MADAME DE NEUVILLE A CHARLES D EPIVAL
Montfleury, .... 1787.
Je reviens du couvent où je n^ai pu obtenir la permission de voir ma nièce, quelque de'marche que jVie faite auprès de Tévéque : j''ai voulu faire valoir comme un droit, que la cere'monie de la prise de voile n'ayant pas e'té acheve'e, Cécile n"'était que novice, et qu''en cette qualité elle pouvait encore ré-
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clamer les soins d'une mère; on n'a point eu égard à mes vives sollicitations, et j'ai dû me borner à des confe'rences au parloir avec Tabbesse qui , en me rassurant hier sur la santé' de cette malheureuse enfant, m'a de'claré qu'elle avait ce jour même pris l'habit de professe , et que dorénavant toute communication à l'intérieur lui était interdite. Il parait qu'elle n'a été que très-léoèrement blessée dans sa chute à l'e'olise, et que Fctat où elle a vu Anatole, loin d'ébranler sa résolution. Va déterminée à se séparer pour jamais d'un monde où elle venait de voir s'ctpindre la dernière lueur de l'espérance qui l'y attachait peut-être encore.
Comment un pareil spectacle n'au-
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rail -il pas produit sur elle TefFet qu'il a produit sur moi-même ? Accablée comme elle sous le poids de tant de malheurs, non, mon cher Charles, je ne balancerais pas à suivre son exemple, si je ne tenais encore au monde par les senlimens que vous m'inspirez et dont vous êtes si digne.
Votre messager d'hier semble me préparer à la perte de mon frère. Hélas! elle est consommée et j'ai déjà pleuré sa mort.
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LETTRE XCVIÏI.