PROMÉTHÉE, DE BEETHOVEN
Le pauvre grand homme réduit par les infirmités corporelles à se renfermer en lui-même, s’exhale dans ces chants divins avec une grâce, une délicatesse, qui font de Prométhée un chef-d’œuvre.
Écoulons encore ces arpèges aériens exécutés par les harpes; la flûte, puis les hautbois les reprennent, tous les instruments alternent et complètent cette mélodie descendue de l’éther, répétée par les flots. La profondeur des mers renvoie au ciel l’écho de ces modulations. Écoutez les soupirs des Ondines à la fin de la première partie, encadrés par les arpèges. Quelle trouvaille! quelle ingénieuse distribution d’instruments! Les flûtes pour les nymphes, les violons et les altos pour les tritons et autres personnages marins. Enfin, la basse joue un thème superbe. Est-ce la voix de l’Océan?
Divers instruments répètent ces phrases solennelles.
Mais l’enchantement commence à Y Adagio ; il y a un passage où l’on entend positivement les pleurs de compassion des Ondines. Le chant des basses semble une action de grâce.
On dirait que Beethoven a pressenti la délivrance de Prométhée par l’archange, ainsi qu’Edgar Quinet l’a imaginé dans son Poème.
Je crois entendre aussi le duo vraiment divin entre le Titan délivré et son sauveur.