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douleurs viennent au moins toutes les semaines, elles durent douze à trente-six heures, elles sont très fortes; elles occupent les membres inférieurs; mais depuis une récente vaccination le malade a aussi quelques douleurs dans le membre supérieur gauche.
Depuis peu de temps avant son entrée, le malade présente un peu d'incontinence relative, surtout nocturne.
Examen à son entrée {mars 1901). — La cécité est absolue.
Les pupilles sont extrêmement dilatées des deux côtés, mais surtout à gauche. On ne constate aucun réflexe lumineux. Ptosis double prononcé. L'œil droit a tendance à se placer en strabisme externe.
Pas d'incoordination, pas de Romberg ; peut se tenir plusieurs secondes sur une seule jambe. Marche bien à la condition qu'on le conduise. Pas d'ataxie des membres supérieurs; est capable de boutonner sa chemise avec l’une ou l’autre main.
Réflexes rotuliens abolis. Réflexes crémastériens abolis. Réflexe pharyngé conservé.
Douleurs fulgurantes des membres inférieurs toujours fréquentes et violentes, mais n’en a pas au moment où on l’examine.
Sensibilité tactile et douloureuse conservée partout ; aucun retard ni perversion des sensations. Pas d’anesthésie cubitale à la pression. Pas d’anesthésie mammaire ni épigastrique. Pas de fourmillements ni de paresthésies quelconques dans les membres supérieurs ou inférieurs.
Aucune crise viscérale.
Perd quelquefois un peu ses urines la nuit.
A eu des rapports sexuels jusqu'à la mort de sa femme en 1887; depuis cette époque, il n’a plus aucun désir sexuel.
Pas de bourdonnements d'oreilles, pas de céphalalgies.
Il y a beaucoup de vague dans la manière dont le malade répond aux questions ; il croit être en 1999. Le malade est chauve, très ridé ; l'état de sa nutrition, sans être mauvais, est cependant médiocre ; les traits sont un peu tirés, mais le malade a soixante-six ans.
Entré à l'infirmerie le 21 novembre 1901 pour de la diarrhée et de la dyspnée, on le trouve.en asystolie ; il a un souffle systolique et diastolique mitral, un souffle systolique tricuspidien ; il se cachectise rapidement et meurt le 4 décembre 1901.
En résumé, après un début qui s'était fait par des douleurs et une disparition des désirs sexuels, la cécité apparut rapidement, presque brusquement, dix ans avant Sa mort : depuis lors des douleurs ont persisté, aussi fortes et aussi fréquentes, mais il ne s’esl développé ui incoordination, ni troubles sensilifs objectifs, ni aucune crise visCé-
rale, seulement un peu d'incortinence nocturne parfois: la nutrition générale était médiocre, mais le malade avait soixante-six ans au moment de l'examen.
OgsERvarTION XVIII. — Bour... (Mathurin-Alexandre), trente-cinq ans, paveur. Entré à Bicêtre le 5 janvier 1898, mort le 31 août 1900.
Antécédents héréditaires. — Rien de particulier.
Antécédents personnels. — Syphilis en 1888 : petit chancre, bubons, plaques muqueuses dans la gorge et la bouche, ni roséole, ni autre éruption cutanée, ni alopécie.
Rougeole dans l'enfance.
Histoire de la maladie. — Le début de l'affection paraît s'être fait brusquement en février 1893, par des troubles de la vue: à cette époque,ils’'est, un jour, aperçu queles lettres du journal lui paraissaient pelites et qu'il les lisait très difficilement ; quatre jours après il ne pouvait pluslire du tout. Il voyait encore nettement les objets éloignés, il n'avait aucun trouble de la marche, il put continuer son métier de paveur. Il alla, cependant, consulter aux Quinze-Vingts où on lui ordonna de l'iodure de potassium : au bout de quinze jours, la vue était sensiblement améliorée, il pouvait lire presque comme avant.
Vers 1894, il a vu double pendant quelques semaines.
Depuis l'hiver de 1896, il a eu des douleurs fulgurantes dans les
jambes qui ne l'ont pas empêché de travailler.
Au commencement de 1896, sa vue se perdit de nouveau au point qu'il pouvait à peine se conduire : un brouillard s'épaississait devant ses yeux ; il n'a jamais vu comme dans un entonnoir. En même temps se développaient une paralysie oculaire qui existe encore et des troubles de la marche ; la marche devenait difficile ; il jetait les jambes de côté; la parole devenait un peu spasmodique. Ilentra à Lariboisière, dans le service de M. Delens, le 10 novembre 1896: au bout de quelques jours il ne voyait plus du tout. Après un séjour de quatorze mois à Lariboisière, il entra à Bicêtre en janvier 1898.
Examen en janvier 1898. — Le malade ne voit que des ombres, mais suffisamment pour distinguer un homme d'une femme. Atrophie papillaire des deux côtés. Du côté gauche cicatrice adhérente irido-cornéenne consécutive à un traumatisme antérieur (coup de couteau à l'âge de cinq ans’. Le réflexe pupillaire à la lumière parait disparu.
Paralysie du droit externe de l'œil droit: l'œil droit est dévié en dedans, l'œil gauche subit une déviation secondaire dans le même
sens, mais lorsqu'on dit au malade de regarder un objet placé à droite avec son œil droit, la déviation secondaire de l'œil gauche en dedans, est beaucoup plus considérable que celle de l'œil droit quand on répète l'expérience du côlé opposé. De plus, le malade ne peut porter en dehors son œil droit, ‘tandis que ce mouvement se fait complètement et facilement pour l'œil gauche.
Le Romberg existe et le malade ne peut rester debout les pieds joints. Dans la marche il jetle un peu ses jambes de côté, il marche les jambes écartées el chancelle lorsqu'on lui dit de tourner brusquement. La préhension parait conservée ; la vue étant très atteinte, le malade hésite avant de prendre un objet.
Réflexes rotuliens complètement abolis des deux côtés.
Douleurs fulgurantes dans les jambes. Il a eu aussi quelques douleurs en ceinture au niveau du thorax.
Sensibilités au contact, à la douleur, au froid et au chaud conservées partout. Sens musculaire complètement conservé, de même que la notion de poids : le malade peut saisir sans difficulté qu'il existe une différence entre le poids d'un porte-plume et celui d'un couvercle d'encrier. Sens stéréognostique conservé.
Pas de troubles gastriques.
À eu un peu d'incontinence el de rétention d'urine relative : n'a pas de troubles de Ia miction pour un moment.
Examen en juin 1900. — Il voit encore les arbres, les maisons, mais ne voit pas assez bien pour se conduire. Le réflexe lumineux manque complètement.
Marche bien et tourne facilement. Peut se tenir sur un seul pied.
Absence complète dé réflexes rotuliens. N'a plus eu de douleurs fulgurantes depuis un an, ce qu'il attribue au traitement continu par l'iodure. Hypoalgésie des jambes avec analgésie de leur face interne ; hypéresthésie en ceinture au niveau du thorax.
Pas de troubles gastro-intestinaux.
Urine difficilement, troubles typiques de la miction.
Pas de troubles génitaux ; éreclions persistent; continue à avoir des rapports sexuels.
