‹ Cécité et tabesChapitre 51 sur 67 · RUE TRE · texte numérisé non relu

RUE TRE

Les deux pupilles sont Lrès dilatées, mais non inégales, Aucun réflexe pupillaire à la lumière.

Nystagmus horizontal, DA UARENT, assez marqué. Aucune paralysie ni parésie oculo-motrice.

Sa démarche est celle d'un aveugle, légèrement hésitante, mais sans aucun talonnement ni projection des jambes en avant.

Pas de signe de Romberg. Il se plaint seulement d’avoir plus de mal à remuer les orteils du côté droit que du côté gauche et l’on constate que leur motilité est, en effet, amoindrie.

Abolition complète des réflexes rotuliens, achilléens et radiaux. Conservation du réflexe olécrânien à gauche, abolition à droite. Réflexe abdominal plus fort à droite; les réflexes crémastériens existent des deux côtés. Flexion des orteils des deux côtés. Réflexe pharyngé aboli.

A toujours assez fréquemment des douleurs dans les jambes les pieds et les côtés.

Aucun trouble de la sensibilité objective au contact, à la piqûre ou au pincement.

Pas de trouble de la sensibilité thermique. Pas d’anesthésie:périorbilaire, sensibilité des globes oculaires à la pression diminuée.

La sensibilité au diapason est un peu diminuée aux membres supérieurs (7 et demi à la main gauche, 6 à la main droite), très diminuée aux membres inférieurs (6 au tibia gauche, zéro au tibia droit).

Acuité auditive diminuée surtout à droite : n'entend la montre qu'au contact à gauche, même pas au contact à droite. Réactions de Rinne et de Weber normales.

Goût etodorat bien conservés.

Il n’a aucun trouble gastrique.

Quelquefois le début de la miction est un peu retardé, mais il ny a pas d’autre trouble urinaire, il ne perd pas les dernières gouttes.

Il a encore des érections de temps en temps, mais pas de désirs vénériens ; il n’a plus eu de rapports sexuels depuis l'âge de cinquante ans, il dit qu'il n’a jamais été « très porté là-dessus ».

C'est un homme très vigoureux sans adipose excessive, avec un abdomen résistant. Son poids est de 91 kg. 600, sa taille ! m.73. Au dynamomètre il serre 31 à droite, 34 et demi à gauche.

En résumé il s'agit d’un homme atteint de cataractes polaires antérieures congénitales ; ces calaractes sont actuellement complètes, mais on ne peut mettre la cécité uniquement sur leur compte, car il est incapable d’avoir aucune sensation lumineuse, ce qui est in-

avec l'idée de cataracte simple. Sa vue a baissé avant l’apparition des douleurs, les douleurs ont persisté depuis leur appariuon, il n'y a jamais eu aucun trouble moteur, et, pendant quelque temps seulement, quelques troubles urinaires.

Actuellement, il présente une notable excitation mentale, des bizarreries: il parle beaucoup de ses yeux, dit « qu'il voudrait bien qu'on voie dans ses yeux, parce que c’est certainement très extraordinaire,

"était comme un champ de pommes de terre, » etc. Il tredit, quoi-

compatible

on lui a dit que © est très difficile à interroger exactement parce qu'il se con

que d’une façon qui parait tout involontaire.

OgservarTioN VI. — Rain... (Alexandre), cinquante trois ans, coiffeur. Entré à Bicètre le 8 mars 1898, sorti le 1° juin 1899.

Antécédents héréditaires. — Son père est toujours bien portant,

Pas de maladie nerveuse dans la famille.

Antécédents personnels. — Attaque de rhumatisme articulaire aigu vers l'âge de seize ans, ayant nécessité un séjour à la Pitié.

Chancre en 1862, à dix-sept ans.

Histoire de la maladie. — I affirme que le début s’est fait par les troubles de la vue; brusquement, en septembre 1898, un jour, en descendant du train à la gare de Sceaux, iln'a plus vu clair; il a fallu qu'on le reconduisit chez lui. Il a consulté des oculistes qui lui auraient dit que son œil gauche était perdu et que son œil droit fort menacé. On Lui fit suivre un traitement mereuriel eton l’envoya à M. Charcot qui fit le diagnostic de tabes et lui fit appliquer des pointes de feu.

Depuis 1894, il a ressenti quelques douleurs lancinantes, surtout dans les jambes, quelques-unes sur le bord eubital du bras et dans la région épigastrique. Depuis 1894, aussi, il ne se sent pas solide sur ses jambes, mais il n’est cependant, jamais tombé. À la même époque, il semble avoir eu des troubles vésicaux notables; il serait, en particulier, resté une fois trois jours sans uriner el on l'aurait sondé à la Pitié : ce fait ne s’est pas reproduit.

Examen enmars 1898. — Cécité. Pupilles égales, réaction à la lumière paradoxale. Un peu de faiblesse des jambes; mais sans chute. Pas d'incoordination manifeste.

Réflexes tendineux des membres inférieurs un peu faibles, mais existant nettement des deux côtés; les réflexes radiaux sont nettement exagérés. Réflexes crémastériens, abdominaux et plantaires existant des deux côtés.

- Quelques douleurs rares dans les jambes.

