‹ Célibat et célibatairesChapitre 21 sur 103 · CÉLIBATAIRES RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CÉLIBATAIRES RELIGIEUX

Malgré les qualités exceptionnelles des célibataires précédents, on ne peut cependant les donner en exemple ; ne seraient-ils pas plus méritants et respectables encore étant mariés ? C’est à ceux-là que convient essentiellement le célibat religieux. Ils en sont la gloire et l’ornement par les services qu’ils

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rendent dans leur ordre à l’humanité, mais leur petit nombre est insuffisant pour remplir toutes les places du culte catholique et peupler les couvents et les communautés. Il faudrait d’ailleurs attendre l’âge mûr pour que ces vocations spéciales aient le temps de se manifester, afin d’obtenir un résultat certain. Les conditions indispensables à l’observation du célibat religieux sont loin d’être suivies par l’Église, qui admet en foule, dès leur prime jeunesse, tous ceux qui se présentent et qu’elle enrégimente définitivement à son service sacré, après un noviciat de quelques annexes. Elle en a absolument besoin pour remplir ses cadres, ses emplois et les recrute partout où elle en trouve, comme l’armée du Salut. Au lieu de les choisir à un âge mûr, d’après l’examen de leurs aptitudes physiques au célibat, elle les enrôle irrévocablement de 20 à 25 ans, sans qu’ils aient pu encore en faire l’épreuve. Ils doivent même être chastes et vierges, et pour les entretenir, les conserver dans cet état de pureté absolue, elle compte sur l’instruction abstraite, dogmatique et mystique, qu’elle leur dispense, et surtout la vertu du Saint-Esprit. Elle prétend les préparer, les façonner, les habituer efficacement ainsi à leur mission de castrés. La vie d’internat, de caserne et le régime spécial auxquels ils sont soumis ne sauraient en effet avoir aucune influence à cet égard, d’après l’exemple des lycéens et des jeunes soldats, pas plus que sur les autres étudiants de leuj* âge.

De là tous les célibataires religieux des deux sexes qui transgressent leurs vœux en déshonorant

CÉLIBATAIRES l’Église et discréditant le célibat surnaturel. Après tous les exemples précités au Célibat l'eligieux , \\ serait superflu d’insister à ce sujet. Dans l’impossibilité de recueillir ni d’énumérer les nombreux attentats aux mœurs commis sur les enfants, dont les prêtres et les congréganistes se rendent coupables, il suffit de répéter ici la constatation déjà faite, d'après les annales de la justice criminelle : qu’ils en commettent six fois plus que les célibataires civils, tout en parvenant à en cacher un bien plus grand nombre qui restent ignorés et impunis.

Bien d’autres défauts leur sont particulièrement attribués, en raison même de leur état. Outre leur égoïsme ordinaire, l’hypocrisie, la fourberie, dont ils ont la réputation spéciale, est un effet de l’éducation plutôt que de leur caractère. Il est permis d’en juger par les jésuites pour cjui la vérité est toujours suspensive de la gloire de Dieu et... de leur ordre. Laréticence ou restriction mentale est une vertu plutôt qu’un péché pour eux. Toujours est-il qu’il est passé en proverbe : de ne pas se fier à la parole d’un dévot. On dit de même : faux comme un prêtre. Aussi inspirent-ils généralement la défiance. L’habitude du confessionnal et le secret qu’il comporte y dispose surtout les prêtres. Interrogés sur un fait quelconque, ils ne répondront jamais catégoriquement, comme le médecin : Je ne puis rien dire; c’est un secret professionnel. La franchise est si rare parmi eux, qu’elle est une exception de naissance. Ils se trompent même réciproquement, par jalousie ou intérêt, et se dénoncent lâchement , sous prétexte de servir

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