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POUR LES PAUVRES, S'IL VOUS PLAIT

pense pourtant pas que vous en ayez rencontré beaucoup de celte espèce...

Madame X... — C'est précisément parce qu'ils n'ont jamais existé qu'ils me plaisent. Si je les rencontrais vivants, je m'en éloignerais avec horreur...

FoLLEuiL. — Merci !

Madame X... — On va avoir besoin de moi pour la vente...

FoLLEUiL, la faisant rasseoir. — La vente... Quelle farce!... On ne vend pas un objet par quart d'heure... Écoutez-moi olutôt... Croyez mon expérience...

Madame X... — Vous avez tort, Folleuil, de parler toujours comme ça d'expérience, surtout depuis que vous m'avez oit que vous avez quarantetrois ans, ça me jette un froid...

Folleuil. — Saperlotte ! je n'avais pas besoin de ça ! Voyons, causons sérieusement. Je vous aime...

Madame X... — Vous l'avez déjà dit...

Folleuil, énervé. — Oh !

Madame X... — Ce que vous faites est absolument ridicule; vous offrez à la baronne d'aider à notre boutique, elle accepte, et puis vous plantez tout là... et non seulement vous plantez tout là, mais vous m'entraînez à en faire autant...

Folleuil. — Si je pouvais vous entraîner à autre chose...

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Madame X... — Si l'on avait prévu votre manière de faire, on aurait pris Xaintrailles qui avait demandé aussi à nous aider... On a refusé parce qu'on craignait l'encombrement...

FoLLEUiL. — Il n'aurait plus manqué que cela! Xaintrailles ! c'était un truc pour se rapprocher de vous. Il vous fait la cour, l'animal!...

Madame X... — Je ne suis pas seule dans cette boutique...

FoLLEUiL. — Allons donc 1 vous n'allez pas me dire que c'est pour la baronne, n'est-ce pas... ni pour madame de Vyelgarde ! ils sont brouilles depuis dix ans, après avoir été au mieux...

Madame X... ~ Il y a les petites de Rirfray...

FoLLEUiL. — Ça ne compte pas". Il n'y a que les gens finis qui s'occupent des jeunes filles...

Voix DE LA baronne. — Madame X...? Où donc est madame X...?

Madame X... — Là! Voyez-vous ce que je disais, on me cherche!... C'est absolument ridicule...

FoLLEUiL. — Allez-y. Moi je rejoindrai tout à Theure...

La baronne. — C'est M. de Fryleuse qui veut une épingle à pantin; où donc les avez-vous mises?...

Madame X..., bouleversant tout. — C'est incroyable, je ne puis pas les trouver; elles étaient pourtant là tout à l'heure. Voulez-vous à la place la

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salamandre de François I"? c'est très gentil... Vous ne voulez pas?... Que je vous donne ce que je voudrai? Voilà une petite boîte à musique qui joue des valses... Ça vousconvient-il.^.. Non?... Cette fleur? Mon bouquet de corsage?... Ah! maisl... Et puis il faut demander à la baronne, elle ne veut pas qu'on vende des choses comme ça...

FoLLEuiL, qui a reparu apportant une pile de petits cartons. — Je suis préposé aux paquets, moi, à présenti aux paquets délicats que les domestiques ne savent pas faire. [A un monsieur qui lui tend un énorme ballon.) Vous voulez que je mette un papier autour de ça! Mais, monsieur, ce sera bien plus laid ; comme ça au moins, on voit ce que c'est... Vous préférez un papier? alors, passez au lond. [Une dame passe un petit coussin de peluche parfumée.) Désolé, madame, mais je n'ai pas un assez grand carton. (// appelle un domestique.) Prenez et emballez ce coussin. {Grommelant.) Ils sont odieux avec leurs colis!...

Madame X... emballe une épingle à tête de perle pour un monsieur qui attend en la dévorant des yeux.

FoLLEuiL, agacé. — Vous ne savez pas du tout emballer ça... Voulez-vous me laisser faire? (// défait le papier.) C'est mal arrangé, cela, ça n'a pas de mine... tandis que comme ça, est-ce assez

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gentil? On dirait un petit paquet de pharmacien... [Le monsieur attend, profondément énervé, que ce soit terminé. Quand Folleuil a fini de fignoler son petit paquet, il le lui remet accompagné d'un gracieux sourire.)

Madame X... — Il était bien assez bien comme je le faisais, ce paquet; il n'allait probablement pas au bout du monde avec sa perle, ce monsieur?

Folleuil. — Non, il était vissé devant vous. Si vous croyez que c'est amusant de voir tous ces crétins-là vous examiner comme s'ils allaient vous manger I

La baronne. — Monsieur de Folleuil, voulez-vous me passer vos ciseaux?...

Folleuil. — Mes ciseaux? avec plaisir, madame, avec le plus grand plaisir... Seulement le tout est de remettre la main dessus, et pour le moment.,,

La baronne. — Comment! mais il ne faut pas les quitter, vos ciseaux, sans cela ce sera toujoursainsi...

Folleuil. — Pardon, mais il faut cependant les poser, lorsqu'on ne s'en sert pas...

La baronne. — Ils ont une ficelle, c'est pour les pendre aa cou.

Folleuil, ahuri. — Au cou! Ah bien, non, par exemple!... [La baronne s éloigne.)

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Madame X... — Cette pauvre femme, personne ne l'aide. Où sont les petites de Rirfray?

FoLLEuiL. — Est-ce qu'on le sait?... Chacun vient ici avec une arrière-pensée, voyez-vous. Les pauvres , •'ont le prétexte à faire librement ses petites affaires... Les petites de Rirfray cherchent des maris qu'elles ne trouvent pas vite; madame de Vyelgarde cherche des amants qu'elle trouve toujours, qu'elle retrouve même, le plus souvent... La baronne veut que sa boutique gagne plus d'argent que les autres, elle sortira de sa poche ce qu'il faudra pour dépasser les voisines, bien juste, il ne faut rien gaspiller sans profit, mais enfin elle dépassera. Je suis, moi, ici pour vous, et vous y êtes pour tout le monde. Est-ce vrai? Avez-vous beaucoup pensé aux indigents quand vous avez commandé cette robe qui vaut à elle seule plus que tout ce qui est dans la boutique? Ah! les pauvres pauvres, iis ont Don dosi

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