‹ Ce que n'a pas dit CalmetteChapitre 7 sur 11 · ROBERT DE JOUVENEL · texte numérisé non relu

ROBERT DE JOUVENEL

Les titres qui font rêver.

Gaffe ou rosserie?

De l'Humanité (15 mars) :

Sept mille personnes au gymnase Huyghens ont acclamé les pensées d’Anatole France et la parole de Jaurès.

Oui, c'est bien ça. France pense, Jaurès parle.

CN a D D be D D 2 D D

Considérations sur Je crime de province.

«Se

L'affaire Cadiou aurait pu être une belle affaire.

Mais on nous l’a gâchée.

Il y avait de bons éléments : cet ingénieur, cet industriel, cette cartomancienne, cette usine, cela sentait le Rondes cela offrait de l’imprévu, du rare, quelque noblesse dans le sanglant,

Ce crime, enfin, était bien parisien, s’il n’eût été com-

” mis en province.

+ Oui, par une détestable négligence, l’assassin de M. Cadiou a opéré en Bretagne; mieux encore, par un raffinement qu’on ne peut croire qu'ironique, entre tant de petites villes ridicules où il pouvait situer son “exploit, il est allé choisir Landerneau.

Triste théâtre, impropre à supporter une action complexe.

Ce n’est pas que la pièce soit mauvaise. Mais la distribution est des plus médiocres.

Un crime normal comporte trois personnages principaux : l’avocat, le juge d’instruction, et l'assassin : enfin, comme au bridge, il y a un mort.

Le mort, nous l’avons.

L’assassin aussi; du moins, on lé croit.

Mais pour le reste, quelle troupe de province!

Un magistrat dénué de virtuosité mène l'instruction. Inhabile à graduer l'émotion, il-nous laisse languir pendant des semaines, puis, tout à coup, nous assomme par une péripétie trop brusque.

On songe avec regret à ces juges parisiens, les Bertulus, les Leydet, si avertis, si connaisseurs, un peu sadiques, quisavent qu’il faut une femme, et latrouvent toujours.

À Landerneau, on a bien trouvé une femme : mais c’est la bonne. . é

Quant à l'avocat, il est plein de talent : malheureusement il s'appelle Feillard, et il est de Brest.

Allez donc soutenir une pièce avec une affiche

pareille | ; & é

On a si bien senti que c'était impossible, qu’on s’est décidé à faire appel aux grandes vedettes de Paris.

On a gardé Feillard, mais on a fait appel à M° Henri Robert.

Choix impeccable ; succès certain; centième assurée.

Mais quoi? Quand on annonce Dranem à Remire+ mont, il envoie un sosie. M° Robert s’est fait doubler aussi ; il a envoyé son secrétaire.

Celui-ci s’est associé à M° Feillard; laborieusement ils se sont mis à deux pour rédiger des demandes de mise en liberté provisoire.

Etle public, derechef, a langui.

Voilà pour la défense.

Mais il n’y a pas que le public qui languit.

L’instruction, elle, agonise.

Du côté de l’accusation, on s’est donc décidé à faire : venir aussi un monsieur de Paris. à

On à convoqué M. Sébille, contrôleur général du service des recherches judiciaires à la Sûreté générale, qui s’est rendu aussitôt chez le Procureur général près la Cour de Rennes. PE

Ces deux personnages se sont enfermés pendant une heure; puis congestionnés par l'effort cérébral, ils sont sortis. et ont livré aux journalistes anxieux le résultat de leur entretien :

« M. Sébille a dit qu’à son avis, afin de coordonner les recherches, il convenait d’en confier la direction à une seule autorité. À la suite de ceite entrevue, le procureur a décidé de continuer à confier la. direction de l'information au juge d'instruction de Brest.»

Cette décision héroïque sauve tout.

On respire.

Et l’on se demande avec angoisse ce qui se serait passé si M. le contrôleur général du service des recherches judiciaires à la Sûreté générale n’était pas intervenu.

ILest probable qu’on aurait confié l’instruction au chef de gare de Landerneau.

RO RP TRI PP À Laon.

Des journaux annoncent que je suis candidat à Laon. C'est au moins une nouvelle prématurée. Je dois à mes amis de l’Aisne certaines explications — qu’ils voudront bien m’excuser de remettre à la Semaine prochaine.

CR

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