L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE
L'Assemblée constituante entreprend, de bonne foi, la refonte générale du royaume. Mais les passions sont soulevées. La cour essaye d'organiser la résistance. Paris s'ébranle. Prise de la Bastille; le roi ramené à Paris. Louis XVI, dont on soupçonne les relations avec l'étranger, essaye de fuir. Les dispositions sont aussi mal prises pour le départ qu'elles l'avaient été pour la répression. Louis XVT est arrêté à Varennes. Un désordre aff"reux se répand dans le pays. Les pouvoirs anciens étant périmés, les pouvoirs nouveaux à peine constitués, l'anarchie est partout; en même temps, la misère, la famine, la crainte. Tout est en suspens, tout est en alarme. L'armée est divisée : on s'était battu à Nancy régiments contre régiments. Les officiers tirent l'épée, les uns contre les autres. La noblesse a émigré; elle va fomenter la haine de la France à l'étranger.
L'ennemi guettait les malheurs d'un pays dont la grandeur avait lassé le monde et dont l'exemple était redoutable aux monarques. La Belgique, la Pologne s'étaient soulevées et donnaient prise aux revendications des puissances. Celles-ci avaient les mains teintes du sang de la Pologne : une nation de plus à exécuter; et la France ! Double profit. Par la convention de Pillnitz, la Prusse et l'Autriche s'entendent pour envahir le pays si Louis XVI n'est pas remis en liberté et les émigrés réintégrés (août-septembre 1791). La France est traitée comme rebelle à l'Europe. L'Assemblée se hâte de voter une constitution et elle se dissout. Ces
LE CHANT DU DEPART (Groupe de Rude — Arc de Triomphe de l'Étoile.) (t'hoto Bachetle.)
L'Age politique et juridique
grandes choses se sont accomplies en deux ans et trois mois.