Parole un peu altérée, un peu spasmodique, depuis 1896 (?). Etat psychique de contentement, d'espoir dans les effets du traitement suivi, qui, rapproché du caractère spécial de la parole, éveille l'idée d'une paralysie générale possible. ï
Aspect général excellent ; les traits ne sont pas tirés; les reliefs mus-
culaires sont normaux, aucune atrophie, poids 82kg. 500. Taille 1 m.67.
Évolution terminale. — Le 30 août 1900, il a présenté des phénomènes d’excitation vive, il a ri et chanté toute la nuit « parce qu'il va beaucoup mieux et qu'il voit depuis quelques jours les choses et les gens ». Il voit surtout le soir et distingue, dit-il, les bancs, les arbres et les clôtures des jardins. On constate qu'il voit en réalité, car il peut retrouver une personne dans la salle sans être guidé par le son de la voix jusqu'à 4 ou 5 mètres de distance. Comme il prétend marcher et courir avec la plus grande facilité, on le fait marcher el courir, et l’on voit qu'il sait éviter une table de nuit accidentellement placée devant lui. Il semble que ses pupilles réagissent un peu (?). I n’a toujours pas de réflexes rotuliens.
Le lendemain 31 août, le malade est monté seul dans les cabinets du troisième étage et quelques minutes après on l’a retrouvé sur le sol le crâne fracturé : il s'était jeté par la fenêtre. Le matin mème il avait dit à ses camarades « qu'il était facile de se suicider quand on le voulait, que ce n'était pas son devoir, mais qu'il aurait certainement le courage de le faire s’il le voulait ».
En résumé, le début s’est fait par des troubles de la vue qui se sont améliorés; puis, avec une reprise plus forte des troubles visuels qui a abouti à la cécité, ont paru des douleurs fulgurantes. Ces douleurs se sont calmées et ont disparu au bout de deux ans et demi; il n’y a eu aucun trouble viscéral que quelques troubles urinaires, et une incoordinalion assez limitée, la nutrition est restée excellente. Les troubles mentaux qui ont abouti au suicide font penser à la paralysie générale quoiqu'ils aient présenté un aspect un peu spécial.
OBSERVATION XIX.— CorrEen.…. (Louis), soixante et un ans, chanteur ambulant. Entré à Bicètre le 27 décembre 1899,mort le 20 septembre 1902.
Antécédents héréditaires. — Père mort à cinquante-six ans d'une affection pulmonaire.
Mère morte âgée.
Une sœur est morte à cinquante ans, atteinte de paralysie. Un frère est mort d'une affection stomacale.
A encore une sœur actuellement bien portante.
Pas d’autres maladies nerveuses dans la famille.
Anlécédents personnels. — À vingt-quatre ans, en 1864, étant soldat au Mexique, il eut un petit chancre induré : il°eut ensuite une seule fois une angine ; aucune autre manifestation secondaire.
Aucune autre maladie infectieuse.
En juin 1898, étant déjà tabétique depuis longtemps, il fut renversé
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par une voiture de brasseur qui lui écrasa la jambe droite: on dut faire l'amputation au tiers inférieur de la cuisse.
Histoire de la maladie. — Le début remonte à 1871. Il s'est fait par un affaiblissement progressif de la vue qui a commencé par l'œil gauche; jusqu’en 1876, il-a pu continuer son métier de papetier ; à partir de 1879 ou 1880, il ne distinguait plus le jour de la nuit; jusqu'en 1881, il aurait encore vu le disque solaire. À partir de cette date, la cécité fut absolue. Les oculistes lui auraient dit déjà, peu après le début, qu'il n’y avait rien à faire. M. Panas parla, en 1880, d'une « atrophie des nerfs optiques » ; il n’a jamais vu double.
Impuissance depuis 1894 ou 1895, plus d’érections depuis 1898 ou 1899.
Troubles urinaires depuis 1897 ou 1898: envies impérieuses, mictions retardées, quelquefois incontinence.
En 1898, a vu à plusieurs reprises des trainées de feu au point que plusieurs fois il fut tenté de crier « au feu »; ces sensations ne se sont pas reproduites. Semble avoir eu vers 1897 quelques douleurs, mais pas très fortes, térébrantes et non fulgurantes; elles n'ont duré que quelques années: il en a peu gardé le souvenir.
11 affirme avoir toujours très bien marché jusqu'en 1898, époque où il fut écrasé par une voiture el on lui amputa la cuisse droite.
Examen en mai 1900. — Cécité absolue. Strabisme externe de l'œil gauche ; la paralysie a dû survenir depuis la cécité puisqu'iln'a jamais vu double. Les deux paupières sont un peu abaissées sans plosis vrai.
Il ne se tient pas bien actuellement sur sa jambe de bois ; il a une grande appréhension de l'instabilité; on ne peut cependant pas dire en le faisant marcher qu'il y ait de l'incoordination ; il peut presque se tenir à cloche-pied sur la jambe gauche.
Rien aux membres supérieurs.
Perte du réflexe rotulien (gauche).
Pas de douleurs vraies, mais il a quelquefois, pendant deux ou trois jours, des plaques sensibles au toucher disséminées un peu partout sans localisation spéciale.
Un peu d’hypoalgésie de la jambe droite jusqu’au genou. Pas de crises ni de phénomènes gastriques. Parfois un peu de reprise sonore de l'inspiration.
Pousse un peu pour uriner; pas d'incontinence relative, mais a eu parfois un peu d'incontinence.
Impuissance.
Ouïe très bonne. Il existe une certaine émaciation de la face, il a le
«teint tabétique » et un peu de faciès tabétique; les orbites sont excavées, avec coloration bistrée. |
Examen en novembre 1901. — Cécité absolue. Plus de lueurs subjectives, d'hallucinations visuelles.
Réflexe rotulien de la jambe gauche affaibli, mais il semble qu'on le constate. |
Pas de douleurs, pas de troubles gastro-intestinaux.
Sensibilité conservée partout dans ses différents modes.
Incontinence d'urine depuis deux ou trois mois, envies impérieuses,
‘ dernières gouttes involontaires.
Ni puissance sexuelle, ni érections.
La nutrition laisse passablement à désirer, il est maigre, sa peau est plutôt mince, et son teint assez pâle.
Examen en juillet 1902. — Cécité absolue.
Mobilité bonne, équilibre statique de la jambe gauche bon. Se sert de sa main avec autant d'habileté qu'un autre aveugle, mange seul convenablement, n’a pas de métier, mais n'est pas maladroit.
Abolition du réflexe rotulien, mais de temps en temps on constate une contraction du quadriceps crural en retard sur la percussion, peut-être volontaire. Réflexe crémastérien aboli, réflexe abdominal conservé. Flexion des orteils.
Pas de douleurs fulgurantes.
« Masque tabétique ».
Incontinence des urines.
Pas d’érections.
Nutrition très atteinte.
Il lui est arrivé de temps en temps de perdre un peu la tête, de dire des bêtises, des « choses sales », mais n’a pas eu d'idées de persécution ni de grandeur.
Evolulion terminale. — Vers le mois d'août (?) aurait eu une attaque de paralysie pour laquelle il n’est pas entré à l'infirmerie ; depuis ce temps il a traîné, s’est affaissé, n’est plus sorti que trois ou quatre fois, il restait constamment au lit et était devenu gâteux. Transporté à l'infirmerie le 20 septembre 1902 avec des phénomènes dyspnéiques, il y est mort dans la nuit même.