Sensibilité au contact bonne partout; la piqûre est nettement moins sentie aux membres inférieurs, la sensibilité thermique est très diminuée aux membres inférieurs, surtout au-dessous du genou ; à partir de laine la sensibilité thermique augmente en montant et est parfaile à la face et aux membres supérieurs.

Pas de troubles gastriques.

Miction souvent un peu lente; à certains moments incontinence relative d'urine.

Pas de diminution des fonctions génitales.

Les battements du cœur sont lents, assez faibles; les claquements aortiques sont assez nets, le pouls est à 56°.

Tendance à suffoquer après avoir monté même un seul étage; aussi a-til l'habitude de porter dans sa poche un flacon d'ammoniaque qu'il respire. Ancien rachitique, les jambes sont courtes, les tibias incurvés.

En résumé, le début s’est fait par des troubles brusques de la vision; depuis qu'il est aveugle, le malade a eu quelques douleurs qui ne paraissent pas avoirété très fortes, un peu de faiblesse des jambes, quelques troubles de sensibilité et des troubles vésicaux qui n’ont été sérieux qu’une fois. Il est sorti de Bicêtre en 1899, nous ne l'avons pas

revu.

Ogsenvarion VII.— Ramer…,cinquante-quatreans,tourneur en cuivre. Antécédents héréditaires. — Père mort à cinquante-huit ans.

Mère morte à quatre-vingt-quatre ans.

Une sœur morte d'une maladie de cœur.

Un frère mort probablement de pneumonie.

Aucune maladie nerveuse dans la famille.

Antécédents personnels. — À eu un petit chancre à dix-sept ans; il es manifestations syphilitiques ni cutanées ni mu-

N'a jamais eu d’autr igné que jusqu'à la cicatrisation du chancre.

queuses. Il ne s’est so N'a jamais eu d'autre maladie sérieuse.

Marié : il a eu deux enfants qui sont maintenant mariés et bien por-

tants.

À eu des abcès dentaires qui lui ont perforé la joue gauche en deux

endroits.

Histoire de la maladie. — Vers la fin de 1889 ou 1890, il s'est aperçu

à RC or, mt gauche. En décembre 1891, il avait une

. que la vue baissait du côté il a cessé son travail en mars 1892, la

diminution notable de la vue; cécité était alors presque complète.

État actuel (11 mai 1900). Il distingue le jour de la nuit, il voit une ombre quand on fait passer la main devantses yeux ; la vue est un peu meilleure de l'œil droit que del’œil gauche. À l'ophtalmoscope les deux papilles sont gris blanchaâtre, le fond d'œil est plus flou à gauche qu'à droite, les artères de la papille ne sont pas sensiblement diminuées de volume.

Les pupilles sont égales et réagissent encore à la lumière.

Pas de chute de la paupière. Les axes oculaires sont à peu près parallèles; cependant, au repos, l'œil droit se dévie un peu en dehors.

Il marche très bien, se guide dans sa salle, monte et descend facilement lesescaliers. Il n’y a pas de phènomène de Romberg, mais il est absolument incapable de se tenir sur un seul pied. Les réflexes rotuliens sont complètement absents des deux côtés.

Il n'a jamais eu aucune douleur ni fulgurante ni autre.

Pas de trouble de la sensibilité cutanée, la sensibilité au diapason, normale aux membres supérieurs (8 et demi) est très diminuée aux membres inférieurs surtout à gauche (5 au tibia droit, 3 au übia gauche). Pas d'anesthésie périoculaire, mais très forte anesthésie des globes oculaires à la pression.

Perte du réflexe pharyngé. :

Jamais aucune crise gastrique ni intestinale, ni laryngée. Aucun trouble ni urinaire ni génital.

L'ouiïe paraît bonne, mais on n'a pas noté la distance à laquelle 1l entend la montre. La réaction de Rinne etcelle de Weber sont normales.

L'état général paraît excellent il n’est nullement amaigri.

Il n’a pu être examiné que très superficiellement depuis l'examen précédent; son aspect extérieur n’a pas changé en 1903, il n’a toujours aucune douleur et aucun trouble de la marche ; il voitencore le jour.

En résumé, il s'agit d'un malade qui n’a eu jusqu’à présent comme symptôme du tabes que la perte des réflexes rotuliens et une légère diminution de la sensibilité du diapason; il est presque complètement aveugle depuis le début de 1892, sa cécité n’a pas fait de progrès depuis lors et son élat général ne s’est pas modifié.

OBsERVATION VIII. — River. (Achille-Maurice), cinquante-huit ans, chapelier. Entré à Bicêtre le 11 mars 1901.

Antécédents hérédilaires. — Père mort à soixante-dix-neuf ans.

Mère morte, asthmatique, à soixante-deux ans.

Trois frères très bien portants; n’a perdu ni frère ni sœur.

té

LS

Antécédents personnels. — Ne se souvient d'aucun chancre, d'aucun accident secondaire ni cutané, ni muqueux; n'a jamais eu de maux de tête très violents qu'au début de la cécité.

Aucune maladie antérieure.

Histoire de la maladie..— L'affection a débuté, en 1898, par des troubles de la vue de l'œil droit; il a vu dans l’espace d’un an « comme un voile s'étendre » progressivement devant son œil droit, de droite à gauche ». L'œil gauche s’est pris environ huit mois après quand la vision de l'œil droit était presque déjà entièrement perdu; l'évolution progressive a duré également à peu près un an à gauche, Il n'a jamais vu double.

