‹ Ce que dit la musiqueChapitre 65 sur 103 · MESSE EN UT, DE REETHOVEN · texte numérisé non relu

MESSE EN UT, DE REETHOVEN

religions officielles. Beethoven a entrevu le vrai culte dans ses visions de prophète.

Qu’on est heureux de connaître une œuvre sublime! c’est recevoir un diplôme de noblesse. Mieux encore, c’est faire un pas en avant dans les régions immortelles de la gloire pure; il en reste un reflet dans le cœur, dans l’esprit, comme après une lecture de Corneille.

Ita missa est ! La foule se précipite vers les portes, pendant que l’orgue entonne une Marche qui réveille des facultés d’admiration bien différentes, terrestres, temporelles. Cette somptueuse, éclatante Marche, déploie à profusion l’or et l’hermine, la pourpre et les lapis d’Orient devant un trône scintillant de pierreries ; la couronne massive, le globe de l’Empire incrustés de joyaux, les feux des diamants, les hérauts d’armes, toute la pompe du sacre de Charlemagne éclate dans celte Marche de Meverbeer.

LA MISSA SOLEMNIS, DE BEETIIOVEN

La Missa solemnis est l’œuvre de Beethoven sur laquelle il voulait être jugé. On la met en parallèle avec la Neuvième Symphonie .

Il y a autant de différence entre ces deux créations colossales qu’entre la Critique de la raison pure de Kant et les Dialogues de Platon. Celte comparaison même n’est pas exacte, car ces deux œuvres appartiennent à la philosophie, tandis que la Symphonie avec Chœurs est d’un caractère absolument opposé à la métaphysique. La Symphonie avec Chœurs est une cosmogonie poétique.

Il est plus difficile de définir le caractère de la Missa solemnis . La forme seule appartient à la liturgie catholique ; le fond, c’est le credo philosophique de Beethoven.

Jamais le génie humain n’approcha de si près les mystères insondables de la vie éternelle. Tout est immaté-

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