‹ Ce qui se passe au ConcileChapitre 11 sur 31 · PROGRAMME DU CONCILE · texte numérisé non relu

PROGRAMME DU CONCILE

taire se propagent et étendent de plus en plus leur domination. « Personne ne saurait nier en effet Que la puissance de l'Église et de sa doctrine non-seuleiment n'ait pour but le salut éternel des hommes , mais encore qu'elle ne contribue au bien temporel des peuples j à leur véritable prospérité , au bon ordre et à -la tranquillité qui doivent régner dans leur sein, de même qu'aux progrès et à la perfection des sciences Mumaines... »

En d'autres termes , le concile devra donner une nouvelle direction aux sciences humaines , redresser la société civile et ses lois, délibérer sur les questions Ses plus difficiles des rapports de l'Église et de l'État, et les trancher souverainement par ses décrets en V absence des gouvernements. On aura bientôt l'occasion de reconnaître qu'il n'y a même là, dans ce vaste plan, qu'une partie du programme, et la moins importante; les faits ne tarderont pas à révéler les Téritables projets et l'esprit qui les a inspirés.

Pallavicini rapporte qu'au concile de Trente un décret ayant été proposé sur la réformation des princes {aujourd'hui le redressement des sociétés civiles), il fut immédiatement écarté par cette considération que, dans un intérêt d'ordre et de paix , l'Église ne doit pas empiéter sur les droits de l'État.

Il semble qu'aujourd'hui, à Rome, on fasse peu de <;as de cet exemple de sagesse et de modération. Tout récemment, dans la chaire de Notre-Dame del Valle, un évêque français, qui est à la tête de l'école ultramontaine, blâmait rudement les Pères de Trente

de. leur regrettable faiblesse; et l'on voit, comme sur un mot d'ordre , le parti soutenir ouvertement cette doctrine, qu'il importe, en présence des excès révolutionnaires et de l'affaiblissement des pouvoirs civils, de relever la seule vraie autorité qui reste en ce monde, celle du Pape, de concentrer en elle tout droit, toute activité , et , par une affirmation solennelle, de subordonner définitivement le temporel au spirituel.

Le concile aurait donc un caractère éminemment politique, et, dans la pensée de ceux qui l'ont préparé, ses anathèmes devraient être dirigés contre tout ce qu'on est convenu d'appeler « les conquêtes de la civilisation moderne ». Il est impossible de se dissimuler la gravité et la nouveauté d'une semblable entreprise.

C'est un déchirement inévitable , c'est le divorce radical de la société civile et de la société religieuse.

Cette décision si grave, la plus grave certainement par ses conséquences immédiates que l'Église ait eu à prendre depuis l'origine du christianisme , a-t-elle été suffisamment étudiée, approfondie, de manière à en faire ressortir tous les périls ? Nous avons vu comment le concile a été préparé et dans quel esprit. Contrairement à tous les précédents, les futurs décrets ont été rédigés dans le mystère; aucun évêque n'a pris part au travail, aucun n'a eu seulement connaissance du programme.

Au moins le concile, une fois assemblé, s'est-il

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