‹ Ce que dit la musiqueChapitre 18 sur 103 · AIR DE STRADELLA · texte numérisé non relu

AIR DE STRADELLA

Le grand air de Stradella est bien le plus étrange alliage d’amour profane mêlé au chant d’église. On se souvient de la tragique aventure : Alexandre Stradella, musicien à la voix merveilleuse , enlève une jeune Vénitienne noble ; le père outragé solde des assassins qui vont le frapper au moment où il chante un de ses plus beaux oratorios. Légende ou vérité, tout le drame apparaît dans ces accents pathétiques et passionnés. La vieille basilique de Saint-Jean de Latran surgit dans son vaste cadre solitaire, en face des montagnes de la Sabine et d’Albe; la mélancolie des ruines, la mal’aria de la Campagne romaine souffle autour de ces murailles. Là, sous les voûtes de la cathédrale, s’élève la voix passionnée, jeune, éloquente, douloureuse, de Stradella. On lui demandait de célébrer l’Éternel, de proclamer son règne sur la terre et dans les cieux, de pleurer le

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