L'EMPIRE AFRICAIN
S'ouvrant sur la Méditerranée par les deux portes de l'Algérie et de la Tunisie avec des ports comme Oran, Alger, Bizerte, Tunis, il s'accroît du Maroc, sauf la région méditerranéenne, reconnue à l'Espagne. De là, contournant la côte occidentale, il gagne l'Adrar, puis s'ouvre une autre porte par notre vieille colonie du Sénégal, avec ses annexes du Fouta-Djallon etla Casamance ; deux autres portes sont réservées plus au sud, sur la côte de Guinée, par la côte d'Ivoire et par le Dahomey ; enfin, l'ancienne colonie du Gabon, devenue la domination du Congo, offre une quatrième issue. Par l'intérieur, tous ces territoires se rejoignent, communiquent, ayant pour centre Tombouctou, arrosés par des fleuves magnifiques comme le Sénégal et le Niger, le Congo, la Sangha, l'Oubanghi ; soumettant les populations les plus diverses, depuis les pasteurs arabes, les agriculteurs kabyles de l'Algérie et du Maroc, jusqu'aux caravaniers du Mossi et du Bornou et aux soldats du Soudan oriental.
Ainsi, une domination complète, bien harmonisée et solidement définie par les conventions qui la délimitent, portée sur le Niger par Binger, sur le Tchad par Lamy, jusqu'au Nil par Marchand, sur le Congo et l'Oubanghi par Brazza, sur l'Atlas par d'Amade, L5'autey, Monier, s'appuyant sur des établissements déjà anciens et éprouvés, recrutant, pour se défendre, ses propres soldats, — les plus vaillants et les plus disciplinés du monde, — offrantà l'exploitation toutes les richesses tropicales et équatoriales, faisant front, comme la mère-patrie elle-même, à la fois sur la mer Méditerranée et sur l'océan Atlantique, cette domination est le couronnement des longs efforts coloniaux qui forment une des plus persévérantes manifestations de l'activité française.