MODÈLES
d’autres devoirs analogues, en sont ordinairement les mobiles évidents.
Il peut s’y joindre d’autres sentiments plus intimes, à la place des passions odieuses qui agitent les autres ; mais on peut prévoir qu’ils sont aussi respectables, sans chercher à les deviner ni les approfondir.
Pour ceux-là, le célibat est un véritable sacerdoce. Ils se rencontrent dans la vie civile comme dans la vie religieuse et en ont d’autant plus de mérite qu’en vivant au milieu de la société, ils savent, sans discipline spéciale ni particulière, se garer de tous les obstacles et les embûches du chemin. Tel était David M. . . vivant comme uu saint au milieu de son village, livré exclusivement aux travaux de la campagne, sans qu’une faute, un écart, ni un travers ait été relevé contre lui jusqu’à sa mort arrivée de 55 à 60 ans par une affection de vessie: la pierre.
Si rare que soit cette exception, il est bon qu’il se rencontre parfois de ces célibataires modèles, filles et garçons, qui sont l’honneur et la providence de . leurs familles et même de leurs ma^'^res, comme le brave Alain cité page 125. Plusieurs ont ainsi vieilli par devoir avec leurs parents, pauvres ou isolés, pour les secourir, ou élever de jeunes orphelins. L’amour qu’ils ont pour eux remplit si bien leurs cœurs, ils en sont si pénétrés, qu’il remplace tout autre et l’annihile. C’est leur passion et elle les satisfait assez pour n’en pas chercher d’autre ni en éprouver le besoin. Le sens génital peut même en rester muet, amorti, paralysé, tant ils sont dominés par cette passion. Elle peut aller jusqu’à la manie, la folie et le suicide. J’ai
VU la fille d’une vieille bergère se laisser mourir de chagrin, de désespoir, à 40 ans, six mois après la mort de sa mère, sans avoir cessé un seul jour de la pleurer.
Portée à ce degré suprême, cette passion réduit l’instinct génital au moindre des besoins de conservation : manger, boire et dormir. Il reste dès lors suspendu, somnolent, neutralisé, et le sentiment de l’amour sexuel peut ainsi s’éteindre, s’annihiler. Il est donc admissible qu’il y ait des célibataires chastes, surtout parmi les hiles, lorsque le sentiment de l’amour divin embrase en souverain leur cœur et domine tous les autres.
Il y a certainement aussi des prêtres et des religieux chastes et vertueux, sous l’influence de leurs devoirs, leurs occupations, leur tempérament, leur régime, avec l’amour de Dieu couronnant tout l’ensemble. Un esprit ardent, la passion du devoir peuvent dominer la chair chez certaines personnes privilégiées, toujours réduites à un très petit nombre.