \j. vigilance de Colbert. Au cours des guerres qui désolèrent trop longtemps le règne de Louis XIV, Colbert seconda toujours le génie audacieux de nos « capitaines de la mer » et, à la fin du .xvii= siècle, fa France avait acquis un empire colonial, un peu dispersé peutêtre, mais qui n'en assurait pas moins des débouchés importants et une richesse croissante à notre pays, délivré ainsi de l'étroite prisor. européenne.
LE PREMIER Le Sénégal, Sierra-Leone
^^i^.xe^^^^^^ et la Côte d'Ivoire, l'Ile FRANÇAIS. Bourbon (La Réunion) et
l'île Maurice en Afrique, les établissements des Indes en Asie, ceux des Antilles, de la Guyane, la belle colonie de la Louisiane, et la colonie plus belle encore du Canada, tels furent les points où s'exercèrent dès lors, dans le monde, les aptitudes des Français à la colonisation. Si l'on pouvait raconter l'histoire de ces établissements, que d'actes de vaillance, d'abnégation, d'ingéniosité, d'héroïsme on y rencontrerait ! Chaque motte de terre est acquise au prix d'une goutte de sang. La vie des Robinson Crusoé et des Robinson Suisse n'est qu'un faible décalque de ces existences héroïques et des premiers labeurs qui présidèrent à l'expansion sur ces terres lointaines, hostiles à l'immigrant.
Enfin, cette persévérance fut couronnée de succès. Vers le milieu du xviii^ siècle, le commerce des colonies françaises, le a commerce des Iles », comme on disait alors, était en pleine prospérité. Le mirage de l'enrichissement par les colonies fut tel qu'un célèbre aventurier écossais, maître un moment des finances françaises, Law. appuya sur la prévision d'un développement plus grand encore, son fameux a système». Il admettait, en somme, qu'un jour, les colonies subviendraient aux finances obérées delà mère-patrie.
Il folluten
rabattre.
Après un demi-siècle d'une magnifique efflorescence, les malheureuses guerres du règne de Louis XV saccagèrent un domaine si chèrement conquis. Ce fut alors que la France perdit les deux fleurons de sa couronne coloniale : le Canada, qu'on ne voulait plus considérer que comme de «mauvaisarpents do neige», et surtout les Indes où s'étaient vainement prodigués le génie de Dupleix et la vaillance de La Bourdonnais. Malgré tout, le « commerce des Iles » reprit, à la fin du xviii« siècle; et, à la veille de la Révolution, les colonies françaises enrichissaient la mère-patrie et présentaient, ellesmêmes, un spectacle de prospérité et de bonheur dont le tableau idyllique a été retracé dans le chef-d'œuvre de Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Fh-ginie, qui reste, en somme, le plus célèbre roman colonial de langue française.
IL S'ECROULE AU XVine SIÈCLE.