D’ EL VAL
Je n’ai rien dit.
d’herbecourt.
Pardon... je croyais... C’est égal...
Je sais que sur cc point vous pensez assez mal.
Mal ! soit.
d'herbecourt.
En vrai jeune homme 1
d’elval.
Accordé !..
d'herbecourt.
Je répète...
ü’ E L V A L , impatienté.
Eli! puis-je, à discuter, Monsieur, avoir la tète.
Quand une omission de trois à quatre arpents
Va me forcer peut-être à changer tous mes plans? J’avais pourtant déjà cadastré la commune !
D’H ERBECOURT.
Pardon, mon cher ami, si je vous importune !..
Mais lorsqu’on est heureux!.. Ennemi du duel,
J'ai combattu trente ans ce préjugé cruel;
La victoire me reste, et, malgré la critique, e remporte à Beauvais la palme académique !..
d’elvàl.
Ne le sais-je donc pas ?
(A part.)
Quel homme !
d’herbecourt.
Tous les deux
A servir le pays nous appliquons nos vœux;
Et tandis que ma plume éclaire et moralise,
Dans vos savantes mains le compas fertilise.
Le rail-way nous déborde, et ces chemins nouveaux En tous lieux, comme on dit, étendront leurs réseaux. Habile ingénieur, ici l’on vous envoie D’une nouvelle ligne étudier la voie;
Je reconnais en vous le fils d’un vieil ami;
Je vous accueille alors, je vous installe ici;
Et vous pouvez à l’aise, en ce riche domaine,
Tracer sur le papier votre loi souveraine;
Renverser nos châteaux, envahir nos sillons,
Et faire dans nos champs circuler vos wagons.
d’ el val.
Ah! la tâche est pénible, et je le dis sans feinte, Souvent du villageois mon cœur entend la plainte... Ou tient à son manoir, à l’enclos paternel ;
On a des souvenirs...
d’herbecourt.
Sans doute, il est cruel
Do sc voir...
(Avec emphase.)
Mais alors qu’on songe à la patrie,
A l’essor du commerce, aux arts, à l’industrie !.. Avant tout, de l’État il faut chercher le bien.
Et celui qui murmure est mauvais citoyen !..
(Se rapprochant.)