En résumé, la cécité a évolué très longtempsavant les autres troubles et très lentement (de 1871 à 1879 el même 1881\; ensuite sont survenues l'impuissance, l'incontinence d'urine, l'atteinte assez forte de la nutrition générale ; il n’y a jamais eu de douleurs bien fortes; il n’y a
LA
jamais eu de crises viscérales, ni d'incoordination manifeste. Tardivementil est devenu un peu gàteux et un peu dément.
OgservarioN XX. — Cous... (Jules), quarante-deux ans, imprimeur. Entré à Bicêtre en septembre 1895, mort le 25 août 1897.
Antécédents héréditaires. — Pasde maladie nerveuse danssa famille.
Antécédents personnels. — Ne reconnaît pas avoir eu la syphilis.
Histoire de la maladie. — Le début s’est fait, en 1886, par des douleurs fulgurantes qui ont persisté depuis, plus ou moins violentes.
En septembre 1894, la vue commence à baisser tout doucement ; 1l s'en aperçut tout d'abord en lisant. En même tempsle malade éprouva quelques difficultés à marcher.
En 1894, il fit une chute dans un escalier en descendant une armoire el tomba sur le genou gauche. Il n'avait eù ni effondrement ni fléchissement des jambes. Quelques temps après, le genou commença à grossir graduellement, il souffrait beaucoup, mais put continuer à travailler: on lui mit un appareil silicaté à la Charité. En janvier 1895, M. Reynier lui fit une résection du genou gauche pour une « arthrite fongueuse »; il est à supposer que cette arthrite était peut-être une arthropathie tabétique. Depuis lors, ankylose du genou gauche. Les douleurs fulgurantes ont augmenté jusqu'au moment de l'opération, elles ont diminué à ce moment, puis sont revenues au moment de son entrée à Bicêtre. Il a vu clair jusque vers la fin de 1895: à partir de ce moment l'état des yeux est resté le même.
Examen en 1896. — Cécité à peu près complète. Papilles très
blanches, à contours nets, à vaisseaux petits et bien dessinés. Pupille
droite plus large que la gauche, le réflexe lumineux existe encore, mais paresseux.
Difficulté à marcher (en aurait eu déjà avant la résection du genou), marche avec deux cannes, mais peu d'incoordination et à peine un léger Romberg.
Pas d'incoordination des membres supérieurs.
Perte des réflexes rotuliens.
Douleurs fulgurantes dans les jambes, douleurs lancinantes dans les bras et les épaules, douleurs vagues dans Îles reins. Sensibilité au contact et à la piqûre existe partout. Analgésie du eubital et du péronier.
Pas de troubles gastriques, pas de crises laryngées. Constipation. Pas de troubles urinaires; a perdu quelquefois quelques gouttes d'urine dans son pantalon; urine souvent très peu.
Examen en février 1897. — Il entre à l'infirmerie pour des vertiges et des troubles psychiques particuliers.
Cécité absolue.
Pas d'incoordination des mouvements.
Abolition du réflexe rotulien.
Douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs.
La sensibilité paraît assez diminuée dans les membres inférieurs avec retard dans la perception des sensations de douleur, de chaud et de froid.
État psychique spécial, sensations de vertige; le malade se voit brusquement auprès de précipices et est pris de vertiges le jour comme la nuil ; il a l'impression d'être dans le vide. Il lui semble quelquefois que son lit est agité de mouvements. Il voit des bêtes bizarres. Il se plaint d'insomnie et de maux de tête.
La parole est hésitante ; il est lent à ccmprendre ce qu'on lui dit et à y répondre.
Évolution terminale. — Le malade entre de nouveau à l'infirmerie le 20 avril 1897. Troubles de la parole. Parole lente, hésitante ; il prononce certains mots de façon défectueuse, « palorama » pour panorama, ele., avec hésitation très analogue à celle de la paralysie générale.
Troubles psychiques : a eu une crise d’excilation très intense, on a eu la plus grande peine à le maintenir et on a été obligé de le camisoler.
Depuis quelque temps, il cachait des couteaux dans son matelas. Il croit que certaines personnes lui veulent du mal; il dit que tout
autour de lui on raconte qu'il est fou. La mémoire est assez bien con-.
servée et le malade raconte exactement les faits antérieurs de son existence.
Mort le 25 août 1897.
En résumé, le début s’est fait par des douleurs fulgurantes qui ont été le seul signe de la maladie pendant huit ans. La cécité a évolué ensuite dans l’espace d'un an environ; les douleurs ont momentanément diminué, puis repris. Pas d'incoordination très notable, pas de crise viscérale, pour ainsi dire pas de troubles urinaires, peut-être arthropathie tabétique du genou gauche. Troubles mentaux et troubles de la parole assez accusés dans les derniers mois faisant penser à la paralysie générale.
© OgservaTION XXI. — DEGr...; mort fin décembre 1898 à soixantetrois ans. Cécité complète depuis 1891. Nystagmus depuis 1893
Incoordination faible, pas ou peu d'hypotonie. Signe de Romberg.
Abolition des réflexes rotuliens.
Douleurs dans les orteils.
A eu de l'incontinence d'urine.
Sujet bien musclé à son entrée à Bicêtre, en 1895.
Il aurait présenté, dès ce moment, des troubles psychiques très caractérisés (perte de la mémoire, affaiblissement intellectuel et quelques idées de persécution); depuis 1897, il était complètement gâteux et dément et absolument confiné au lit.
Mort fin décembre 1898.
Osservarion XXII. — Desmar.…, courtier en photographie, soixantecinq ans.
Entrée à Bicêtre en 1897.
Peut-être syphilis ?
Atrophie des nerfs optiques constatée déjà par Fieuzal, Galézowski et Panas vers 1880. Il aurait eu quelques douleurs dans les jambes à partir de 1895.
En 1896, il aurait eu le talon droit coupé par une voiture.
A son entrée, quoique la cécité soit à peu près complète, il voit encore un peu le jour.
Il n’a pas d’incoordination, mais marche de travers à cause de la douleur qu'il ressent encore dans le membre inférieur droit.
Perte des réflexes rotuliens.
Il a encore quelques douleurs fulgurantes dans les jambes, mais ne s'en plaint pas spontanément.
Incontinence d'urine fréquente.
Il n’a pas du tout l'aspect cachectique; il a, au contraire, une bonne coloration du visage.
Mort le 5 mai 1900.
OeservarTion XXIII. — Despr.. (Auguste), quarante et un ans. Mort le 5 février 1903.
Anlécédents héréditaires. — Père mort à cinquante-quatre ans d'un cancer de l'estomac.
Mère morte âgée.
Un frère et une sœur : le frère est bien portant, la sœur a des attaques de nerfs et des pertes de connaissance, probablement comitiales.
Antécédents personnels. — Bien portant dans sa jeunesse.
Marié : a eu six enfants, un d'une première femme qui est vivant, et cinq d’une seconde femme dont aucun n’a dépassé l’âge de trois mois.
Histoire de la maladie. — Depuis 1886, il aurait présenté une période d’excitation génitale très considérable.
