‹ Ce que dit la musiqueChapitre 46 sur 103 · OUVERTURE DE FIDERIO, DE BEETHOVEN · texte numérisé non relu

OUVERTURE DE FIDERIO, DE BEETHOVEN

Écoutez seulement : cette Ouverture décrit bien tout cela, constance dans l’adversité, piété, héroïsme.

Il y a là comme un récit des nobles actes qui ont amené la dure épreuve, qui ont précipité le prisonnier dans l’infortune.

Ce qui me déroute, ce sont les passages sotto voce , un peu avant le triomphe final. Mais ne demandons pas au musicien la logique du philosophe. Souvent il se préoccupe, comme le peintre, uniquement de l’effet; il sacrifie le vraisemblable à l’éclat. Tel passage sombre, défaillant, n’aura parfois d’autre raison d’être que de faire ressortir la vie et la puissance harmonique.

Cette trompette qui présage la délivrance, ce clairon de la victoire précède un chant sublime et vient couronner une succession de mélodies admirables.

C’est une grande paix que de pouvoir se dire : Un temps viendra où les intelligences, élevées à un niveau supérieur, comprendront les génies méconnus aujourd’hui, comme Beethoven le fut pendant sa vie et longtemps après sa mort. Beethoven popularisé chez nous par les concerts Pasdeloup, Colonne et Lamoureux, est un de ceux qui communiquent la santé morale, le rajeunissement d’esprit, la noblesse des pensées, ne fût-ce que pendant deux heures le dimanche.

N’est-ce pas assez pour le bénir?

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