‹ Ce que dit la musiqueChapitre 80 sur 103 · MORALISATION PAR LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

MORALISATION PAR LA MUSIQUE

criards, de tendances extravagantes. La cacophonie remplacerait la symphonie.

Il y a un instinct très juste dans une foule réunie pour juger une œuvre. Individuellement, isolément, la plupart des auditeurs seraient peut-être inhabiles à discerner le vrai ; mais de quel entraînement soudain la masse du public n’est-elle pas capable quand une étincelle a jailli d’un cœur inspiré! On applaudit avec frénésie; à un signal électrique l’auditoire enthousiasmé comprend et admire.

Ces concerts du Châtelet, du Cirque d’Hiver, du Cirque d’Été, sont des antidotes contre l’action délétère de la basse littérature. Je pense à tant de journaux à un sou, soi-disant populaires. Bonnes femmes revenant du marché, apprentis de seize ans sortis de l’atelier, à demi couchés sur les bancs de la place, jeunes et vieux, tous dévorent le feuilleton immonde, qui ne les entretient que de crimes et de souillures, et leur brûle le cerveau dans cette minute accordée au repos.

En littérature, au théâtre, il y a comme un mol d’ordre, un engagement tacite, une émulation à qui réussira le mieux dans l’art de dégrader et d’abrutir les intelligences les plus richement douées sur la terre. C’est à qui se surpassera en images dépravées dans ces publications honteuses, empoisonnées.

Ah! multipliez les concerts populaires M Rendez-les accessibles aux déshérités ! Les ignorants comprendront

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