Iln'a eu de douleurs qu'après que la vue s'est trouvée atteinte à

‘droite, et c’est alors qu'il a été adressé par M. Valade à M. Charcot :

ces douleurs ne sont jamais survenues que sous forme d'élancement dans le gros orteil droit et dans le mollet droit ; elles ont disparu au bout de quelques mois; jamais il n'a eu de douleurs parcourant les membres. Il a eu quelques céphalées pas très violentes, pendant une heure ou deux, le matinsurtout, de temps entemps, dans les six premiers mois de l’affaiblissement visuel : il n’en a plus eu, pour ainsi dire, depuis.

Examiné en 1902. — On note: il marche bien, aucun Romberg, se tient bien sur lepied gauche, mais oscille et ne peut se tenir sur le pied droit ; les réflexes rotuliens et achilléens sont absents; le réflexe plantairese fait en flexion, les reflexes crémastériens et abdominaux sont conservés : il n’a pas d'incontinence d'urine, il a conservé des érections. Il a l'aspect d’un tabétique floride. Dans le liquide céphalo-rachidien, lymphocytose modérément abondante.

Examen le 17 octobre 1903. — Il voit encore suffisamment pour distinguer le jour de la nuit et pour voir les becs de gaz, mais pas assez pour distinguer même les objets les plus rapprochés, il se cognerait contre une porte. L'œil gauche voit sensiblement mieux que l'œil droit, celui-ci ne distinguant pour ainsi dire pas le jour dela nuit. A l'opthalmoscope, les papilles sont blanches, mais présentent à la périphérie de petites inégalités et des taches de pigment quisemblent dénoter la persistance d’un léger œdème papillaire, d’une inflammation névritique; les vaisseaux sont petits.

Les pupilles sont moyennement dilatées et inégales, la droite est d'un tiers plus petite que la gauche, elles sont très irrégulièrement ovalaires sans coudure. Elles se dilatent seulement moyennement et lentement par l'atropine en conservant leur inégalité et leur diffor-

mation. Aucune réaclion à la lumière, mais il subsiste un léger degré de réflexe accommodateur quand on fait suivre au malade sa main alternalivement rapprochée et écartée de ses yeux.

Les mouvements de tous les segments des membres se font très bien : il marche parfaitement bien, presque sans talonnement. Aucune parésie; se sent, cependant, un peu faible des membres inférieurs, plutôt à droite qu’à gauche.

Les réflexes rotuliens et achilléens sont abolis, les réflexes radiaux existent des deux côtés, les réflexes olécrâniens n'existent qu'à droite. Les réflexes crémastériens et abdominaux n'existent qu'à gauche. Le réflexe plantaire est nettement en flexion des deux côtés. Réflexe pharyngénormal.

Aucune douleur depuis trois ans.

Aucun trouble de sensibilité au contact, à la piqüre, ou au pincement. Pas d’anesthésie plantaire, ni cubitale, ni periorbitaire. Sensibilité des globes oculaires à la pression conservée. Sensibilité au diapason tout à fait normal: 8 et demi aux mains, 8 aux tibias.

Aucun trouble stomacal. Langue normale sans atrophie ni déviation, ni secousse, ni tremblement.

Aucun trouble urinaire, ni miction retardée, ni incontinence relative.

Erections assez fréquentes, la puissance génitale paraît très bonne pour son âge.

Ouïe assez bonne : il entend la montre à 40 centimètres à droite, 15 centimètres à gauche. Rinne et Weber normaux.

Aucun trouble du goût ni de l’odorat.

Aucun trouble intellectuel.

L'état de la nutrition générale est très bon; il est petit mais trapu, fort sans être obèse; leeint est bien coloré, les joues sont pleines ; le caractère est agréable et assez enjoué. Il pèse 72 kg. 500 et mesure 11.59. Sa force est assez bien conservée, et au dynamomètre il serre 36 de chaque côté. Aucun trouble trophique.

En résumé, le début s’est fait par les troubles de la vue; il a eu quelques douleurs au début de ces troubles, douleursde la jambe droite et. douleurs de tête; depuis que la cécité est à peu près complète, toute douleur a cessé; ilne présente aucune incoordinalion notable, aucun trouble de Ja sensibilité objective, aucun trouble viscéral; l’état de la nulrilion est parfail, les réflexes tendineux des membres inférieurs sont abolis,

OBsERvATION IX. — Vers... (Henri, quarante-deux ans, | peintre sur éventails. Entré à Bicètre en 1901.

Antécédents héréditaires. — Son père esl bien portant.

Sa mère est morte à cinquantle-neuf ans d'une maladie de cœur.

Il a deux frères et une Sœur qui sont en bonne santé.

Pas de maladie nerveuse dans sa famille.

Antécédents personnels. — Rougeole dans sa jeunesse, pas d'autres maladies aiguës.

Chancre à la lèvre inférieure à l’âge de dix-huit ans; il a été cautérisé

au nitrate d'argent, mais le malade ne s'est jamais soigné autrement.

A la suite de ce chancre, il a eu la roséole et des plaques muqueuses et il a perdu ses cheveux.

