‹ Cécité et tabesChapitre 14 sur 67 · DO ET PRES · texte numérisé non relu

DO ET PRES

concentrique du champ visuel : ils avaient perdu la vue « comme s'ils avaient vu dans un entonnoir dont l'orifice se serait pelit à petit rétréci, d'abord large comme une pièce de cinq francs, puis comme une pièce de deux francs, puis comme une pièce de cinquante centimes » (observations de Jouv..., de Dupl.., de Gor..., etc.); tel tabétique, par exemple, habitué à voir de sa fenêtre d’un seul coup d'œil une vaste campagne, s'aperçoit quil ne voit plus qu'un champ, puis qu'une maison dans ce champ, puis qu'un arbre devant la maison. Mais dans ce cas, presque toujours, le rétrécissement s'accompagne d'un obscurcissement du champ visuel; il doit être très exceptionnel de rencontrer un rétrécissement considérable avec une acuité intacte : ce fait qui, pour Galézowski, serait absolument caractéristique du tabes, parait, en réalité, se rencontrer presque exclusivement dans le glaucome chronique simple, dans l« atrophie de la papille avec excavation » de Graefe ; nous ne l'avons, pour notre part, jamais rencontré : un seul de nos malades (observation Dupl...) nous a dit avoir eu encore une vision centrale assez nelte alors que son champ visuel était déjà devenu très étroit.

Plusieurs de nos malades ont paru présenter soit un rétrécissement soit un scotome tout à fait périphérique du côté nasal (observations de Barra..., de Bloch...); ils ontété, nous ont-ils dit, pendant quelque lemps capables de voir en tournant la tète et « regardant en dehors » ce qu'ils n'étaient plus capables de voir en regardant de face. Un autre (Dupl...) parait avoir présenté, au début, un scotome temporal ; il a eu nettement la sensation d'un corps étranger dans l'angle externe de l'œil droit, puis de l'œil gauche; il a vu ensuile sa vision diminuer successivement dans la partie inférieure, puis dans la partie supérieure du champ visuel de chaque œil, enfin concentriquement : mais le malade, comptable, homme intelligent, avait su s’observer, el nous ne saurions allirmer que de tels phénomènes n'aient pu se produire chez d'autres de nos malades sans qu'ils aient élé capables de nous en rendre compte. Des scotomes multiples

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