‹ Ce que dit la musiqueChapitre 70 sur 103 · ORPHÉE, DE GLUCK. — CAMPRA · texte numérisé non relu

ORPHÉE, DE GLUCK. — CAMPRA

Le fragment symphonique à!Orphée, de Gluck, l’entrée d Orphée aux Champs-Elysées, musique douce, reposante, était la bienvenue après la Cantate solennelle de Mendelssohn.

Voilà de ces contrastes nécessaires et heureusement choisis.

Cette mélodie délicieuse est la plus victorieuse réfutation de ce que La Harpe dit de Gluck.

En relisant ce passage on voit bien que La Harpe est Picciniste.

Du reste, Gluck, dans cet air : J'ai perdu mon Eurydice, représente lui-même la Mélodie et non pas le chant parlé.

Quel triomphe pour la flûte de Taffanel! Il est difficile de croire que les bergers du temps de Pindare, d’Euripide ou de Théocrite aient jamais tiré de leurs

flûtes d’ébène ou d’ivoire des sons enchanteurs pareds.

Après l’admirable solo de flûte, l’orchestre reprend la cantilène gracieuse et plaintive, d’un caractère un peu xvm e siècle, qui fait d’autant plus ressortir le dessin antique si pur de la mélodie.

Je dirai peu de choses de Campra, dont la Société des Concerts a voulu nous donner un spécimen.

Les Fêtes vénitiennes débutent avec une certaine couleur locale, mais bientôt le naturel est étouffé sous la convention. Costumes et perruques du temps, fard, mouches et force poudre de riz. Plus de musique, de la musiquette. A peine quelques effets d’harmonie, des airs de vielle. El cependant il y a une tentative très réussie de musique imitative, admirablement rendue par les violons, le frémissement d’ailes des papillons, avec des passages solfiés chantés à ravir.

Charmant papillon, que ne puis-je suivre tes

traces !

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