Il s’est marié à vingt-sept ans el à eu six enfants venus à terme, dont un est mort de méningite et dont un autre, venu au monde depuis que le malade est à Bicêtre, est mort à neuf mois; les quatre autres sont encore bien portants. Sa femme a fait deux fausses couches, non pas au début de son mariage, mais entre le quatrième et le cinquième enfant.

Etait un peu éthylique : buvait peu de vin même pas un litre par jour, mais une absinthe chaque jour et quelquefois plusieurs, deux, trois ou quatre.

Histoire de La maladie. — La maladie s’est annoncée en 1897 par de la diplopie intermittente et par des douleurs dans les jambes survenant brusquement : ces douleurs au début étaient peu intenses et peu fréquentes. Ilest allé à la Salpêtrière, où M. Déjerine a fait le diagnostic de tabes et l’a soigné par de l'iodure de potassium à forte dose (jusqu’à dix cuillerées par jour). La même année, sa paupière droite est tombée et l’on a constaté une paralysie de la troisième paire droite : au bout de quinze jours de traitement ioduré la paupière se serait relevée.

De 1897 à 1901, il aurait eu une très légere incoordination. Depuis mai ou juin 1900, il ressentait des fourmillements dans les mains et avait une certaine difficulté à prendre le pinceau.

En avril 1901, il a eu un brouillard devant l'œil gauche, il est allé voir M. Panas qui a diagnostiqué le tabes. En mai et juin, l'œil droit commença à se prendre; en octobre, le malade avait presque complètement perdu la vue.

11 entre à Bicêtre le 9 novembre 1901.

Examen le 28 décembre 1901. — Il n'est pas tout à fait aveugle, il distingue la couleur blanche; mais ne peut reconnaître aucun objet.

A l'ophtalmoscope, atrophie des deux papilles consécutives probablement à une double névrite, pupilles tout à fait immobiles à la lumière. Paralysie du moteur oculaire commun de l'œil droit datant de trois ans; le plosis est peu marqué, le releveur de la paupière supérieure à presque complètement recouvré sa motilité, néanmoins, lorsque le malade regarde directement en face, sa paupière droite recouvre le tiers supérieur de la pupille : une partie dela motilité du releveur doit être attribuée à l’action du frontal. Les muscles extrinsèques du globe oculaire sous la dépendance du moteur oculaire commun restent

complètement inertes et l'œil droit est fortement dévié en dehors.

Paralysie du moteur oculaire externe de l'œil gauche datant de trois ans et demi. Le Romberg est ébauché; debout, les pieds rapprochés et les yeux fermés, le malade oscille un peu; mais ne tombe pas. Il est incapable de se tenir sur un seul pied, il oscille et tombe. La marche est difficile parce que le malade est aveugle et ne peutseconduire, mais elle n’est pas incoordonnée. Il ne semble exister d’ataxie, ni pour les membres inférieurs, ni pour les supérieurs; il exécute bien les mouvements délicats, il porte bien son doigt au bout du nez.

Abolition des réflexes rotuliens et radiaux, réflexes crémastériens difficiles à rechercher à cause d'une hernie. Réflexe plantaire en flexion. Réflexe pharyngé diminué. Les douleurs existent encore, elles ont aux jambes le caractère fulgurant, elles surviennent par crises de fréquence et d'intensité variables, elles sont exagérées par le froid. Parfois, sensation de broiement des jambes. Quelques douleurs violentes par intermittence à la face interne des bras.

Hypoalgésie légère sur la face antérieure de la cuisse droite et sur lesbandesradiculaires inférieures du brasgauche. Anesthésie plantaire : ne sent pas bien le sol, a la sensation de marcher sur du coton. Analgésie du nerf cubital à la pression. Légère analgésie trachéale. Se plaint de sensations subjectives diverses; fourmillements dans les mains et au-devant de la poitrine, sensation de froid au bras gauche; pas de sensalions de ce genre aux membres inférieurs.

Aucun trouble gastrique, appélil conservé.

Aucun trouble urinaire : sent très bien le besoin d'uriner, sans passer les urines; n'urine pas dans son pantalon, ne perd pas les dernières gouttes.

Aucun trouble de la défécation.

Audition et guslation normales.

Bonne constitution, mais amaigri d'une façon notable, ne présente pas l'aspect grêle des cachectiques de certains tabétiques.

Examen en 1902. — Mème état des yeux.

Pas d’'incoordination des membres inférieurs ou supérieurs, pas de Romberg, pas d'asynergie, équilibre statique dans le décubitus normal, force musculaire des membres inférieurs et supérieurs intacte dans tous les segments. ”

Pas de réflexes rotuliensni achilléens, pas de réflexes crémastériens, réflexe abdominal conservé, flexion des orteils.

Ne souffre plus des jambes.

Ne laisse pas échapper son urine.

Erections et puissance virile conservées : sa femme est enceinte depuis son entrée à Bicètre.

Lymphocytose abondante dans le liquide céphalo-rachidien.

