Cécile, ou, les passions
prévu me retient à Paris, je ne sais pour combien de temps encore. Je laisse au chevalier Charles le soin de me justifier auprès de toi; pour le moment, je me contente de te dire qu'il a jugé luimême mon séjour à Paris indispensable; si tu ne sentais pas tout le poids de ma justification, je serais obligée de t'avouer que tes vœux et ceux d'Anatole sont en partie exaucés, et que le goût de la philosophie m'a fait presqu'perdre celui du veuvage : mais c'est encore un texte dont un autre s'est réservé le commentaire.
Comme cet autre est en voiture, et qu'il attend ma lettre pour partir, je ne te dirai pas tout le plaisir que m'a fait la tienne; je ne te dirai pas tout le chagrin que j'éprouve a me voir contrainte de différer encore notre réunion âpre*
laquelle j'aspire depuis six mois; tout cela bailleurs s'explique de soi-même.
Je voudrais bien que tu fusses assez généreuse pour me ce'der Anatole pendant quelques jours; mais, comme je te crois un peu égoïste en amitié, c'est une commission dont je charge spécialement Cécile, afin de mettre son désintéressement à l'épreuve.
Le postillon fait claquer bien haut son fouet, pour m'avertir qu'il s'impatiente : le pauvre Charles, les yeux fixés sur le balcon de la chambre où je suis, ('prouve toutes les angoisses d'une attente pénible; il est temps de finir son supplice et le mien; je vous embrasse tous, la larme à l'œil.
4 CKCJLE.