En 1890, il a eu une crise de rétention d'urine qui a cédé au bout de deux jours. Trois mois après, il s'est aperçu qu'il avait de la faiblesse marquée dans les jambes, il les projetait en marchant à droite et à gauche. La faiblesse des jambes augmentant, il entre successivement dans les services de M. Pierre Marie qui fait le diagnostic de tabes, de M. Babinski qui diagnostique une compression de la moelle, puis de M. Déjerine qui diagnostique une abasie hystérique.
Entré à Bicêtre en 1891, il marchait d’abord avec des béquilles, puis avec une canne. Îl en sort une première fois amélioré au bout de deux ans, marchant toujours avec ses béquilles, mais ne les gardant, disait-il, que comme sauvegarde.
La vue a commencé à baisser depuis le commencement de 1897 : diminution simple de l’acuité visuelle sans diplopie. Le 30 mai de la même année, il ne voyait plus à se conduire, mais à aucun moment il n’a cessé de distinguer le jour de la nuit.
Depuis 1890 il ressent des picotements dans les cuisses, dans les mollets, plus rarement dans les pieds et le dos.
Depuis avril 1897 engourdissement de l’annulaire et de l'auriculaire gauche et de l’auriculaire droit.
Il est rentré à Bicêtre pour la seconde fois en 1897, il a eu des douleurs en ceinture et des douleurs dans l’aisselle gauche depuis cette époque. Il a eu pendant un certain temps de l’incontinence d'urine,
En 1898, il ne voit que la lumière du jour, il est incapable de distinguer aucun objet. Atrophie blanche des deux papilles, légère zone grisâtre sur la partie interne du contour de la papille, les vaisseaux sont très nets.
Réflexes rotuliens complètement abolis, réflexes crémastériens très diminués, réflexes pharyngiens très faibles.
Troubles de la sensibilité : sensibilité au contact diminuée dans les deux membres inférieurs et au niveau de la main gauche. Sensibilité à la couleur conservée aux membres inférieurs, diminuée à Ja main gauche, surtout sur le bord cubital. Sensibilité au chaud presque abolie dans la jambe droite, depuis le mollet et dans le.pied droit, diminuée aussi à la partie inférieure de l'avant-bras gauche; sensibilité au froid diminuée seulementsur la partie inférieure de l'avant-bras gauche. Sens musculaire conservé ainsi que notion de position des membres.
Examen le 28 mars 1902. — I] distingue la lumière du jour. Pupilles très dilatées, la gauche plus que la droite, aucune réaction à la lumière.
Il marche avec des béquilles ou dans un chariot, il penche le corps en avant et ramène ses jambes en traînant la pointe du pied et en fléchissant à peine la jambe sur la cuisse. Hypotonie marquée. Il ne peut se tenir debout sans être appuyé.
Extension et flexion de la cuisse sur le bassin abolies ou diminuées ; extension de la jambe sur la cuisse excellente, flexion faible ; extension du pied sur la jambe bonne, flexion faible; l'adduction des cuisses n'est forte que jusqu'à une distance de 10 centimètres entre les deux genoux.
Réflexes rotuliens et achilléens abolis.
Extension des orteils des deux côtés.
Quelques douleurs fulgurantes survenant tous les deux jours au moins, souvent dans les genoux ou les pieds. Sensation continuelle d'engourdissement dans les deux mains.
Incontinence d'urine goutte à goutte, mais néanmoins relard de la miction.
A encore des érections.
A des idées de suicide; dit qu'il a tenté de se détruire en faisant des frictions mercurielles pendant trois jours sur les tempes, sur le flane, etc., a eu une stomatite mercurielle intense : il dit qu'il a risqué à ce moment « quitte ou double ». Il a perdu la mémoire, il a des idées incohérentes et passe facilement d'une idée à l’autre. Il est sans cesse mécontent, demande à entrer à l’infirmerie et ne peut y rester quand il y est, ou n'y pense plus au bout de quelques instants. Très irritable par moments, à d’autres il se prête complaisamment à un examen prolongé.
Il entend mal de l'oreille gauche,
Depuis octobre 1901, ptosis incomplet, mais très net de la paupière supérieure gauche. Les deux yeux ont une convergence nettement insuffisante, l'élévation est également altérée.
Mort le 5 février 1903.
OBservarION XXIV. — Dupo..., soixante-quatre ans, sculpteur sur bois et pierre.
Entré à Bicêtrele 12 décembre 1887.
Mort le 28 juillet 1903. .
Antécédents héréditaires. — Père mort d'un accident à soixante et
un ans.
Mère morte à quatre-vingt-cinq ans.
À eu six frères et sœurs, quatre sont encore vivants.
Antécédents personnels. — À eu, à vingt et un ans, un chancre tout petit: aucun accident secondaire, nisur la peau, nisur les muqueuses, pas d’alopécie : s’est traité par l’iodure de potassium.
Pas de rhumatisme.
Marié, a eu quatre enfants qui sont bien portants.
Histoire de la maladie. — Le début s’est fait par des troubles de la vue en 1873, à trente-quatre ans : le matin il avait devant les yeux un brouillard qui se dissipait dans la journée ; peu à peu ce brouillard est devenu permanent et plus épais, l’affaiblissement a été progressif et rapide; en 1874, la cécité était presque complète, mais en 1875, il distinguait encore le feu de son allumette quand il allumait une cigarette; en 1876, la cécité était absolument complète. Au début, il aurait eu un moment de la diplopie; il n'a jamais vu son champ visuel se rétrécir, il n’a jamais vu comme dans un entonnoir ; pas d’hallucinations visuelles. Il n'avait jamais eu de douleurs jusqu’en 1880; à cette date, a eu des douleurs qui paraissent avoir été fulgurantes; elles étaient assez fortes, mais ne duraient guère qu'une journée et ne reparaissaient que tous les cinq ou six mois; elles ont été en s’affaiblissant ; elles ont complètement cessé depuis 1897. Elles ont été assez peu intenses pour que Joannès Martin ait noté, en 1890, qu'il n'avait jamais eu de douleurs fulgurantes.
Depuis 1893, l'impuissance est à peu près complète; jusque-là la puissance virile avait été très bien conservée.
Il n'a jamais eu aucun trouble viscéral.
Examen en 1890.— Par Joannès Martin (7'hèse de Berne, observation XI). Cécité absolue. A l'ophtalmoscope, atrophie blanche du neroptique, excavation. Acuité visuelle = 0. Pupille gauche plus dilatée que la droite.
Pas trace d'incoordination motrice. Pas de Romberg. Abolition des réflexes patellaires.
Pas de douleurs.
Pas de troubles de la sensibilité ; aucun retard des sensations.
Examen en 1900. — Cécité absolue. Fréquemment sensations visuelles colorées, lrès variables formant généralement des ronds.
Diamètre des pupilles moyen : pupille gauche légèrement plus dilatée que Ja droite. Aucun réflexe pupillaire. Yeux symétriques, clignement fréquent. Pas ou très peu de secousses nystagmiformes.
Marche bien, tourne très facilement, peut se tenir quelques secondes
sur un seul pied, surtout sur le droit. Aucune incoordination ni aux membres inférieurs, ni auxmembres supérieurs.
Abolition des réflexes rotuliens.
Aucune douleur, |
Aucune crise viscérale. Pas de trouble gastrique, pas de laryngisme ; mictions absolument normales.
Impuissance à peu près complète.
N'entend la montre des deux côtés que presque au contact.