Examen en octobre 1903. — Il distingue le jour de la nuit, il reconnaît la lumière des lampes; l'œil droit est un peu meilleur que le gauche. A l'ophthalmoscope la papille droite est blanc grisâtre; le centre est blanc; la périphérie est neltement grise: les vaisseaux ne disparaissent en aucun point; l’une des veines inférieures paraîl un peu plus volumineuse que normalement; les bords de la papille ne sont pas très délimités, mais ils ne sont pas assez bouleversés pour supposer qu'il y a eu, antérieurement à l’atrophie actuelle, une neuro-rélinite œdémateuse; l’état des vaisseaux ne permet pas non plus cette conclusion : ils ne sont pas sensiblement modifiés de volume; il n'ya pas de lésion péripapillaire. Le fond de l'œil gauche prête aux mêmes considérations une veine supérieure et relativement volu mineuse. La pupille droite est plus large que la gauche; la gauche est très irrégulièrement ovalaire. Sous l'influence de l’atropine, les deux pupilles se dilatent d'une façon ovalaire, mais la droite beaucoup moins nettement que la gauche; toutes deux se dilatent un peu péniblement. Aucun réflexe à la lumière, aucun réflexe accommodateur quand le malade s'imagine regarder son doigt de près ou de loin. Ptosis très net à droite, paralysie du moteur oculaire commun droit et du moteur oculaire externe gauche; les yeux ne peuvent dépasser la ligne médiane vers le gauche, l'œil gauche n'atteint même pas cette ligne médiane; l'œil droit ne peul regarder ni en haut ni en bas.

Ne paraît pas avoir d’alaxie sensible; marche bien; à peu près sans talonner, il constate même une certaine amélioration dans sa démarche, sans doute parce qu'il s'accoutume à sa cécité. Tourne très bien, les yeux ouverls ou fermés, mais ne peut se tenir sur une jambe ; il se tient un peu mieux cependant sur la jambe droile. Réflexes rotuliens, achilléens, radiaux et olécrâniens totalement absents. Réflexes crémas-

tériens absents (hernie inguinale gauche de volume moyen), réflexes abdominaux existent. Flexion des orteils. Réflexe pharyngé existe, mais peu fort.

N'a plus de douleurs dans les jambes. |

Hypoesthésie marquée à lapiqûre, seulement à la partie interne du bras gauche, sur tout l'avant-bras,surle dosdes mains et un peu sur les paumes. Sensibilité périoculairenormale; sensibilité desglobesoculaires à la pression conservée. Sensibilité au diapason très altérée aux deuxmembres inférieurs (zéro sur les deux tibias) et au membre supérieur droit{dessus la main),moins au membre supérieur gauche (6su rla main).

Pas de douleurs gastriques, langue normale, bon appétit. Aucun trouble vésical, ni miction retardée, ni dernières gouttes involontaires.

N'a plus aucune érection.

Ouïe très bonne : entend la montre à 50 centimètres à droite et à gauche. Rinne et Weber normaux.

Aucun trouble psychique.

Assez d'embonpoint, aurait engraissé dans les dernières années. Facies plein, coloré, aspect général de bonne santé. Pèse 59 kilos. Taille 1 m. 59.

En résumé, il a eu quelques douleurs peu vives et peu fréquentes avant la cécité; depuis la cécité toute douleur a disparu, il n'y a pas d'incoordination sensible, pas de crise viscérale quelconque; très légers troubles de la sensibilité; dans les derniers mois les érections ont disparu ; la nutrition générale se maintient très bonne.

B. — TABÉTIQUES VRAIS.

OgBsEervarion X. — Giraup.. (Emmanuel), cinquante ans, sculpteur sur bois.

Anlécédents hérédilaires. — Son père « très nerveux », éthylique,

est mort subitement à cinquante et un ans.

Sa mère « asthmatique » a été constamment alitée, elle est morte à cinquante-quatre ans d'une affection pulmonaire ou cardiaque (asystolie probable)(?)

Il a trois sœurs dont une «asthmalique », il a perdu un frère, d’une angine, à onze ans.

Pas de maladie nerveuse dans sa famille.

Anlécédents personnels. — 11 nie toute syphilis ou tout accident syphililique, mais il reconnaît trois ou quatre blennorragies.

Il a vécu avec une femme de lrente à lrente-trois ans. Il n'a eu

qu'un enfant mort-né. Avec une autre femme, il a vécu de trente à trente-neuf ans et n'en a eu également qu'un enfant mort-né.

Histoire de la maladie. — Dans l'été 1890, il ressentit brusquement une douleur vive dans l'œil, semblable à celle que produisent les corps étrangers ; cette douleur dura trois ou quatre jours. Dèsle lendemain, il s'apercevait que la vue de l'œil droit baissail, elle a diminué par l'épaississement progressif d'un brouillard devant cet œil ; au bout de dix mois, cet œil ne voyait presque plus; l'œil gauche était toujours très bon : à cette époque, M. Galézowski constata l'atrophie de la papille. Enjuillet 1882, M. de Wecker pratiqua l'élongation du nerfoptique droit. L'œil gauche qui était encore excellent jusque-là, commença à se prendre trois ou quatre semaines après ; le malade vitencore vaguement toute l’année 1893, et, depuis la fin de 1893, la cécité fut, pour ainsi dire complète: la vision n'a guère changé depuis cette époque jusqu’à maintenant. Il n'y avait jamais eu ni rétrécissement du champ visuel, ni scotome ni dyschromatopsie, nidiplopie.

Très peu de temps après l'opération, ont commencé des étourdissements et des engourdissements, des faiblesses dans les jambes, spécialement dans la jambe droite; puis, au début de 1893, des douleurs véritables, douleurs lancinantes, en coups de couteau, dans les genoux, les mollets, les pieds, l'abdomen, mais ni dans les membres supérieurs, ni dans la ceinture.

