Lettre à M. Bernard Lavergne, 3 avril 1855, 1.1, p
TCHATKOWSKY. — LISTZ. — RAFF
Un morceau de Tchaikowsky, inspiré par les chants nationaux, exhale la plainte du vent à travers les steppes et le gémissement de la servitude d’un peuple mort-né.
Dans la composition de Listz, Rhapsodie hongroise, on voit aussi deux pensées, un chant national, puis des effets d’écho. Je ne m’arrête pas aux tours de force de l’exécution ; le ballet, la maestria d’une Taglioni peuvent seuls entrer en parallèle avec les prouesses du pianiste.
Je constate, en passant, la beauté d’une symphonie de Raff entendue au Conservatoire : La Forêt . Pourquoi ce titre? Je n’ai pas la sensation d’une musique sous les arbres. La Rêverie, voilà je crois le titre qui conviendrait à cette symphonie; d’ailleurs c’est la seconde partie seulement qui a été exécutée. Pas de mélodies, mais un agencement très harmonieux de beaux sons.
Le morceau suivant de Raff, intitulé Danse des Dryades, rappelle la manière aérienne de Mendelssohn.