L'état général de la nutrition est bon; le faciès est bien coloré, mais il a un peu le teint et l'aspect des arthritiques dyspeptiques à peau grasse et pigmentée.
Mort presque subitement le 38 juillet 1903 : revu quelques semaines avant sa mort, il présente toujours un très bon aspect général, le visage est bien coloré, fortemoustache, traits un peu tombants; il fait du filet toute la journée très adroitement ; il marche bien et n'a aucun signe d'incoordination; il n’a aucune douleur et aucun trouble viscéral.
En résumé, la cécité et l'abolition des réflexes ont constitué pour
ainsi dire tous les signes de l'affection; il aeu en plus, étant déjà com-
plètement aveugle depuis quatre ans, quelques douleurs peu intenses, mais très rares, qui ont disparu dans les six dernières années. Tardivement, impuissance.
OgservaTION XXV. — LaverG.…, cinquante-quatre ans, maçon.
Entré à Bicêtre le 18 avril 1900, mort le 17 octobre 1902.
Antécédents héréditaires. — Père mort d'un « chaud et froid ».
Mère morte de vieillesse.
Un frère est bien portant; trois frères et une sœur sont morts vers l'âge de cinquante ans (?)
Anlécédents personnels. — Nie toute syphilis. A eu un bubon et des blennorragies. Aurait eu souvent des maladies, mais ne peut préciser lesquelles ; c'étaient probablement desalfections des voies respiratoires.
Il est marié; sa femme se porte bien; il a eu deux enfants, une fille et un fils, qui ont quinze et dix-huit ans et sont bien portants. Sa femme n’a pas fait de fausse couche.
Histoire de la maladie. — Le malade aurait eu quelques douleurs dans les jambes dès le milieu de 1898, mais ces douleurs duraient seulement quelques jours et ne revenaient que rarement ; iln'y à pas prêté grande attention et n'en a pas parlé à un premier interrogatoire.
Depuis la même époque à peu près, affaiblissement de la puissance
génitale; puis impuissance complète; un an après, au milieu de 1899, disparition des érections.
L’affaiblissement de la vue remonte seulement à février ou mars 1899, en commencant par l'œil droit.
Vers le mois de mai il ne pouvait plus travailler, vers le mois de novembre il ne pouvait plus ni lire ni se conduire dans la rue. Il n’a jamais vu double et les paupières ne sont jamaistombées.
A eu de nouveau, vers janvier 1900, quelques douleurs fulgurantes dans les jambes; il n’en a pas eu depuis; il n’a paseu d’autres douleurs.
Examiné le 26 avril 1900.— TI voit encore un peu del'œil gaucheune personne habillée en blanc, mais ne distingue pas ses traits. Perte du réflexe pupillaire à la lumière et à la distance. Aucune paralysie oculaire, pas de nystagmus.
La démarche est très bonne, il n'y a même aucun talonnement ; signe de Romberg excessivement léger; il fait demi-tourtrèsfacilement, il se tient très bien debout, mais se tient difficilement sur un pied, Aucune incoordination dans les membres supérieurs.
Réflexes rotuliens abolis, crémastériens conservés, pharyngé bien conservé, plantaires abolis.
Aucune douleur actuellement.
Le malade sent partout où on le touche, mais il ne sent presque pas la piqûre, surtoutaux membres inférieurs, ou, du moins, ily a un grand retard dans la perception; il ne confond pas le chaud et le froid. Pas de trouble du sens musculaire.
Les digestions sont devenues mauvaises, le malade ressent un poids sur l'estomac, mais ne vomit pas, rien ne rappelle la crise gastrique. Fait une certaine grimace en avalant sa salive, mais n’a pas de sialorrhée, Tremblement de la langue et un peu du menton.
Quelquefois aurait dans la nuit un peu de reprise respiratoire d'origine laryngée.
[urine normalement, jamais il n'a mouillé sa chemise, pas d'incontinence même relative,
Ni puissance sexuelle ni même érections.
I croit que sa mémoire a un peu diminué; il s’est fait « beaucoup de mauvais sang » depuis qu'il est aveugle, mais n’a aucune idée extraordinaire.
Son aspect est tout à fait vigoureux, les yeux ne sont pas cernés, le teint est bon. Il pèse 64 kg. 500 et mesure 1 m. 57.
En résumé, il s'agissait d’une maladie dont le début s’est fait par des douleurs insignifiantes et des troubles génitaux; peu après s’est
Pie de
aéveloppée rapidement la cécité; depuisla cécité les douleurs auraient disparu; ses digestions seraient devenues mauvaises, mais il n'aurait eu ni crise viscérale, ni troubles viscéraux quelconques, la coordination se serait maintenue parfaite ainsi.que l’état général.
ILest mort, sans avoir élé réexaminé, le 17 octobre 1902.
OsservarION XXVI. — Leseu…. (Louis-Alfred), soixante-deux ans, cordonnier.
Entré à Bicètre le5 janvier 1874, mort le 31 décembre 1866.
Antécédents héréditaires. — Ne connaît aucune maladie nerveuse dans sa famille.
Anlécédents personnels. — La syphilis est très probable : le malade
raconte, en effet, qu'à vingt-quatre ans, à son premier coît, il a attrapé une affection vénérienne sans douleurs à la miction pour laquelle le médecin lui ordonna immédiatement de l'iodure de potassium et une pommade; il avait une adénite de l'aine gauche.
Marié, aeu, en 1863, 1865 et 1868, trois enfants qui sont encore bien portants.
Histoire de La maladie. — En 1872, il commença à voir des mouches, des papillons noirs, des grains de suie devant l'œil gauche, puis cet œil perdit la vision des couleurs, il voyait tout gris; l'œil droit s'est pris très peu après, et, en quinze mois au plus, à partir du début, la cécité était telle qu'il ne pouvait plus travailler ; il pouvait encore se guider à peu près dans la rue. Vers 1882, il a perdu complètement cette faculté, et actuellement il ne distingue pas toujours le jour de la nuit.
Depuis 1872 ou 1874, ila eu quelques douleurs en coups de canif dans les jambes et dans les bras. Vers la même époque il a eu un affaiblissement génital qui a augmenté jusqu'à l'impuissance.
Depuis 1891 ou un peu avant, il a eu de violentes douleurs au creux épigastrique.
Il n'a jamais eu de troubles de la marche.
Examen en 1895. — Il est complètement aveugle et distingue à peine le jour de la nuit. Inégalité pupillaire ; la pupille gauche est plus petite que la droite; pas de réaction à la lumière.
Aucun trouble de la motilité; marche très bien. Abolition des réflexes rotuliens. Quelques douleurs qui semblent être lancinantes, de temps en temps. Sent bien la piqûre, le chaud et le froid.
Pas de crises gastriques, mais douleurs dans l'épigastre et dans le dos.
Constipation extrêmement opiniâtre depuis le commencement de
sa maladie; la constipation a encore augmenté dans les cinq ou six dernières années, il reste de cinq à quinze jours sans aller à la selle, puis il y va en diarrhée liquide; il ne sait pas s’il a fait du sang dans ses selles. ,
Il urine sous lui depuis quatre ou cinq jours; il ne peut urmer quand il le veut, puis un peu après le jet part tout seul. Il ne paraît pas avoir présenté auparavant le moindre trouble urinaire.