En 1893, ont débuté aussi des troubles laryngés : toux, expectoration, reprise bruyante del’inspiration, etc.

En 1894, seulement est survenue l'incoordin rieurs et la gêne de la marche ; il lançait les jambes en tous sens.

En 1895, se sont montrées pour la première fois des douleurs gastriques: ce ne sont point des crises typiques, ce sont surtoutdes piluites douloureuses qui surviennent pendant quelques heures dans la journée

ation des membres infé-

ou dans la soirée.

Examiné en 1900. —On constate que la cécité est presque complète,

çoit cependant les impressions lumineuses très vives. Les atées. Il n'y a aucun réflexe à la lumière, éflexe à la convergence.

le malade per pupilles sont moyennement dil mais il semble y avoir encore un peu de r Il y a un léger strabisme divergent surtout de l'œil gauche. L'incoordination est très nette et beaucoup plus marquée à la jambe droite qu’à la jambe gauche. Il peut enrore se tenir debout quelques instants seulement. Il marche seul avec deux cannes. Pas d'incoordi-

nation manifeste des membres supérieurs.

Abolition des réflexes rotuliens.

ETos ee

Pas de douleur nette en ceinture, mais plaques douloureuses dans la hanche et dans les espaces intercoslaux. Douleurs plus fortes à droite qu'à gauche.

Analgésie cubitale et péroniaire.

Douleurs gastriques fréquentes sans crises véritables.

Langue petite, tremblante el non manifestement atrophiée.

Troubles laryngés très accusés : toux, reprise sonore de l'inspiration, salivation exagérée.

Il est obligé d'uriner toutes les heures, il est souvent obligé d'attendre et de faire des efforts pendant un quart d'heure; il ne semble pas avoir jamais perdu d'urine dans son pantalon.

Traits du visage excavés, face maigre, teint plutôt blanc.

Examiné en 1902. — Grosse incoordination, surtout à droite: peut marcher. Pas d'hypotonie, pas d'asynergie. Pas d’incoordination des membres supérieurs. Pas de perte de la notion de position des membres. Immobilité en flexion des orteils. ”

Perte des réflexes crémastériens.

À conservé des érections, peut encore pratiquer le coït.

Lymphocytose modérément abondante dans le liquide céphalorachidien.

Examen du 10 novembre 1903. — Distingue encore le jour de la nuit, mais ne voit pas les becs de gaz même comme des lueurs. A l’ophthalmoscope, deux papilles blanches nacrées, typiques, à bord nettement délimité, en pain à cacheter. Les pupilles sont un peu petites, irrégu- Bières. La pupille gauche est un peu plus grande que la droite. Aucun réflexe lumineux ni accommodateur. Léger strabisme divergent.

Ne peut se tenir debout sans appui solide. Marche en talonnant beaucoup, avec une canne. Pas d'ataxie notable des membres supérieurs. Les réflexes rotuliens manquent, les achilléens ne peuvent être recherchés, les radiaux existent, les olécrâniens font défaut !

Les réflexes crémastériens sont abolis, les abdominaux existent. Le chatouillement de la plante du pied produit la flexion des orteils à gauche, à droite 1l est douloureux et produit seulement l'extension involontaire du pied. Le réflexe pharyngien est aboli. Les douleurs des jambes et de l'estomac sont moins fréquentes, mais non moins intenses ; elles ont conservé le même caractère de douleurs lancinantes pour les jambes, de douleurs peu violentes, peu brusques, peut-être en rapport avec l'alimentation pour l'estomac.

La sensibilité au contact existe partout; la sensibilité à la piqûre existe également partout, mais avec un retard très notable dans la

ca

sé

perception sur tout le corps. Pas d’anesthésie plantaire; hypéresthésie de la plante du pied droit au chatouillement.

Pas de trouble du sens musculaire ni du sens stéréognostique.

La langue semble être un peu atrophiée du côté gauche. Toux, inspiralion sonore, expectoration continuelle, salivation excessive, voix non cassée, mais légèrement enrouée.

Urine bien et fréquemment, mais est obligé d'attendre et de pousser; dernières gouttes involontaires. Sent le besoin d’uriner, n’a pas d'incontinence des premières gouttes, rarement besoins pressants, faux besoins plus fréquents.

Pas de trouble rectal.

Erections nocturnes très fréquentes à l’occasion d’uriner. À conservé une certaine puissance sexuelle, a encore pratiqué le coït il y a sept ou huit mois.

Entend la montre à 15 centimètres à gauche, à 30 centimètres à droite; grand énervement, besoin continuel de mouvement, soif de grand air et de fatigue, caractère désagréable et agressif.

La nutrition générale laisse beaucoup à désirer : les joues sont excavées, ridées, pâles, jaunâtres ; l'amaigrissement général, sans atrophie localisée. Le poids est seulement de 49 kg. 300.

En résumé, depuis sa cécité, le malade a eu successivement des douleurs dans les jambes, de l'incoordination des membres inférieurs, des douleurs gastriques, des troubles urinaires, une altération notable de la sensibilité objective : tous ces troubles, après s'être établis, ont persisté et augmentent d'intensité plutôt qu'ils ne diminuent.

