UNE HEURE — DANS LES CHAMPS-ELYSEES
Une dame et un monsieur, dans un landau superbe. Lui, gros, court, commun, l'air agacé; elle, ravissante.
La dame. — Les Champs-Elysées sont déserts C'est absolument ridicule de partir à cette heureci ; il n'y a que nous!,.. Je n'ai pas eu le temps d'achever de m'habiller...
Le monsieur. — Je tiens à arriver de bonne heure.
La dame. — Mais pour quoi faire, bon Dieu?... il ne va y avoir là-bas que les marchands de lorgnettes, les bookmakers et nous...
Le MONSIEUR. — G est précisément- ce que je désire, je veux des renseignements; je tiens aussi à vous choisir une bonne place dans la tribune.
La DAME. — Mais pas du tout. Je préfère eue dehors, aux chaises...
Le monsieur. — Moi, je veux que vous soyez dedans; je ne me soucie pas, s'il pleut, que votre toilette soit perdue^ comme celle de l'an dernier.
Deux jeunes gens, dans une carriole vernie, attelée d'un poney.
— Nous allons nous arrêter à l'entrée de l'avenue, et là nous verrons passer tout le monde.
— Moi, j'aimerais mieux aller tout de suite au Bois; je voudrais voir un Anglais qui m'a promis quelques renseignements.
— Qu'est-ce que cet Anglais ?...
— C'est un homme qui est l'ami d'un lad de l'écurie Lefèvre, et je. . ,
— Toi, tu vas encore boire un bouillon soigné, aujourd'hui I
deux heures — avenue de l'impératrice
Les voitures se suivent, c'est presque une file. Peu de très beaux équipages, beaucoup de voitures « tire l'œil »
Enormément de fiacres, nombreux piétons.