Évolution terminale. — Le malade, qui avait depuis longtemps des douleurs d'estomac assez supportables et des vomissements presque quotidiens, entre à l’infirmerie le 28 décembre 1896 : le ventre est très gros, tendu, sensible sans point douloureux spécial, il donne à la percussion un son tympanique; depuis le 15 décembre le malade ne . pouvait plus conserver ni aliments, ni boissons; il a, en outre, de la diarrhée avec envies très fréquentes ; il meurt au bout de quelques jours avec un énorme tympanisme abdominal et des phénomènes de pseudo-étranglement.
En résumé, les douleurs, la diminution de la vue et l’affaiblissement du pouvoir génésique sont survenus à peu près en même temps; les troubles visuels ont été jusqu’à la cécité complète, les troubles génitaux jusqu’à l'impuissance; il n'y a jamais eu de douleurs très vives dans les membres, majs le malade a eu des douleurs épigastriques assez vives, quoique nullement semblables aux crises gastriques, quelques troubles urinaires, et surtout une constipation extrêmement prononcée, aucune incoordination.
OgBservarioN XXVIT. — Ler...(Marin-Jacques), soixante-dix-sept ans, cordonnier, Entré à Bicêtre le 13 novembre 1898, mort le 5 avril 1903.
Anlécédents personnels. — Pas de syphilis.
Histoire de la maladie. — Dit avoir eu depuis, avant 1888, des douleurs dans les jambes, quelquefois dans les orteils ; ces douleurs ne remontaient jamais au delà de la partie moyenne de la cuisse. La vue a baissé depuis juillet 1898; M. Panas a fait le diagnostic, dit-il, de « paralysie du nerf optique ».
Examen en novembre 1898. — La vue a très notablement, baissé depuis le mois de juillet. Les pupilles ne sont pas en myosis. Perte complète du réflexe à la lumière, n’a jamais eu de diplopie. Quelques légères oscillations quand on lui fit fermer les yeux; marche un peu incertaine, surtout quand il tourne.
Abolition des réflexes rotuliens. Pas de douleurs gastriques. Mictions très fréquentes, parfois incontinence relative.
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Revu en juin 1900. — Il ne peut plus se conduire, il voit tout blanc et brillant ; il a des hallucinations, voit souvent un fossé et des arbres devant lui. Marche bien, mais avec un peu d’appréhension; tourne bien, mais ne peut se tenir sur une seule jambe.
Les douleurs ne se sont guère modifiées, cependant il dit que depuis qu'il ne voit plus clair, elles ont un peu diminué d'intensité et de fréquence.
Nutrition très bonne. Poids 6 kg. 500, taille 1 m. 57.
Revu en janvier 1903. — Cécité complète.
Incoordination très légère, pas de talonnement. Pas de paralysie des membres. Pas d'hypotonie ; pas d’asynergie. Équilibre statique dans le décubitus dorsal bon. Réflexes rotuliens et achilléens abolis. Immobililé des orteils, quelque temps après flexion des orteils des deux côtés.
Mort le 5 avril 1903 sans avoir été complètement examiné.
En résumé les douleurs, qui ne paraissent pas avoir été très vives, ont précédé la cécité; elles se sont un peu amendées à la suite; il ny a pas eu d’autres troubles si ce n’est quelques troubles urinaires légers, pas d'incoordination, la nutrition est restée très bonne.
OBsERvATION XXVIII. — PLUSQUEL..., soixante ans, fleuriste.
Antécédents héréditaires. — Père mort d'une hernie étranglée.
Mère morte d’une affection de poitrine.
Pas de maladie nerveuse dans la famille.
Onze enfants dont deux survivants.
Marié, a eu deux enfants dont un seul survit.
Antécédents personnels. — Sourd depuis l’âge de sept ans à la suite d'une fièvre typhoïde et d'un coup sur la région temporale. Excès
alcooliques reconnus.
Nie tout chancre, n'a pas eu de plaques muqueuses. À eu une blennorragie.
Histoire de la maladie. — L'affection aurait débuté vers 1880 par des douleurs en ceinture, des douleurs dans les reins, des douleurs fulgurantes dans les jambes. La vue aurait diminué peu de temps après : en quatre ou cinq ans elle a été complètement perdue.
Examen en 1890, par J. MARTIN. — Cécité complète de l'œil gauche, presque complète de l'œil droit. Myosis intense surtout à gauche. Ni strabisme, ni chute des paupières. Atrophie optique constatée à l'ophthalm oscope par Berger.
Le malade marche comme un aveugle,
signe de Romberg.
sans ataxie aucune. Pas de
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Réflexe patellaire aboli.
Douleurs fulgurantes très intenses revenant toutes les six semaines ou deux mois, et durant deux ou trois jours.
Sensibilité tactile normale aux quatre membres, peut-être légère diminution de la sensibilité douloureuse avec léger retard ; sensibilité au froid légèrement diminuée aux membres supérieurs, sensibilité au chaud normale.
Conservation du sens stéréognostipue, de la notion de position des membres et du sens articulaire.
Surdité de l'oreille gauche très prononcée.
Pas d’atrophie musculaire.
Examiné en 1898 : la vue est complètement perdue.
Hallucinations visuelles fréquentes : il voit un homme avec une hotte courir devant lui.
Myosis bilatéral; secousses nystagmiformes.
Pas d’incoordination.
Abolition des réflexes rotuliens.
Douleurs tousles deux mois, ne durant qu'un jour; elles sont moins fortes depuis 1888; cette modification n’a eu aucune relation avec la cécité.
Hypoalgésie de la jambe gauche.
Incontinence d'urine vraie et constante depuis 1895.
Impuissance depuis au moins 1890.
État de la nutrition bon. Pas de faciès tabétique.
O8servarioN XXIX.— Por... (Jules), cinquanteet unans, charpentier.
Entré à Bicèêtre en 1884, mort le 13 août 1903.
Antécédents héréditaires. — Père mort à soixante-dix ans, probablement d'une pneumonie; n'avait pas de maladie nerveuse.
Mère morte à quarante-cinq ans.
Une sœur morte à trente-sept ans.
Anlécédents personnels.—Avant vingtans, aucune maladieinfectieuse.
À vingt ans, a eu un chancre syphilitique ; on ne retrouve aucun accident secondaire.
Pendant la guerre de 1870, aurait eu une inflammation pulmonaire, el, depuis lors, a de la bronchite chronique.
En 1877, il serait tombé d'un troisième étage dans l'exercice de sa profession de charpentier, il serait resté vingt minutes sans connaissance, mais n'aurait eu ni fracture, ni luxation, ni plaie quelconque, et aurait repris son travail dès le lendemain.
N'a jamais été marié, n'a pas eu d'enfant.
Histoire de la maladie. — Le début parait remonter à 1882 : à celte époque, il aurait eu un brouillard devant les yeux, brusquement, dans le cours de son travail: ce brouillard aurait duré quelques minutes; il se serait reproduit plusieurs fois, puis la vue aurait progressivement baissé. Il a eu, à cette époque, des périodes où il voyait double. Il avait quelques douleurs en coups de couteau dans les deux jambes ; ces douleurs apparaissaient tous les trois ou quatre jours, surtout la nuit. Pas de douleurs en ceinture, pas de douleurs dans les bras.
Pas de trouble de sensibilité objective; pas d'analgésie cubitale, trachéale, ni épigastrique.