OrservaTION XI. — Jouv... (Jean), soixante et un ans, maçon. Entré à Bicêtre en mars 1885.

Antécédents héréditaires. — Père mort subitement à soixante-dix-sept ans. ;

Mère morte à trente ans, de pneumonie.

Grands parents paternels morts âgés.

A deux sœurs bien portantes, un frère est mort tuberculeux à dixneuf ans.

Aucune maladie nerveuse ou mentale dans sa famille.

Antécédents personnels. — Perforation congénitale de la voûte et du voile du palais sans bec de lièvre ; est le seul de sa famille à présenter

- ette malformation.

Ne reconnaît pas avoir eu un chancre: mais, à vingt-cinq ans il

aurait eu pendant quinze jours un écoulement qui fut « suivi de plaques muqueuses ».

Marié à trente-deux ans, ila eu deux enfants qui sont encore bien porlants à vingt-quatre ans et vingl-sept ans ; sa femme n'a pas fait de fausse couche. Pas de maladie antérieure; ni maladies dans l’enfance, ni rhumatisme, ni traumatisme sauf « foulure » du pied gauche en 1883, qui fut suivie de claudication persistante. .

Histoire de la maladie. — Le début s'est fait en 1883 par des douleurs dans les membres inférieurs, douleurs lancinantes, en coups de couteau, mais ne parcourant pas les membres.

Au commencement de 1884, le malade commence à marcher de travers, et, en même temps, constate une diminution rapide de la vue à la fois pour l'œil droit et pour l'œil gauche ; le champ visuel se rétrécit en même temps que la vue se brouille; il n'y a ni diplopie, ni dyschromatopsie.

A la fin de 1884, ou au commencement de 1885, la vue est perdue complètement. Depuis cette époque, les crises de douleurs lancinantes se sont répétées ; le moteur oculaire commun gauche s’est parésié, puis paralysé ; la puissance génitale et même les érections ont complètement disparu. Tous ces troubles ont débuté presque simultanément en 1885. Au dire du malade, l’incoordination serait survenue en 1885 et il aurait été incapable de marcher à partir de 1888. Cependant J. Mar- Un note dans sa thèse, en 1890, qu'il n'a pas d’alaxie.

Examen en 1890 (Thèse de Joannès Martin, Berne, 1890).

Martin constate : amaurose complète; distingue seulement le jour de la nuit; atrophie papillaire. Pupilles dilatées surtout à gauche. Plosis de la paupière supérieure gauche, parésie du droit interne gauche. Pas d'alaxie : quoique aveugle, marche bien avec sa seule canne pour se chriger. Pas de Romberg. Abolition des réflexes rotuliens. Les douleurs fulgurantes persistent par crises assez éloignées dans les membres inférieurs, peu dans les membres supérieurs ; quelques douleurs en ceinture. À la piqire, léger retard aux jambes, peu aux cuisses; pas d’autres troubles de la sensibilité, sent bien le sol. Pas de crises gastriques. Pas de troubles urinaires ni de la défécalion ; rien du côté de la langue, rien au cœur.

Examen en 1896. — On note : cécité complète. Paralysie du moteur oculaire commun gauche : plosis, limitation des mouvements d'élévalon et d’abaissement, impossibilité de l'adduction. Très léger ptosis à droite.

Ataxie considérable des membres inférieurs rendant la marche abso-

tt.

lument impossible. Pas d'atrophie des masses musculaires. Membres supérieurs absolument intacts. Force musculaire intacte.

Absence des réflexes rotuliens et crémastériens.

Douleurs fulgurantes, persistantes, avec la même intensité qu'au premier jour. ,

Pas de troubles de la sensibilité au contact, à la douleur, à la température; sensibilité plantaire assez bien conservée.

Crises gastriques assez fréquentes, sans vomissements. Fréquence des mictions et arrêt brusque du jet pendant la miction.

Examen en 1900. — Ilne distingue pas le jour de la nuit. Pupille gauche un peu plus petite que la droite. Réflexes à la lumière semblent perdus. OEil gauche en strabisme externe.

Incoordination énorme des membres inférieurs. L'hypotonie lui permet de porter le pied jusqu'au niveau de la tête quand il est couché et de faire le grand écart.

Double genu recurvatum. Impossibilité de la marche. Pas d'incoordination des membres supérieurs.

Douleurs fulgurantes toujours aussi fortes l'hiver, moins intenses l'été. Hypoalgésie de toute la partie sous-ombilicale du corps.

Le malade se plaint de renvois et de quelques crampes, mais rien de ce qu'il dit ne rappelle la vraie crise gastrique.

Parfois peu d’incontinence relativeet delenteurau début de la miction.

État de la nutrition médiocre.

Examen en 1902. — Cécité complète, ptosis et strabisme externe à gauche. Grosse incoordination des membresinférieurs, aucune incoordination des membres supérieurs : il peut coudre, il porte le doigt à son nez avec précision.

Grosse hypotonie des membres inférieurs. Les pieds ballottent quand on secoue les jambes, surtout le pied gauche, qui a été, en 1883, le siège d’une « foulure » et qui est actuellement très creux.

