ROMANCE EN FA, DE BEETHOVEN
Beethoven, et dites si ce n’est pas un fantôme harmonieux qui exhale son amour.
La simplicité qui renferme l’infini dans le Beau et le Bien, tel est le caractère du vraie génie.
Sans doute il y a des inspirations plus suaves que celle de la Romance en fa ; c’est le dessin d’une violette. Mais voyez les développements : dans une des variations il y a un Staccato si original que Beethoven y apparaît sous un jour nouveau.
Encore une fois, ce sont des êtres immatériels qui chantent et conversent avec la nature, mieux que l’oiseau, plus incorporels que les musiciens emplumés, ailés, mais avec le même gosier délicat et la même fraîcheur de voix.
Il en est de la mélodie comme du dessin : un trait pur et net est plus rare que la science de l’ombre dont on abuse de nos jours. L’ombre sert à noyer le dessin défectueux; l’indigence d’une composition musicale sera noyée par des ombres harmoniques. La mélodie, qui est le trait pur, se suffit à elle-même. Ainsi le crayon de Flaxman produit des chefs-d’œuvre de délicatesse.