Pas de crises gastriques, pas de crises laryngées.
Peu de troubles urinaires : peut-être quelques gouttes involontaires à la fin de la miction.
Inappétence sexuelle et impuissance.
Pas de troubles auditifs. Vertiges assez fréquents. Peu de maux de tête.
Aspect tout à fait florissant ; petit, mais trapu, gros et fort, nullement cachectisé; il dit, cependant, qu'il aurait perdu beaucoup de son poids.
Déformation du nez qui est aplati et élargi : il semble que la souscloison se soit effondrée ; sur son certificat militaire est indiqué qu'il avait déjà le « nez camard ». Absence de dents aux deux maxillaires : cette absence est, en partie, en rapport avec la fracture ancienne du maxillaire.
Déformation spéciale des pieds au lit : la plante est tournée en dedans, les gros orteils sont en extension ; les pieds ne peuvent être redressés qu'avec quelque difficulté ; ils se seraient « tournés » depuis quelques années.
Revu en janvier 1903. — Pas d'incoordination, pas d'asynergie, pas d'hypotonie, un peu de raideur du genou par arthrite chronique. Réflexes rotuliens conservés. Flexion des orteils à droite et à gauche; cependant à gauche il se produit peut-être par moments de l'extension.
Revu en avril 1903. — Réflexes rotuliens conservés ; on ne trouve pas de réflexes achilléens, peut-être à cause de la raideur du pied invincible. Extension du gros orteil gauche par intermittences. Le signe de Strümpell semble exister. Réflexe crémastérien conservé, réflexe abdominal absent.
Troubles urinaires. Plus d’érections.
Évolution. — Le 25 mai 1903, /ymphocylose nette dans le liquide
céphalo-rachidien malgré un peu de sang tombé accidentellement.
Sensations de fourmillements, d'eau qui court sous la peau des Jambes et des cuisses, de gonflement.
À partir de ce moment se sont développés chez ce malade des troubles mentaux hyponchondriaques {rès spéciaux qui l’ontamené au suicide :
15 juin 1903. — Le malade se plaint de plus en plus, il a depuis quelque temps des idées mélancoliques qui s’accusent. Il demande « qu’on lui donne quelque chose pour en finir avec la vie »; il dit qu'il sait bien qu'il est perdu, qu'il va mourir. Il est surtout hanté par l'idée d’un gonflement général de son corps; il montre ses jambes qu'il prétend très enflées et qu'on lui a déjà affirmé être normales; il dit qu'il a la taille très augmentée alors qu'il se sent très à l'aise dans son pantalon d'autrefois; il prélend qu'il a « les tétons beaucoup plus gros », etc... Il y a certainement, en somme, dans ses paroles, autre chose que le résultat de ses sensations anormales, de ses paresthésies ; il y a une véritable obsession avec idées mélancoliques.
5 juillet 1903.— Le malade se plaint chaque fois qu'on passe devant son lit, il souffre « de partout », mais il est impossible de lui faire désignerunendroit spécialement douloureux. Il cherche manifestement, et, sans nul doute, inconsciemment à faire croire qu'il nesent pas bien : ainsi quand on le pique à la jambe droite, il ne dit qu'il sent une piqûre que quand on le pique profondément; si on le pique à la jambe gauche ou à la face, il dit: « Je ne sens pas à la jambe gauche » ou « Je ne sens pas à la face », alors qu'étant complètement aveugle, il ne devrait pas savoir où on l’a piqué s'il n'avait pas senti.
15 juillet. — Le malade n'entend pas passer une seule fois un médecin sans se lamenter sur son état, sur son « enflure générale », sur ses douleurs « partout ». Il se plaint de plus de ne pas pouvoir uriner et d'avoir, de ce fait, de grandes douleurs dans le bas-ventre ; mais dans son urinal on voit une assez grande quantité d'urine parfaitement limpide.
15 juillet. — Le malade s'étant plaint de ne pas aller à la selle, on lui a ordonné un purgalif; il l'a pris à sept heures du matin. Or, à neuf heures, au moment de la visite, il se lamente sur ce que le purgatif «lui est resté dans le corps », sur ce qu'il m'a pas été à la selle et sur ce que, de ce fait, il souffre beaucoup. On cherche à lui faire comprendre que deux heures n'ont pas été suffisantes pour que le purgatif produise son effet. Néanmoins, aussitôt la visite terminée, il se lamente, crie,
redemande le médecin, déclare que si on ne le soulage pas il va se |
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tuer ; il dit « qu'il ne comprend pas qu’on lui laisse le purgatif dans le corps, qu'il faut qu'on le lui fasse vomir, qu'il ne peut plus endurer ses souffrances ». Pour le calmer, on lui fait sur le ventre une friction au salicylate de méthyle à cause de l'odeur: l'effet psychique se produit et il se calme un peu.
21 juillet. — Le malade se plaint à neuf heures qu'il a pris un lavement à sept heures et demie et « qu'il ne lui en est pas ressorti une goutte du corps »; il souffre beaucoup ; on lui fait prendre un lavement purgatif. Le soir il s'entend appeler par un de ses voisins « le malade imaginaire »; il devient furieux, crie dans la salle, s’agite et déclare que s’il savait qui l’a appelé ainsi, il retrouverait assez de force pour l'étrangler.
11 août, midi. — Le malade vient de monter au troisième étage et de se jeter dans la cage de l'escalier. On le relève avec des fractures multiples de tout le côté droit (bras, avant-bras, fémur), il n’a pas perdu connaissance. Presque aussitôt couché, il déclare qu'il regrette de ne pas s'être tué sur le coup, mais qu'il va mourir et qu'il va enfin être débarrassé ; il se plaint amèrement de ce que la surveillante a déclaré le matin au médecin qu'il avait été à la selle ; ce serait cette déclaration, qu'il prétend mensongère, qui l'aurait poussé au suicide. Il avait dit, peu de joursauparavant, à un voisin qu'ilse jetterait en bas de l'escalier: celui-ci lui avait négligemment conseillé en riant de monter « au moins au troisième étage » s'il voulait se tuer: il avait suivi ce conseil; malgré ses blessures nombreuses et compliquées, il n'a pas l'air de souffrir énormément, il parle et discute comme auparavant, et certainement il ne souffre pas comme un sujet normal, ou bien sa mentalité est tout à fait spéciale.
Il meurt le surlendemain, 13 août 1903.
En résumé, il s'agit d'un malade chez qui toute la symptomatologie s'est réduite à la cécité par atrophie optique, à des douleurs fulgurantes survenues depuis le début de la cécité, à de l'impuissance et à des troubles mentaux terminaux ; les réflexes rotuliens étaient faibles, mais existaient cependant; la nutrition générale s’est conservée excellente jusqu'à la fin.
OBsERvATION XXX. — Ra... (Jean-Baptiste), cinquante-cinq ans, comptable.
Entré à Bicêtre le 18 mars 1902, mort le 3 novembre 1902.
Antécédents héréditaires. — Père vit encore, il a quatre-vingt-deux ans, pas d'affection nerveuse.
Mère morte alors qu'il avait treize ans, était très nerveuse et aurait eu des attaques qui paraissent avoir été épileptiques.
Un frère épileptique plus jeune que le malade. N'a pas eu d'autre frère ni de sœur.
Antécédents personnels. — Né à terme.
