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M. l’abbé Hénocque.
Sollicité par nous, M. l'abbé Hénocque nous a répondu : « Je trouve tellement nécessaire d'éclairer ceux qui cherchent la vérité, on au moins de les aider, que je croirais manquer à mon Devoir en vous refusant. Merci de loceasion que vous me donnez de faire un peu de bien aux âmes ».
Dans votre si aimable lettre du 5 novembre dernier, vous me faites l’honneur de me demander mon humble collaboration aux « Cahiers de la pensée contemporaine ». Je vous en remercie et accepte de grand cœur. Vous m'’écrivez : « Il ne s’agit pas d’une enquête superficielle ; les éditeurs comprenant combien est profonde l’angoisse humaine devant le mot « Dieu » ont l’ambition de présenter au public un résumé de la pensée des hommes qui ont le plus médité sur les problèmes religieux et philosophiques ». Cette angoisse de l’homme à la pensée de Dieu ne date pas d’hier, elle est de tous les temps et nous la rencontrons sous tous les climats. N’était-ce pas aussi la préoccupation de ce grand penseur mourant à 39 ans entre la tristesse et la douleur ? Quelle est la vraie nature de l’homme ? C'était la question que se posait Pascal au début de son grand ouvrage. Or, après avoir longuement médité sur ce redoutable problème, il répondait : Quänd l’homme, disaitil, considère avec attention « la nature dans sa haute et pleine majesté » ; « cette lumière éclatante
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mise comme une lampe éternelle pour éclairer l'univers » ; cette terre enfin qui n’est « qu’un trait imyerceptible dans l’ample sein de la nature » et que de ce grand et imposant spectacle, il replie sa pensée sur lui-même, ce premier regard a de quoi l’accabler. Qu’est l’homme, en effet, dans cette immensité? Ce qu'il est ! nous le trouvons au chapitre XIV du Livre de Job : « à peine une ombre qui passe : velut umbra ». Mais ce n’est là qu’un premier regard. « Après tout, reprenait fièrement Pascal, ce monde sublime ne se connaît pas et l’homme le connaît. Ce n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. » De ce petit coin du monde où il est comme perdu, il a compté les astres, il a traversé, sur quelques planches, l’immensité de l’Océan, les vastes déserts lui sont connus, il s’est emparé du globe, il l’a défriché, cultivé, embelli, il l’a encerclé de fer pour le parcourir plus vite, et comme cela ne lui suffisait pas encore, il a inventé l’avion dont la vitesse n’a pour ainsi dire plus de limites. Et malgré toutes ces découvertes, malgré sa maîtrise sur l’air, la terre et la mer, l’homme n’est pas satisfait ; ses désirs ne sont pas assouvis, son âme veut aller plus loin encore, elle est assoiffée d’Infini. Mon affirmation est-elle exagérée ? Est-il bien vrai que l’homme soit « un Dieu tombé qui se souvient des Cieux ? » Pour nous en rendre compte nous n’avons qu’à toucher une à une toutes nos facultés pour en saisir la tendance naturelle. Voyons tout d’abord l'intelligence : L'intelligence est la faculté de connaître : « Ce qui la caractérise, dit Mgr Bougaud, e’est un inexprimable besoin de voir et de savoir ; une soif, dirai-je absurde ? dirai-je subli-