Hypotonie dans les mouvements d'extension de la jambe sur la cuisse: genu recurvatum, le pied se soulève quand la cuisse reste appliquée sur le plan du lit (en 1895, Sureau, dans sa thèse, avait noté que le pied droit se soulève ainsi à 5 centimètres au-dessus du plan du lit, le gauche à 10 centimètres).

Hypotonie moins marquée dans la flexion de la jambe sur la cuisse. Hypotonie de la flexion de la cuisse sur le bassin, surtout à gauche : le malade peut placer le membre inférieur gauche tout à fait contre le thorax et l'abdomen. Hypotonie dans les mouvements de flexion et de

latéralité du bassin.

Pas d'hypotonie des membres supérieurs.

Réflexes rotuliens abolis, réflexe plantaire nul à droite, nul ou en légère flexion à gauche.

À encore, de temps en temps, des douleurs fulgurantes dans les genoux et dans les mollets.

Sensibilité conservée, mais retard dans la perception et prolongation de la sensation de piqûre dans les membres inférieurs, surtout au niveau de la plante des pieds.

Pas d’incontinence d'urine nette : quelques gouttes tout au plus.

Erections abolies.

Lymphocytose modérément abondante dans le liquide céphalorachidien.

Examen le 12 novembre 1903. — La cécité est absolue : le malade ne voit ni le jour, ni les becs de gaz, ni une lumière électrique placée contre son œil.

Atrophie blanche des deux papilles.

Chute complète de la paupière supérieure gauche ; très forte déviation de l'œil gauche en dehors ; impossibilité de tout mouvement de cet œil en dedans, en haut ou en bas.

La pupille droite est normalement dilatée, la gauche est un peu plus grande. Aucun réflexe pupillaire à la lumière ou à l’accommodation imaginative.

La marche ou la station debout sont absolument impossibles; quand le malade est couché on s’aperçoil que ce sont surtout les genoux et ‘es hanches dont les mouvements isolés se font de façon anormale, sans mesure; 1l peut cependant encore élever lentement ses jambes au commandement, les mouvements des pieds sont relativement meilleurs. Hypotonie énorme des cuisses et des jambes, le malade porte très facilement ses pieds à ses genoux. Il oppose encore une résistance notable aux tentatives de mouvements passifs de tous les segments. Aucune: ataxie des membres supérieurs, hypotonie très faible des avant-bras, pas d’hypotonie ailleurs. Force musculaire assez bien conservée.

Abolition complète de Lous les réflexes tendineux des membres inférieurs et supérieurs, roluliens et achilléens, radiaux et olécrâniens. Réflexes cutanés abolis, immobilité des orteils; la plante des pieds est très épaisse, écailleuse et hypéresthésique. Le réflexe pharyngé ne peut être recherché à cause de la division congénitale de la voûte et du voile.

Douleurs en coups de couteau dans les fesses, les cuisses, les genoux, les mollets, les pieds, quelquefois dans le flanc ou l'abdomen sans véritables douleurs en ceinture, rarement dans les bras. Ces douleurs

ont toujours été localisées, n’ont jamais parcouru brusquement les membres. Elles augmentent beaucoup de fréquence par les temps humides et en hiver; elles sont alors espactes de huit jours au plus; au contraire, en été, elles s'espacent parfois de plusieurs mois.

Il sent partout le comact et la piqûre, mais avec un retard très notable aux membres inférieurs; de plus il localise assez mal, il indique, par exemple, le cinquième orteil au lieu du deuxième; enfin il distingue mal la piqûre du pincement.

Hypéresthésie de la plante du pied.

Sensibilité périorbitaire et sensibilité des globes oculaires à la pression normale. La sensibilité au diapason paraît être presque nulle aux membres inférieurs; on ne peut en apprécier la valeur à cause d’un énorme relard des sensations; aux membres supérieurs, la sensibilité au diapason est: modérément altérée (7 aux deux mains). Le sens musculaire semble un peu altéré. Le sens stéréognostique est parfait. Pas de paresthésies, pas de sensations subjectives, pas de sensation de froid ou de chaud excessif par exemple.

Embarras gastrique, douleurs après les repas, jamais très violentes, jamais de crises vraies ni de vomissements. Langue large et épaisse, sans tremblement ni atrophie.

Pas de troubles laryngés.

Aucun trouble urinaire: les mictions ne sont ni fréquentes, ni retardées, ni involontaires au début ou à la fin, ni inconscientes. Aucun trouble rectal.

Erections complètement disparues.

Ouïe assez mauvaise ; n'entend pas la montre au contact à gauche, l'entend à 7 ou 8 centimètres à droite. Rinne normal des deux côtés, Weber localisé à gauche.

Goût et odorat bons.

Large. perforation de la voûte et du voile sur toute leur longueur et sur une largeur de 3 centimètres.

État mental bon, mais énervement continuel, besoin d’agitation et de mouvement remarquable.

La nutrition générale laisse beaucoup à désirer; le facies est éliré et ridé, pâle; les joues sont un peu flasques; les membres inférieurs sont extrêmement atrophiés avec un double genu recurvatum très marqué ; les pieds sont courts, tassés, le gauche surtout, sans arthropathie véritable; ils serapprochent cependant beaucoup du pied tabétique typique. Le malade n'a été pesé qu'il y a trois ou quatre ans, il pesait 62 kg. 500; la difficulté de sa mobilisation empêche de le peser de nouveau.

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