A eu des convulsions étant enfant. Scarlatine vers dix ans.
Bégaiement pendant plusieurs années vers dix ans.
Migraines assez fréquentes dans la jeunesse.
À dix-huit ans, a été au Mexique, y est demeuré deux ans, y a eu la fièvre jaune, est allé ensuite pendant un an dans le Sud-Oranais, n’a n’a jamais eu de fièvres intermittentes. À dix-huit ans, a eu un chancre syphilitique ; il a été soigné par des pilules mercurielles, mais très peu de temps; il n’a guère présenté d'accidents cutanés.
S'est marié à vingt-trois ans, n’a Jamais eu qu’un enfant qui n’a pas vécu. Sa femme n’a pas fait de fausse couche.
Grippe vers 1890.
À été grand fumeur jusqu'en 1900.
Histoire de la maladie. — Le début remonte à 1890; il aurait eu, à cette époque, des douleurs en ceinture et des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs; ces douleurs étaient intermittentes et survenaient par crises. Il n'avait alors aucun trouble oculaire, il ne voyait pas double, maisil était presbyte et avait un larmoiement très prononcé aucun trouble de la marche, aucun trouble de la miction. Ces douleurs ne l'ont pas empêché de continuer à travailler jusqu'en 1899 ; il n'est pas allé consulter de médecin.
En 1899, il s’est aperçu un soir qu'il avait comme un brouillard devant les yeux : cette sensation a persisté depuis lors et la vue a diminué; en octobre 1889, il a dû cesser son travail. Il n'avait pas alors de troubles de la marche, mais il se souvient que, quand il marchait avec un compagnon, il avait de la tendance à le pousser à droite; de plus, depuis 1897, ilavait remarqué qu'ilne pouvait montersur une chaise, pour allumer un bec de gaz, par exemple, qu'avec un appui.
En 1900, il entre à la Pitié, dans le service de M. Jaccoud, et y reste jusqu'à son entrée à Bicêtre le 18 mars 1902.
Examiné le 26 mars 1902. — Cécité complète. Inégalité pupillaire. Abolition des réflexes à la lumière.
Le signe de Romberg existe nettement. Il est presque incapable de Le tenir sur un pied; c'est pour celte raison que depuis cinq ans déjà il ne pouvait monter sur une chaise sans appui. Il marche sans talonner, avec une ébauche d'ataxie, en lançant un peu les jambes,
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mais sans ataxie notable. Aux membres supérieurs il y a peut-être un peu d’hésitation, dans l'acte de mettre son doigt sur le bout de son nez par exemple, mais pas d’ataxie véritable.
Réflexes rotuliens et achilléens abolis; réflexes tendineux des membres supérieurs conservés et même plutôt forts. Réflexes crémastériens extrêmement faibles, réflexes abdominaux forts. Réflexe pharyngé aboli. Réflexe plantaire en flexion. Douleurs intermittentes dans le thorax et les membres inférieurs; ces douleurs sont plus fortes qu'au début.
Fourmillement dans les deux mains, pas de fourmillements dans la figure.
Sensibilité au contact et à la piqûre conservés à peu près partout, mais il y a une zone d'hypoesthésie très nette dans les régions mammaire et épigastrique et une zone d'hypéresthésie très nette aussi dans la région abdominale antérieure. Analgésie cubitale à la pression. Analgésie trachéale.
Pas de troubles gastriques. La langue est agitée de quelques petites secousses. Pas de troubles laryngés.
Il urine avec difficulté au commencement de la miction; il ne sent pas passer l'urine ; pas d’incontinence des dernières gouttes.
Ne sent pas non plus passer les matières fécales.
Impuissance depuis deux ans ; il n'a plus d’érections; a eu pendant quelque temps des pertes séminales assez fréquentes. Son esprit est très présent, il donne bien tous les renseignements. Il aurait souvent des idées noires, il a une tendance à être triste ; « il est, dit-il, assez causeur, la conversation lui fait plaisir et il souffre de ne pouvoir assez causer ni assez faire d'exercice ». Son caractère est irritable. Sa mémoire aurait un peu baissé, surtout pour les noms. Il n'a pas de troubles de la parole. Il n'est pas amaigri, son aspect est assez florissant, il donne l'impression d'une bonne santé, il mange avec appétit.
Il n’a pas eu d’arthropathie. Il a un léger tremblement des mains rappelant un peu le tremblement éthylique. Il existe sur la face, spontanément et de façon assez fréquente, de petites secousses fasciculaires et des tremblements légers : ces tremblements sont surtout marqués quand le malade tire la langue ; toute la joue est alors agitée de mouvements rappelant un peu les secousses choréiformes. La langue est aussi agitée de quelques petites secousses. Est intoxiqué par la morphine qu'il prend depuis longtemps à cause de ses douleurs.
Évolution terminale. — Le 16 octobre 1902, il entre à l’infirmerie
complètement dément; ilne répond pas aux ordres simples comme : « Tirez la bouche, donnez la main, etc. ». Il reste couché dans son lit, les jambes pliées, mais non contracturées ; on peut cependant arriver à le faire lever. La bouche est déviée à gauche, maisil n’a pas d'hémiplégie ; la jambe droite frotte un peu plus que l’autre, mais il entrecroise les deux jambes assez souvent et ne donne pas l'impression d'un incoordonné: il n'a pas d’hypotonie. [ncontinence des urines et des matières ; eschares des fesses et du trochanter gauche.
Il meurt le 3 novembre 1902.
En résumé, ce malade n’a eu pendant neuf ans que des douleurs, puis sont survenus les troubles de la vue ; depuis qu'il est aveugle, les douleurs ont d'abord augmenté, puis elles ont diminué et cessé dans le cours de la dernière année ; de légers signes d'incoordination et des troubles sérieux de la miction, de la défécation et de la puissance génitale sont survenus.
Il est mort dément et gâteux.
Osservarion XXXI. — Re... (Charles-Christian), quarante-neufans, garcon de salle. Entré à Bicètre le 21 décembre 1899, mort le 2 novembre 1903.
Antécédents héréditaires. — T1 ne sait de quelle maladie son père est mort. Sa mère est morte des suites d'un érysipèle. Il a une sœur bien portante. Un frère est mort en bas-âge. Il n’a pas eu d'autre frère ou sœur.
Antécédents personnels. — Il ne reconnait pas avoir eu un chancre, ni aucun accident syphilitique.
Il a eu plusieurs blennorragies. N'a pas eu d’autres maladies. Jamais d'attaques d'apoplexie jusqu'en janvier 1903.
Histoire de la maladie. — Toute la maladie a consisté en des troubles de la vue : il s’est aperçu brusquement vers 1898 que son œil droit voyait mal; depuis ce jour la vision a progressivement diminué de l'œil droit et a disparu au bout d'un an environ. L'œil gauche a alors été pris à son tour, la vision se serait momentanément améliorée, puis aurait diminué et disparu dans l’espace d'une seconde année à peu près : en juillet 1899, il était complètement aveugle.
En décembre 1899, il avait une légère tendance au fléchissement des jambes ; les réflexes rotuliens étaient abolis.
En 1900, on notait : marche difficilement en se laissant tomber du côté droit surtout ; réflexes rotuliens abolis, réflexe radial exagéré à gauche seulement, réflexes crémastériens normaux, extension des