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MESSE EN UT, DE BEETHOVEN

l’Éternel accueille l’àme qui balbutie la langue des cieux. Les anges et les archanges chantent avec toute la puissance d’une harmonie souveraine, tandis que la voix isolée n’a pour elle que sa candeur, sa ferveur, ses aspirations. Elle est là devant le tribunal divin, mettant sa vie à nu devant le Juge suprême. Vie traversée de plus de larmes que de sourires ; souvent larmes saintes qui lavent comme les eaux du baptême les imperfections humaines.

Beethoven seul peut vous entraîner à ces rêves, à ces coups d’ailes dans les régions infinies.

Les masses chorales, les masses instrumentales forment un ensemble d’une majesté incomparable. Les voix de basse parlent des profondeurs de la terre; la scène ne se passe pas uniquement au plus haut des cieux; c’est un épisode de poème qui n’a pas été écrit par Dante.

L’église était remplie d’une foule remuante, distraite. Heureux l’oiseau entré tout à l’heure par la baie ouverte et qui se perche là-haut sur ce chapiteau de colonne, bien au-dessus de tant d’indifférents, indignes d’entendre cette œuvre sainte.

Essayons pourtant de nous recueillir. Les voix de l’Empyrée répondent à celles qui gémissent dans les caveynes. Puis encore le silence, celte suspension de vie. Ces intervalles ont tant de solennité !

La troisième partie commence par les violoncelles et les basses qui décrivent de véritables orbes musicales.

L’orgue intervient, les voix aiguës d’en haut se marient aux voix si graves d’en bas. On dirait que l’interrogatoire céleste continue; la meme phrase revient par les violons, les questions sont répétées en octaves. Enfin le tonnerre de l’orgue met tin au dialogue.

Voici maintenant une autre partie.

Après un thème angélique, chant de paix et de bonheur, des voix s’élèvent des sombres profondeurs; elles sont suivies d’une grande rumeur. Après quoi un Chœur formidable éclate renforcé par l’orgue et par tous les instruments.

Une grande fresque de Michel-Ange peut seule donner l’idée de celte vaste conception musicale; les innombrables figures ne sont que les accessoires groupés autour d’un type de beauté et de génie.

Et pour finir, voici une course échevelée de fugues dans le style de Bach.

A l’Offertoire on entend un chant plaintif, mélodieux, Est-ce Beethoven? Non, c’est la composition de Sivori, elle est bien dans l’esprit de l’œuvre; son violon rivalise avec les voix des anges.

Le Sanctus inlercalé dans la messe est de M. Cohen, Ce Sanctus est vraiment très majestueux, plein d’harmonie .

Le violon reprend un thème délicieux et les instruments divers répondent. La simplicité exquise de ce chant me fait deviner que cette fois c’est du Beethoven. Et la Messe continue et se termine avec une grande pompe orchestrale, avec une splendeur inconnue aux

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