‹ Cecile Ou La Petite SceurChapitre 8 sur 34 · AGATHE · texte numérisé non relu

AGATHE

Quel dommage que vous n'appreniez pas à chanter!

La réflexion d'Agathe se perdit sous le bruit d'un baiser sonore qu'Amélie donnait à Cécile, Les deux enfants étaient amies. Quand Cécile regagna Sainte-Radegonde au bras de son frère, elle lui parla d'Amélie, de l'affection que la jeune fille lui avait témoignée : « Je serais bien heureuse de la voir quelquefois, mon frère I »

MAURICE

Nous l'inviterons un jour; prends patience, ma chère petite sœur. Dieu nous réserve peut-être quelques joies en ce monde; tu le sais , il n'abandonne pas les orphelins.

« Je le sais, » dit Cécile, en s'appuyant de toutes ses forces sur le bras de son frère, qui la regardait avec tendresse.

Cette journée fut une phase nouvelle dans la vie de Cécile. Le soir quand Modeste fut endormie, elle pleura en toute liberté. Elle entendait toujours les questions de ses compagnes. « Oh! pensait Cécile, Louise et Agathe n'ont pas voulu me faire de peine. Elles ont leurs parents; alors c'est tout simple, ils les élèvent comme tous les autres enfants. Si j'aime la musique! pensait Cécile. Et le dessin! Je n'ai pas osé leur dire que j'ai dessiné mes lapins, et que j'ai fait le portrait d'Augustin. Ma mère qui parlait si bien l'anglais ! Voilà ce que c'est que d'avoir été paresseuse ! Si j'avais su lire de bonne heure, comme mes frères, maman m'aurait appris l'anglais. »

A l'âge de Cécile, les larmes appellent le sommeil. La chère enfant s'endormit et se réveilla le cœur joyeux.

Un bonheur bien grand lui était réservé, ce jour-là.

Page 1