OUVERTURE DE FIDELIO, DE BEETHOVEN
L’ouverture de Fidelio me semble aussi belle que les Symphonies de Beethoven (je parle du n« 3 en ut majeur). Elle a enthousiasmé la salle entière; on a réussi à la faire bisser et j’ai eu le bonheur de l’entendre deux fois.
Quelle jeunesse immortelle dans ce chef-dœuvre. Dans cent ans comme aujourd’hui, sa beauté sera la même. Je ne connais pas le sujet de Fidelio. Le grand proscrit me dit un jour, en me montrant un autre vieux proscrit : « Il ressemble à un des prisonniers dans Fidelio. » Sur cette simple parole, il y a trente ans, j’ai suivi
tout à l’heure le développement de l’idée : l’infortune de
la captivité, les gémissements, les rares lueurs d espoir. Puis, au fond du noir cachot, des pas qui annoncent la délivrance. Enfin les fanfares de la victoire, la liberté!