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TROUBLES DE LA MICTION

Nous dirons de ces troubles ce que nous avons déjà dit des douleurs et des troubles moteurs : ils existent chez un très grand nombre detabétiques amaurotiques, mais ils restent souvent très peu accentués, à peine ébauchés. Cependant, en ce quiconcerneles troubles urinaires, la dissemblance entre les tabétiques vrais et les tabétisants a beaucoup moins de nelteté qu'en ce qui concerne les douleurs et surtout les troubles moteurs: un assez grand nombre de tabélisants ont des troubles relativement importants de la miction.

Deux petits signes permettent de dépister les troubles urinaires à leur début, ils existent soit isolés soit réunis; mais ils ont l'un et l’autrepour défaut d’être soumis dansleur recherche à l'appréciation des malades qui ne font pas toujours la part exacte à l'état normal: l’un est le retard du début de la miction, l’autre est l'incontinence à la fin de la miction de quelques gouttes retardataires ; le malade est obligé d'attendre et de pousser pour uriner, il perd les dernières gouttes dans son pantalon.

À ces deux signes se trouvent quelquefois associés d’autres petits signes, comme des besoins un peu impérieux ou quelques

faux besoins.

Sur ces sujets acluellement vivants que nous avons spéciale-

ment interrogés à ce point de vue, six seulement n’ont reconnu aucun trouble vésical, même pas les troubles légers dont nous venons de parler. Sept fois existaient seuls, au moment où

nous les avons recherchés, ces troubles minimes, isolés ou réunis ; mais sur ces sept malades cinq avaient eu à une période de leur affection des troubles urinaires plus imporlants : enfin, trois avaientdes troubles plus sérieux au moment même de leurexamen.

Sur vingt-quatre malades décédés, nous trouvons notée dans l'observation, trois fois seulement, une absence totale de troubles urinaires (l’un d'eux, Rei..., avait été cependant gàteux pendant quelques temps sous l'influence d'une hémiplégie) ; sept malades avaient des troubles minimes; les quatorze autres avaient eu, à un moment quelconque de l'évolution, des troubles plus sérieux.

Les troubles plus graves de la miction sont exactement les mêmes que ceux du tabes classique; on peut, d'ailleurs, trouver à peu près toutes les variélés de troubles urinaires. Parmi les plus typiques sont les poussées momentanées de rétention ou d’incontinence soit nocturne, soit également diurne; on observe surtout ces poussées au début du tabes. Les poussées de rétention nécessitent parfois des cathétérismes (observation de Fin}; mais la rétention n'est jamais permanente. Cependant un certain nombre de malades ont de l’anesthésie vésicale et ne sentent pas le besoin d'uriner:; ils resteraient facilement vingt-quatre heures etplus sans urineret n'urinent que « par raison » ; mais du moins peuvent-ils, en général, uriner quand ils le désirent (observations de Dupl..…, Leeb..…., etc). Certains joignent à l'anesthésie vésicale l’anesthésie urétrale et ne sentent pas passer l'urine; chez ceux-ci il y a souvent un peu d'incontinence d'urine, cela se conçoit, ils perdentou les premièresoules dernières gouttes et souventune bonnepartie d'unemiction ou une miction entière (observation de Barr...). D'autres, enfin, ont une incontinence assezforte, surtout nocturne, sans anesthésie. Plus ou moins tardivement, beaucoup de malades ont une incontinence complète, urinent régulièrementau lit, et, même dans le jour, sont obligés de porter un urinal en caoutchouc. Nous ne parlons pas des crises de

douleurs vésicales, nous en avons déjà parlé à propos des douleurs viscéralcs.

ses

PRG Res

Tous ces troubles sont, en somme, les lroubles ordinaires du tabes classique : nous ne voulons pas insister sur eux, mais nous voulons seulement faire remarquer qu'ils existent ou ont existé plus ou moins marqués chez la plupart de nos tabéliques vrais (Leeb..., Giraud..., Bréav..., Jonqu.…, Dor...) et aussi, mais moins fréquemment, chez un certain nombre de tabétisants (observations de Barr..., Fin.…., Bloch..., etc. ; observations de Ra..., Cotien..…., Desmar..., etc.).

En résumé, ces troubles, à peu près constants chez les tabétiques, sont plus fréquemment accentués chez les tabélisants que les douleurs, les troubles moteurs ou les troubles de la nutrition générale. Ils apparaissent presque toujours après les troubles visuels, ils sont le plus souvent passagers au début du tabes et deviennent ensuite permanents.

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