‹ Cécité et tabesChapitre 59 sur 67 · LAON · texte numérisé non relu

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orteils à droite; sensibilité à la piqûre conservée, sens stéréognostique conservé, mais meilleur à gauche ; un peu d'amyotrophie, genu recurvatum à droite.

En janvier 1903, il a eu successivement, à huit jours d'intervalle, deux attaques d’aphasie afec hémiplégie droite très légère ; la première n’a troublé la parole que pendant peu d'instants; la seconde Pa empêché de parler et de reconnaître les choses et les gens pendant plus de deux mois ; il est resté gâteux pendant trois ou quatre mois.

Examiné trois jours après sa seconde attaque, il est calme et tranquille, il remue beaucoup plus volontiers sa jambe gauche que la droite, il ne peut boutonner sa chemise de la main droite ; pourtant la force musculaire de la main au dynamomètre est encore assez grande (20 à droite, 20 à gauche). La démarche est hésitante comme celle d’un aveugle, mais de plus il a tendance à tomber du côté droit ; la force musculaire des jambes et des cuisses est sensiblement égale des deux côtés. IL n’y a pas de Romberg. Les pupilles sont inégales, la gauche est plus dilatée, elles sont immobiles à la lumière. Les réflexes rotuliens sont abolis des deux côtés, le réflexe radial est très exagéré à droite, le réflexe plantaire se fait nettement en flexion à gauche et en extension à droite. Le sens stéréognostique parait diminué à droite ? Il n’y a pas de déviation de la langue ni de la face. Il n’est pas gâteux. Il présente la symptomatologie spéciale des aphasiques sensoriels de Wernické.

Examen du 21 octobre 1903. — La cécité est absolue, il ne distingue ni le jour ni les becs de gaz. À l’ophtalmoscope, on constate une atrophie papillaire double. Les deux papilles sont très blanches, en pain à cacheter, la droite irrégulièrement entamée sur son bord temporal par un cercle pigmentaire.

Les pupilles sont larges, régulières, la droite un peu plus grande que la gauche ; aucun réflexe lumineux.

La mobilité des yeux ne se fait à droite et à gauche que dans un champ très limité ; les yeux se fatiguent très rapidement et sont animés de quelques secousses lentes et à grande amplitude.

Tous les mouvements des membres se font bien, mais il y a une légère faiblesse des membres supérieur ou inférieur droits. Il marche bien à peu près sans talonner. Il peut très difficilement tourner, que les yeux soient ouverts ou fermés, mais il y arrive cependant. Il ne peut se tenir ni sur la jambe droite ni sur la 'gauche.

Les réflexes tendineux des membres inférieurs, rotuliens el achil-

léens, sont absolument abolis ; les réflexes radiaux sont normaux ; les

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réflexes olécrâniens sont absents, mais il y a une légère tendance au réflexe paradoxal, c'est-à-dire que l'avant-bras se fléchit légèrement des deux côtés quand on pereute le tendon du triceps correspondant.

Les réflexes crémastériens existent, mais inégaux, le réflexe gauche est le plus fort ; les réflexes abdominaux existent aussi. Le chatouillement de la plante des pieds produit la flexion des orteils. Le réflexe pharyngé est très diminué, il semble à peu près nul.

Il n'y a aucune douleur, ni fulgurante ni autre : le malade n'a jamais eu que quelques céphalalgies pas très violentes.

La sensibilité est normale sur toute l'étendue du corps, le malade sent partout le contact, la piqûre et le pincement.

Le sens stéréognostique est diminué à droite, mais non aboli : c’est ainsi que quand on lui met dans la main gauche une pièce de dix centimes, le malade en indique la valeur; au contraire, avec la main droite il sent qu'il s'agit d’une pièce de monnaie mais n’en sait pas la valeur.

Il n'y a aucun trouble gastrique. Le malade a des hémorroïdes qui saignent de temps en temps et qui, surtout, ont beaucoup saigné autrefois ; elles l’ont fait beancoup souffrir ; actuellement elles sont encore un peu douloureuses, mais, cependant, beaucoup moins qu'autrefois.

Aucun trouble urinaire, le début de la miction n’est pas retardé, ilne perd pas les dernières gouttes.

L'audition est très mauvaise : il n'entend la montre au contact ni d'un côté ni de l’autre et l’on est obligé de parler fort pour se faire entendre. Le goût et l’odorat sont faibles, il ne sent pas les aliments qu'on lui met sous le nez, il ne sent ni sa viande ni son tabac, par exemple.

La nutrition générale est bonne, il est fort et non adipeux, il donne l'impression d'une assez bonne santé.

Evolulion terminale. — Le 31 octobre 1903, ictus apoplectiforme sans perle de connaissance complète ; le matin, il s'était levé comme de coutume; dans la matinée, il tombe en renversant sa table de nuit et ne peut se relever. On le relève, il a l'air de ne se rendre compte de rien de ce qui l'entoure; et pourtant il parle, il demande à se coucher alors qu'il est déjà au lit et appelle Lous ses voisins pour le coucher; il reste dans cet état toute la journée. 3

Examiné alors, on voit qu'il présente une confusion d'idées complètes, 1] ne sait pas où est sa main gauche quand ül la tient de la droite, il présente des signes manifestes d'hémiplégie gauche incom-

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